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REFLEXION SUR LE CORAN

 

Vers la compréhension des objectifs des sourates du Coran.

 

Amr Khaled

Partie 2/3

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Table des matières

Avant-propos. vi

Sourate Yoûnous (Jonas) 1

La foi en la volonté d’Allah et le Destin

Sourate Hoûd. 11

L’équilibre dans la conformité à la vérité sans laxisme ni  imprudence

Sourate Yoûssef (Joseph) 23

Ayez confiance dans l’organisation d’Allah, prenez patience et  ne désespérez  pas

Sourate Ar-Ra‘d (Le Tonnerre) 28

La force du bien et la faiblesse du mal

Sourate ’Ibrâhîm (Abraham) 34

La grâce de la foi et la disgrâce de l’incroyance

Sourate Al-Hijr 40

La sauvegarde de la religion par Allah

Sourate An-Nahl (Les abeilles) 46

Les grâces d’Allah

Sourate Al-’Isra’ (Le Voyage nocturne) 57

Ressentez la valeur du Coran

Sourate Al-Kahf (La Caverne) 67

L’immunité contre les épreuves (morales, sociales)

Sourate Maryam (Marie) 78

Transmettre la religion aux enfants

Sourate Tâ-Hâ. 84

L’Islam : la doctrine du bonheur

Sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes) 90

Le rôle des prophètes dans le rappel à l’humanité

Sourate Al-Hajj (Le Pèlerinage) 94

Le rôle du pèlerinage dans l’édification de la Umma

Sourate Al-Mou’minoûn (Les croyants) 98

Les attributs des croyants

Sourate An-Noûr (La lumière) 101

Les lois divines éclairent la société

Sourate Al-Fourqân (Le discernement) 114

L’avertissement contre la mauvaise fin des incroyants

Sourate Ach-Chou‘ara’ (Les poètes) 120

Le rôle des médias dans la transmission du message de l’Islam

Sourate An-Naml (Les Fourmis) 125

L’importance de la suprématie de la Umma

Sourate Al-Qassas (Le récit) 136

La confiance dans la promesse d’Allah

 


 

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.


 

 

 

 

Les versets du Coran cités dans ce texte sont empruntés à la version française de Al-Mushaf Ach-Charîf de Al-Madina (le Coran des imprimeries du roi Fahd) qui n’est qu’une traduction de ses sens, comme toutes les autres traductions du Coran. Les versets que nous citons sont les sens courants les plus connus jusqu'à présent des versets arabes. Lire ces traductions ne remplace nullement leur lecture dans leur langue d’origine, la langue de révélation du saint Coran.

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Dédicace

 

 

A notre bien-aimé Messager (BP sur lui) qui nous a appris que notre dévotion au Livre d’Allah (que Son nom soit glorifié) sera la source de notre puissance et de notre fierté. Il a dit : “Allah élèvera des peuples et en abaissera d’autres par ce livre.”

Au vénérable Compagnon Zeid ibn Thâbit qui a assemblé le Coran et qui, au printemps de sa vie, se trouva chargé de la plus importante des tâches de l’Histoire.

Aux jeunes gens, petits-enfants des honorables Compagnons ainsi harangués aux moments difficiles des batailles : “Ô Gens du Coran, embellissez-le par l’action!”

Aux gens du Coran, qui sont les gens d’Allah (que Son nom soit glorifié) et Ses élites, je vous dédie cette réflexion sur le Coran,

vers la compréhension des objectifs des sourates du Coran.

 

 

Amr Khaled


 

 

 

 

 

Témoignage de gratitude

 

 

Aux éminents savants, aux hommes honorables et aux soldats inconnus qui m’ont aidé à la préparation du sujet coranique et ont été prodigues de leur science, de leurs efforts et de leur temps. Puisse Allah les rétribuer pour moi et pour la Umma du Coran.

 

 

 

 

Amr Khaled.

 


Avant-propos

{Louange à Allah (que Son nom soit glorifié) qui a fait descendre sur Son serviteur (Mohammed), le livre, et n’y a point introduit de tortuosité (ambiguïté) !}  Al-Kahf  (La Caverne) 1

 

Louange à Allah qui nous a guidés, et sans qui nous n’aurions jamais été sur la bonne voie.

 

Ce livre n’est pas un livre d’exégèse et ne vise pas à expliquer les versets du Coran en détails. Pour cela, les grandes références de l’exégèse ne manquent pas, comme celles de At-Tabary, Ibn Kathîr et d’autres qui garnissent nos bibliothèques. L’objectif de ce livre est différent.

 

L’idée de ce livre m’est venue il y a une dizaine d’années et ne m’a pas quitté depuis. Chaque année, à l’occasion du Ramadan, quand les Musulmans partout au monde s’empressent de parachever une lecture entière du Coran pendant ce mois sacré, je ressens toujours une certaine tristesse à voir que cette volonté sincère n’est pas accompagnée d’une compréhension claire de l’objectif de chaque sourate, de la cause de sa révélation et du message qu’elle nous adresse. Je remarque que les gens lisent le Coran, mais que son sens leur reste étranger. Certains vont même jusqu’à croire que son contenu est ésotérique, hermétique et que nous devons le lire sans chercher à le comprendre. D’autres saisissent la signification des mots et des versets, mais ont l’impression que ces derniers sont dispersés dans la sourate, sans aucun rapport entre eux et sans servir le même but. De là est née l’idée d’accomplir ce modeste travail afin de briser les obstacles entre les jeunes gens de la Umma et le Livre d’Allah.

 

Cet ouvrage vient confirmer au lecteur du Coran que tous ses versets sont étroitement liés, que chaque sourate a un sujet unique et des objectifs précis. Même si les versets paraissent disparates à première vue, en observant avec attention et en reconnaissant l’objectif de la sourate et son thème, il apparaît nettement qu’il existe un rapport entre ses versets. Le but de la sourate ressort alors clairement, augmentant ainsi notre amour pour le Livre d’Allah et notre foi dans le fait qu’il est une révélation du Sage Expert “s’il provenait d’un autre qu’Allah (que Son nom soit glorifié), ils y trouveraient certes maintes contradictions ! An-Nissâ’  verset 82.

 

Chacune des sourates du Coran est une entité harmonieuse avec un objectif clair que tous les versets servent d’une façon ou d’une autre. Même le titre de la sourate à un rapport avec son objectif, ce qui explique pourquoi on trouve des titres tels que La Vache, La Famille Imrân, Jonas, ou La Fourmi. De plus, chaque sourate a une relation avec la précédente et la suivante puisqu’elles ont été ordonnées par une révélation divine. Ainsi toutes les sourates du Coran constituent une chaîne continue. En comprenant leurs objectifs, nous concevons le dessein d’Allah et ce qu’Il veut de nous. Même sans saisir le sens de chaque verset et de chaque mot, en connaissant tous les objectifs des sourates, nous aurons compris le Coran entier. Mon livre sera utile pour les gens simples, ordinaires, ceux qui mémorisent le Coran et ceux qui s’intéressent à la science de l’exégèse. Il leur donnera les principes fondamentaux pour la compréhension du Livre sacré. C’est une modeste tentative de ma part visant à exposer les thèmes principaux des sourates. Ma réflexion suivra la démarche suivante:

 

-          Détermination de l’objectif de la sourate.

-          Présentation des versets qui confirment cet objectif.

-          Démonstration de la relation entre la sourate et son objectif.

-          Mise en évidence de la relation de la sourate avec la précédente et la suivante.

-          Choix de quelques versets pour la commenter.

 

Je répète que ce livre n’est pas une exégèse. Ce n’est qu’un effort visant à mieux comprendre le Coran, à réfléchir aux versets et aux rapports entre les sourates. J’ajoute que personne n’aura le dernier mot au sujet du Coran et que l’arrivée à l’axe fondamental des sourates n’est pas chose facile, à cause de l’éloquence des paroles d’Allah, de leur profondeur, de leur précision et du renouvellement de leur inspiration, mais aussi à cause de mes facultés limitées et modestes. C’est un effort de ma part et de la part de l’équipe de travail et de recherche qui doit être remerciée pour avoir préparé la matière nécessaire à ce livre. Ce que nous avons fait de bien vient de la grâce d’Allah et ce qu’il y a comme fautes et erreurs est dû à nos faiblesses et nos carences. Me viennent à l’esprit ces paroles de Al-‘Imâd Al-Asfahâny : “J’ai remarqué qu’il n’y a pas une personne qui n’écrive un livre sans dire le lendemain : Si je l’avais fait autrement cela aurait été mieux…  Si j’y avais ajouté telle chose, cela aurait été préférable…  Si j’avais avancé cette partie cela aurait été mieux… Si j’avais abandonné cela ...”

 

C’est, à la fin de cette courte introduction, une des meilleures leçons et une preuve de l’imperfection de la nature humaine. Je vous prie, mon honorable frère d’ouvrir votre copie du Coran et de suivre la leçon avec nous.  

 


Sourate Yoûnous (Jonas)

Sourate Yoûnous (Jonas) révélée après sourate Al-’Isrâ’ (Le Voyage nocturne) est mecquoise. Elle vient après sourate At-Tawba dans l’ordre du Coran et comprend cent neuf versets.

 

L’objectif de la sourate.

L’objectif de sourate Yoûnous est de faire aboutir à la foi en la destinée. L’ange Gabriel était venu voir le Prophète (BP sur lui) et lui avait dit : “Mohammed, parle-moi de la foi.” Il lui répondit : “La foi est de croire en Allah, Ses Anges, Ses Livres, Ses messagers et le Jour du Jugement et de croire en la destinée avec ses bonheurs et ses malheurs.” La sourate nous entretient de ce dernier pilier de la foi.

 

Questions et doutes.

Cette sourate traite d’un problème qui préoccupe de nombreuses personnes, comme le révèlent ces questions :

-          L’être humain est-il contraint par la destinée ou muni d’une libre volonté ?

-          Pourquoi Allah a-t-Il donné la foi à une personne et pas à une autre ?

-          Pourquoi a-t-Il sauvé un tel et non un tel.

-          Allah nous a créés et sait comment nous agissons. S’Il nous a imposé certaines conditions et les a agencées, comment nous en demandera-t-Il compte le Jour de la Résurrection ?

-          Si Allah a éloigné certaines personnes de la voie droite, à quoi servirait leur accomplissement du culte ? Nous leur demandons pourquoi elles ne prient pas et elles répondent : “Nous le ferons lorsqu’Allah le voudra.”

-          Si Allah nous a déjà classés parmi les habitants du Paradis ou ceux de l’Enfer, pourquoi nous activer ? Quoique nous fassions, rien ne changera.

 

Sourate Yoûnous conforte le lecteur sur ces points et lui apprend comment répondre aux indécis et à ceux qui répandent le doute. L’obsession chez certains peut les mener à s’imaginer qu’Allah a été injuste en destinant un tel à l’Enfer (qu’Allah ne le veuille).

Pour leur répondre, nous devons poser une question: Qui donc peut obliger un être à faire une action et ensuite le punir pour l’avoir faite ? Certes pas une personne sérieuse, ni ayant le sens de la justice. Mais Allah (que Son nom soit exalté) ne plaisante pas et est pur de toute injustice.

Cette sourate répond à ces forgeries d’une façon inhabituelle.

 

Le Sage n’agit pas à la légère.

Observons les attributs d’Allah (que Son nom soit exalté et glorifié). Si nous établissons qu’Il est sage et  qu’il n’est pas injuste, qu’Il veut la vérité et non l’aberration, nous saurons que cette question ne doit même pas être posée.

Or les actions d’Allah dans cet univers sont effectivement celles d’un Sage clairvoyant, miséricordieux envers les gens et non d’un oppresseur qui oblige les gens à faire des choses malgré eux. Car tout ce qui émane de Lui est sage, perspicace et sublime et la sourate le montre au moyen de la réflexion et de la méditation sur l’univers et sur son agencement. Elle montre que tout ce qui s’y trouve prouve la sagesse de Son ordonnance. Aucune aberration ne peut émaner de Lui (loué soit-Il), il faut donc avoir confiance en Sa sagesse et compter sur Lui.

 

Un Livre plein de sagesse.

Dès les premiers versets de la sourate, nous remarquons les sens mentionnés plus haut : “Voici les versets du Livre plein de sagesse.” verset 1.

Le Coran a beaucoup d’attributs, pourquoi le choix de la sagesse dans ce verset ? Pour faire comprendre que l’ordonnance d’Allah émane d’une sagesse infinie et d’une prévoyance parfaite.

Le second verset dit : “Est-il étonnant pour les gens, que Nous ayons révélé à un homme d’entre eux: «Avertis les gens, et annonce la bonne nouvelle aux croyants qu’ils ont auprès de leur Seigneur une présence méritée [pour leur loyauté antérieure]? Les mécréants dirent alors: «Celui-ci est certainement un magicien évident».” Il demande : Êtes-vous étonnés que le message ait été révélé à Mohammed ? Allah le révèle à qui Il veut et Son choix est toujours fait avec sagesse et discernement. Nous avons dans un autre verset: “Allah sait mieux où placer Son message.” Al-’An‘âm (Les Bestiaux) verset 124.

 

Il administre toute chose.

Les versets parlent ensuite des droits d’Allah sur l’univers et de Sa sagacité dans son administration pour faire remarquer Ses attributs, et repousser les doutes et les illusions : “Votre Seigneur est, Allah qui créa les cieux et la terre en six jours, puis S’est établi «Istawā» sur le Trône, administrant toute chose. Il n’y a d’intercesseur qu’avec Sa permission. Tel est Allah votre Seigneur. Adorez-Le donc. Ne réfléchissez-vous pas?

Ces termes “administrant toute chose” sont souvent répétés dans la sourate pour faire savoir qu’Allah est Sage et prévoyant et qu’aucune futilité ne peut émaner de Sa sagesse. Comment pouvons-nous supposer de l’injustice dans Ses décisions et croire qu’Il oblige une personne à faire le mal parce qu’il est écrit qu’il sera parmi les habitants de l’Enfer ?

 

Son titre est : la vérité.

Ensuite vient un verset : “C’est vers Lui que vous retournerez tous, c’est là, la promesse d’Allah en toute vérité!” Comme la vérité est l’opposé de l’aberration et du hasard, le terme “vérité” a été répété vingt-trois fois dans cette sourate qui traite de la soumission à l’ordonnance d’Allah. C’est le plus grand nombre de répétitions dans une sourate, surtout qu’elle ne comprend que cent neuf versets. La sourate ’Âl-‘Imrân la suit dans cet ordre avec treize répétitions, nombre nettement moindre.

La sourate confirme cette idée de la soumission à l’ordonnance d’Allah, la Vérité.    

Voyons le verset 4 :“C’est vers Lui que vous retournerez tous, c’est là, la promesse d’Allah en toute vérité! C’est Lui qui fait la création une première fois puis la refait (en la ressuscitant) afin de rétribuer en toute équité ceux qui ont cru et fait de bonnes œuvres. Quant à ceux qui n’ont pas cru, ils auront un breuvage d’eau bouillante et un châtiment douloureux à cause de leur mécréance!

Que tous ceux qui ont des doutes ou sont dans la confusion observent le royaume d’Allah et réfléchissent à Son ordonnance et à Son administration. Le verset précise que Son châtiment touche ceux qui ne croient pas en Lui “à cause de leur mécréance”.

Le verset suivant attire l’attention sur Sa création et Sa prévoyance :

C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir.” verset 5.

C’est une invitation à la méditation au sujet de la création d’Allah et de son ordonnance la nuit et le jour. Cela peut-il émaner de quelqu’un d’autre ? Celui qui l’accomplit ne peut ni être imprévoyant ni mettre les êtres au Feu malgré eux.

 

Qui se pose ces questions ?

Les versets 7 et 8 éclairent sur le genre de personnes qui ont ces fausses croyances au sujet d’Allah : “Ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre, qui sont satisfaits de la vie présente et s’y sentent en sécurité, et ceux qui sont inattentifs à Nos signes [ou versets], leur refuge sera le Feu, pour ce qu’ils acquéraient.” C’est une remarque importante pour nous faire reconnaître ceux qui sèment le doute sur la sagesse d’Allah. Ce sont ceux qui ne pratiquent pas la religion, désobéissent à Allah et soulèvent ces questions pour se rassurer. Nous n’avons jamais vu d’homme pieux dire qu’Allah l’a obligé à obéir, ce genre de personnes ne pose jamais des questions pareilles. Le verset précédent nous fait comprendre que la cause de cette maladie est le manque de perception des signes d’Allah et de Sa sagesse pourtant évidente.

 

La sagesse des actions d’Allah.

Les versets continuent à appuyer le même sens : Aucune aberration ne peut provenir d’Allah, tout ce qui vient de Lui n’est que sagesse : “Dis: «Qui vous attribue de la nourriture du ciel et de la terre? Qui détient l’ouïe et la vue, et qui fait sortir le vivant du mort et fait sortir le mort du vivant, et qui administre tout?» Ils diront: «Allah» ...” verset 31. Pourquoi alors le doute et l’incertitude puisque vous voyez que c’est Allah qui ordonne les choses ? “Dis alors: «Ne Le craignez-vous donc pas?»” qui signifie craignez Allah dans ce que vous dites. Ensuite nous avons de nouveau ces paroles “la vérité” et “s’est réalisée” pour rassurer nos cœurs : “Tel est Allah, votre vrai Seigneur. Au delà de la vérité qu’y a-t-il donc sinon l’égarement? Comment alors pouvez-vous, vous détourner?» C’est ainsi que s’est réalisée la parole de ton Seigneur contre ceux qui sont pervers: «Ils ne croiront pas».” versets 32, 33.

Ensuite ce verset : “Dis: «Est-ce qu’il y a parmi vos associés un qui guide vers la vérité?» Dis: «C’est Allah qui guide vers la vérité. Celui qui guide vers la vérité est-il plus digne d’être suivi, ou bien celui qui ne se dirige qu’autant qu’il est lui-même dirigé? Qu’avez-vous donc? Comment jugez-vous ainsi?»verset 35.

Vous qui mettez en cause l’organisation d’Allah où est votre soumission à Lui. Faites appel à votre jugement et à votre raison. Ne vivez-vous pas dans cet univers ? Voyez ce merveilleux serment du Tout-Puissant des cieux et de la Terre : “Et ils s’informent auprès de toi: «Est-ce vrai?» - Dis: «Oui! Par mon Seigneur! C’est bien vrai. Et vous ne pouvez vous soustraire à la puissance d’Allah.” verset 53. Ensuite : “C’est à Allah qu’appartient, certes, tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Certes, la promesse d’Allah est vérité. Mais la plupart d’entre eux ne (le) savent pas.” verset 55.

Une multitude de versets traduisent la même idée et se concentrent sur l’âme pour effacer du cœur tout doute ou toute hésitation.

 

Vos actions en sont la cause.

L’insistance des versets sur la vérité, la sagesse et la prévoyance montre que ce qui arrive aux serviteurs résulte de leur conduite et de leur comportement.

Le châtiment d’Allah ne tombe qu’après la mauvaise action de la personne. Il dit (que Son nom soit exalté): “En vérité, Allah n’est point injuste à l’égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes.” verset 44.

Ainsi ce sont les gens qui se font du tort à eux-mêmes et ils ne doivent pas accuser Allah d’injustice pour le châtiment et les malheurs subis. Ils doivent revoir leurs actions et juger pourquoi Allah les leur fait endurer. Ce sens est clair dans ce verset : “Nous avons fait périr les générations d’avant vous lorsqu’elles eurent été injustes alors que leurs messagers leur avaient apporté des preuves.” verset 13.

Quand est-ce que le châtiment eut lieu ? Lorsque leur injustice et leurs vices apparurent. Le comportement des êtres humains est la cause première des châtiments qui les accablent.

Les versets se suivent pour appuyer le même sens : “Et ceux qui ont commis de mauvaises actions, la rétribution d’une mauvaise action sera l’équivalent ... ” verset 27.Là, chaque âme éprouvera (les conséquences de) ce qu’elle a précédemment accompli.” verset 30.C’est ainsi que s’est réalisée la parole de ton Seigneur contre ceux qui sont pervers: «Ils ne croiront pas».” verset 33.

Les versets nous montrent également que la rétribution divine n’a pas lieu par hasard mais dépend de celui qui la reçoit : “A ceux qui agissent en bien est réservée la meilleure (récompense) et même davantage.” verset 26.

 

Allah connaît mieux Ses serviteurs.

En poursuivant la lecture, nous trouvons que la sourate nous transporte vers une nouvelle idée et une question surprenante : Comment vous étonnez-vous de l’ordonnance d’Allah, vous dont le comportement vis à vis de Son ordonnance et du destin est si surprenant? Ce verset l’exprime : “Et quand le malheur touche l’homme, il fait appel à Nous, couché sur le côté, assis, ou debout. Puis quand Nous le délivrons de son malheur, il s’en va comme s’il ne Nous avait point imploré pour un mal qui l’a touché.” verset 12. Un verset remarquable qui nous présente deux scènes: celle de l’être accablé qui supplie Allah avec tous les moyens (couché, assis ou debout) et la scène se déroule lentement jusqu’à ce que la crise se dissipe. Mais aussitôt après, ses actions et son insouciance se caractérisent par leur rapidité à travers le terme arabe marr (passe) qui signifie qu’il s’en va sans s’arrêter pour remercier ou méditer.

Nous avons dans un autre verset : “Et quand Nous faisons goûter aux gens une miséricorde après qu’un malheur les a touchés, voilà qu’ils dénigrent Nos versets. Dis: «Allah est plus prompt à réprimer (ceux qui dénigrent Ses versets)».” verset 21. Ce verset explique comment l’ordonnance d’Allah et le destin ont lieu. Si certains s’étonnent de cette ordonnance, Lui sait qui se soumettra et qui reniera. Ce verset éclaire mieux l’idée : “C’est Lui qui vous fait aller sur terre et sur mer, quand vous êtes en bateau. [Ces bateaux] les emportèrent, grâce à un bon vent. Ils s’en réjouirentverset 22.

Le cœur n’est sincère envers son Créateur et ne s’adoucit que durant la catastrophe. S’il en sort indemne, il oublie qu’il L’a imploré et Lui a demandé secours. Voyez alors ce qui arrive après que les bons vents qui ont réjoui les cœurs soient passés. Ils oublient celui qui en a pourvu la grâce : “ ... assaillis par un vent impétueux, assaillis de tous côtés par les vagues, se jugeant enveloppés [par la mort], ils prièrent Allah, Lui vouant le culte [et disant]: «Certes, si Tu nous sauves de ceci, nous serons parmi les reconnaissants!»verset 22.

Les vagues tumultueuses en mer ont leurs pareilles dans la vie. Que font ensuite les passagers du bateau à leur arrivée sains et saufs : “Lorsqu’Il les a sauvés, les voilà qui, sur terre, transgressent injustement.verset 23. C’est là le summum de la contradiction et l’ultime déviation loin de la vérité parce qu’Allah n’a aucun besoin des humains : “Ô gens! Votre transgression ne retombera que sur vous-mêmes. C’est une jouissance temporaire de la vie présente. Ensuite, c’est vers Nous que sera votre retour, et Nous vous rappellerons alors ce que vous faisiez.” verset 23.

Quel rapport y a-t-il entre cet exemple et l’objectif de la sourate ? C’est comme s’il disait : Ne vous étonnez pas du destin qu’Allah vous impose parce qu’Il sait celui d’entre vous qui remerciera après la fin de la catastrophe et celui qui reviendra à ses transgressions.

 

Les messages du destin.

L’ordonnance et le destin sont imposés par Allah parce qu’Il sait comment chaque être se comportera une fois le malheur écarté. Il n’y a pas un seul être qui n’ait prouvé par son comportement, avant l’épreuve, comment il réagira après la disparition de celle-ci. L’homme est testé par des petites épreuves. Il implore Allah qui peut l’anéantir et qui sait comment il agira une fois l’adversité dissipée d’après ses nombreuses réactions précédentes.

Le destin provient de la sagesse d’Allah, ce n’est pas de l’imprévoyance. Nous pouvons percevoir cette sagesse ou non, mais dans les deux cas nous ne devons pas juger Allah au moyen de notre logique simple. Nous devons nous soumettre entièrement à Sa volonté, avoir une confiance absolue en Lui et être certains qu’Il est Le Sage Omniscient jamais injuste.

 

Les prophètes d’Allah et la confiance.

Dans cette sourate, les histoires des prophètes viennent confirmer qu’il faut placer sa confiance en Allah. Les prophètes ont ainsi conseillé leurs communautés :

Noé : “Ô mon peuple, si mon séjour (parmi vous), et mon rappel des signes d’Allah vous pèsent trop, alors c’est en Allah que je place (entièrement) ma confiance ...” verset 71.

Moïse: “Ô mon peuple, si mon séjour (parmi vous), et mon rappel des signes d’Allah vous pèsent trop, alors c’est en Allah que je place (entièrement) ma confiance.” verset 84. “Ils dirent: «En Allah nous plaçons notre confiance. Ô notre Seigneur, ne fais pas de nous une cible pour les persécutions des injustes.” verset 85.

 

Pharaon et le peuple de Jonas.

La fin de la sourate nous rappelle deux histoires pour éclairer ce qui précède, celle de Pharaon et celle du peuple de Jonas.

Après avoir démontré la sagesse d’Allah et Son ordonnance et la réaction des gens vis à vis d’elles, les versets nous donnent deux exemples : celui de Pharaon qui a renié les signes d’Allah et le peuple de Jonas qui a renié Allah en premier lieu.

Dans les deux exemples, les prophètes Moïse et Jonas ont été en mer. Les deux communautés avaient persisté dans leur reniement de leur prophète jusqu’à l’arrivée du châtiment pour tous. Mais Pharaon a péri avec son peuple tandis que le peuple de Jonas fut sauvé.

Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d’Israël. Pharaon et ses armées les poursuivirent avec acharnement et inimitié. Puis, quand la noyade l’eut atteint, il dit: «Je crois qu’il n’y a d’autre divinité que Celui en qui ont cru les enfants d’Israël. Et je suis du nombre des soumis».” verset 90. Après la prétendue foi, la réponse est venue ainsi : “ [Allah dit]: Maintenant? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu as été du nombre des corrupteurs!” verset 91.

Quant au peuple de Jonas dont l’histoire ressemble à celle du peuple de Pharaon, il fut sauvé : “Si seulement il y avait, à part le peuple de Yoûnous (Jonas), une cité qui ait cru et à qui sa croyance eut ensuite profité! Lorsqu’ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps.” verset 98.

Le châtiment était venu mais Allah l’a repoussé à cause de leur foi. Quelle était donc la différence entre le peuple de Jonas et celui de Pharaon ? Les deux ont dit “Nous croyons” et les deux ont été abandonnés de leurs prophètes à cause de leur reniement. Pourquoi alors Pharaon a-t-il péri alors que Jonas fut sauvé ? Le premier fut-il traité injustement et le second favorisé ? Non, c’est un des exemples merveilleux de la destinée et de l’ordonnance d’Allah.

 

Ne connaît-Il pas qui Il a créé ?

Allah sait ce qui se trouve dans les cœurs. Pharaon aurait récidivé s’il avait été sauvé mais pas le peuple de Jonas. Ces paroles d’Allah nous en donnent la preuve : “...Maintenant? Alors qu’auparavant tu as désobéi ... ” ce qui signifie que Pharaon a eu de nombreuses occasions qu’il manquait toujours. Il a vu la mer qui se fendait devant les croyants et, au lieu de réfléchir à ce miracle, il a continué à les poursuivre.

Quant au peuple de Jonas, Allah savait la sincérité de leur retour et parce qu’Il est Miséricordieux, Il leur a donné une chance. La preuve en est la persistance de leur foi après leur sauvetage : “... Nous leur enlevâmes le châtiment d’ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps.” verset 98. Ils ont continué à obéir à Allah, à avoir foi en Lui et ils ont profité de Sa grâce toute leur vie dans ce monde. Il y a même une sourate qui porte le nom de leur prophète.

 

Pourquoi Jonas ?

Le nom de Jonas n’a été mentionné qu’une seule fois dans cette sourate qui porte son nom alors qu’il est mentionné plus souvent dans d’autres sourates. Et c’est seulement son peuple qui a été cité (parce qu’il l’avait quitté et se trouvait dans le ventre de la baleine quand ils ont embrassé la foi). Alors, pourquoi ce titre ?

Cette sourate a reçu ce nom pour que l’exemple de ce peuple demeure comme un témoignage de la sagesse d’Allah et du fait que l’homme a un rôle dans ce qui lui arrive. Ils ont persisté dans la foi malgré l’absence de leur prophète. C’est comme si l’histoire témoignait que la sagesse d’Allah était bien à sa place “Et Allah suffit comme témoin.”

On peut se demander pourquoi Pharaon n’a pas eu une autre chance, peut-être se serait-il repenti cette fois-ci ? Revoyons les versets 22 et 23. Ils semblent dirent : N’avez-vous pas lu la sourate et n’êtes-vous pas convaincus de la sagesse d’Allah ? Allah connaît Pharaon mieux que nous et la destinée émane de Sa sagesse et non du hasard. Que nous concevions cette sagesse ou non, il faut avoir confiance en Lui, compter sur Lui et être sûr qu’Il ne lèse personne.

 

Comment réagir à la destinée et à l’ordonnance d’Allah?

La sourate se termine avec trois principes qui doivent être une leçon pratique sur la foi en la destinée.

Soumettons-nous à Lui, n’ayons pas recours à d’autres et confions-nous à Lui.

Oriente-toi exclusivement sur la religion en pur monothéiste! Et ne sois pas du nombre des Associateurs; et n’invoque pas, en dehors d’Allah, ce qui ne peut te profiter ni te nuire. Et si tu le fais, tu seras alors du nombre des injustes.” versets 105, 106.

Que notre foi en la destinée ne diminue pas, quels que soient les évènements, parce que tout ce qu’Allah ordonne est pour le bien des serviteurs et est miséricorde envers eux : “Et si Allah fait qu’un mal te touche, nul ne peut l’écarter en dehors de Lui. Et s’Il te veut un bien, nul ne peut repousser Sa grâce. Il en gratifie qui Il veut parmi Ses serviteurs. Et c’est Lui le Pardonneur, le Miséricordieux.” verset 107.

Soumettons-nous donc à la destinée ordonnée par Allah pour être sauvés dans ce monde et dans celui de l’au-delà.


Sourate Hoûd

Sourate Hoûd  fut révélée après sourate Yoûnous et la suit dans l’ordre du Coran. Elle comprend cent vingt-trois versets.

 

Trois sourates successives portant des noms de prophètes.

Plusieurs sourates du Coran portent des noms de prophètes parmi lesquelles Yoûnous, Hoûd et Yoûssouf. Ces dernières ont des points communs. Elles sont les premières dans l’ordre du Coran à porter des noms de prophètes, elles ont été révélées dans l’ordre où elles apparaissent et durant la période mecquoise où les persécutions contre les Musulmans et le Prophète (BP sur lui) étaient à l’extrême.

Nous devons remarquer une des règles du Coran au sujet des récits sur les prophètes: Lorsque la sourate porte un de leurs noms, son objectif est nécessairement lié à son histoire (comme nous l’avons vu dans la sourate Yoûnous dont l’objectif est la soumission à la destinée et à l’ordonnance d’Allah et où l’histoire du peuple de Jonas en donne un merveilleux exemple).

Et puis une autre règle qui nous fait sentir la majesté de ce Livre et sa splendeur: Chaque récit de l’histoire d’un prophète se termine par un ou plusieurs versets qui énoncent sa morale. Ainsi, pour connaître le message divin de la sourate, il suffit de lire la dernière ligne de l’histoire du prophète dont la sourate porte le nom. Une règle admirable qui se répète, comme un signe dans le Coran.

 

Des malheurs qui ébranlent.

La sourate fut révélée au Prophète (BP sur lui) dans les moments les plus sombres et les plus difficiles, dix ans après le début de la mission. L’oppression était très forte contre les Musulmans à La Mecque et le Prophète (BP sur lui) avait permis à ses Compagnons d’émigrer vers l’Éthiopie. Ceux qui étaient restés allaient subir toutes sortes de persécutions. Le Messager lui-même ne vivait pas de meilleures conditions. Son oncle Aboû Tâlib qui le protégeait et sa femme Khadîja qui le consolait étaient morts. De plus lorsqu’il avait été présenter sa Da‘wa (invitation à la religion) au gens du Tâ’if, ils l’avaient renvoyé et lui avaient lancé des pierres. Il n’y avait pas de nouveaux venus au sein de l’Islam, toutes les tribus refusaient de s’allier au Prophète (BP sur lui) et d’accepter cette religion.

 

Toutes les nuits se ressemblent et se suivent.

Les conditions très dures où se trouvaient le Prophète (BP sur lui) et ses Compagnons ressemblent aux nôtres aujourd’hui avec les attaques contre l’Islam et les Musulmans. Cette sourate s’avère donc très utile à ceux qui sont attachés à leur religion. Ils doivent ouvrir leurs cœurs et s’efforcer de comprendre son objectif.

Lorsque les gens vivent dans la tension que connurent les Compagnons et que nous-mêmes nous subissons aujourd’hui, il leur arrive une de ces trois choses :

 

-          Ils perdent l’espoir et l’ardeur, s’arrêtent de faire des réformes et de servir l’Islam.

 

-          Ils réagissent de façon impulsive et violente, sans mesurer leurs actes, et veulent tout changer au moyen de la force.

 

 

-          Ils penchent vers les ennemis et se soumettent à eux pour vivre dans leur ombre.

 

Ne voyez-vous pas ces exemples dans nos sociétés ? Quelle est la solution à ces maux et que dit cette sourate ?

 

L’objectif de sourate Hoûd : l’équilibre.

La sourate remédie à ces symptômes dangereux avec un verset qui s’adresse aux gens pieux, attristés de ce qui arrive aux Musulmans, aux jeunes enthousiasmés envers leur religion et leur dit : Demeure sur le droit chemin comme il t’est commandé, ainsi que ceux qui sont revenus [à Allah] avec toi. Et ne commettez pas d’excès. Car vraiment Il observe ce que vous faites.*Et ne vous penchez pas vers les injustes: sinon le Feu vous atteindrait. Vous n’avez pas d’alliés en dehors d’Allah. Et vous ne serez pas secourus.” versets 12, 13.

Ce verset figure à la suite du récit de tous les prophètes et nous ordonne trois choses :

 

a)      La droiture :

Demeure sur le droit chemin” Il faut persévérer dans la Da‘wa (invitation à Allah) et être patient. Celui qui invite à la religion ne doit pas s’arrêter ou perdre espoir devant les difficultés. Cet ordre apporte un remède à la perte de l’espoir et de l’ardeur et à l’arrêt des réformes.

 

b)      Ne pas devenir oppresseur :

Ne commettez pas d’excès” au sujet des excès et du recours à la violence.

 

c)      Ne pas s’incliner :

Ne vous penchez pas” au sujet du recours à l’ennemi, du compromis avec lui, de la soumission aux autres cultures, de l’imitation aveugle, de la perte de l’identité et du peu de loyauté envers sa culture et envers l’Islam.

 

Hoûd m’a fait des cheveux blancs (d’angoisse)”

Ces trois ordres sont des remèdes aux maux qui touchent les hommes confrontés aux crises, aux échecs et à l’adversité. Le croyant doit conserver son équilibre face à ces difficultés, et ne commettre ni excès, ni injustice, et ne pas faire de compromis en s’inclinant vers l’ennemi. Il parviendra à cet équilibre par son maintien dans la voie droite comme il lui a été ordonné, par la persévérance dans la Da‘wa et les réformes, en servant la société, par l’aide aux pauvres et aux miséreux et par la réussite dans la vie pratique.

Comme l’équilibre est une chose difficile à obtenir, il faut que les gens, et ceux qui s’occupent de la Da‘wa en particulier s’entraident en recherchant la compagnie pieuse et équilibrée. Le verset nous dit : “ceux qui sont revenus [à Allah] avec toi

 

Entre les deux.

Au sujet de ce verset, Hassan Al-Basry a dit: “Loué soit Celui qui a placé l’équilibre de cette religion entre deux négations.” Il s’agit de “ne commettez pas d’excès” et de “ne vous penchez pas” qui aident à l’équilibre face aux problèmes de la vie.

Cette sourate traite exactement de la situation que nous vivons et prouve que l’Islam est valable pour tous les temps. Elle semble nous dire : “ne commettez pas d’excès”, “ ne vous penchez pas”, “demeurez sur le droit chemin”. Elle envoie ce message aux Musulmans de tout temps, partout : Patientez, persévérez dans la réforme, agissez avec équilibre et modération, sans excès et sans vous incliner vers les autres.

 

Le début de la sourate : un livre aux versets parfaits.

La sourate commence avec ce verset : “Alif, Lām, Rā. C’est un Livre dont les versets sont parfaits en style et en sens, émanant d’un Sage, Parfaitement Connaisseur.” verset 1.  Nous nous rappelons que la sourate précédente, Yoûnous, débute également avec la sagesse : “Alif, Lām, Rā. Voici les versets du Livre plein de sagesse.” Mais quelle différence y a-t-il entre les deux ?

Sourate Yoûnous s’est concentrée sur la sagesse d’Allah dans l’ordonnance et la destinée. Quant à sourate Hoûd, elle mentionne la sagesse contenue dans les versets du Livre d’Allah, sagesse à laquelle le croyant confronté à la réalité difficile doit faire appel.

 

Persistance de la Da‘wa (invitation à Allah) d’une façon équilibrée.

Le second verset montre clairement la nécessité de poursuivre la Da‘wa (invitation à Allah) d’une façon équilibrée : “N’adorez qu’Allah. Moi, je suis pour vous, de Sa part, un avertisseur et un annonciateur.”

Ensuite, les versets se consacrent au démenti des ennemis du Prophète (BP sur lui) pour faire vivre le lecteur dans l’atmosphère où la sourate a été révélée : “Eh quoi! Ils replient leurs poitrines afin de se cacher de Lui.verset 5.

Dans la masse des versets, le verset 7 vient avec un sens subtil : “Et c’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours, - alors que Son Trône était sur l’eau, - afin d’éprouver lequel de vous agirait le mieux. Et si tu dis: «Vous serez ressuscités après la mort», ceux qui ne croient pas diront: «Ce n’est là qu’une magie évidente».” Quel est le rapport entre la création des cieux et de la terre et le thème de la sourate ? L’échelonnement est une règle dans la création d’Allah. Il a créé les cieux et la terre en six jours, bien qu’Il aurait pu le faire en un clin d’œil, pour nous apprendre la graduation en toute chose, la patience et à ne pas agir à la hâte.

Le verset 11 appuie le même sens : “sauf ceux qui sont endurants et font de bonnes œuvres. Ceux-là obtiendront pardon et une grosse récompense.” Il faut remarquer dans ce verset cette expression “ceux qui sont endurants et font de bonnes œuvres ” tandis que dans la plupart des versets du Coran nous trouvons : “ceux qui croient et font les bonnes œuvres ... ” Derrière chaque mot du Coran ou chaque lettre se trouve une sagesse et les versets de la même sourate se lient autour d’un seul objectif. Allah (que Son nom soit glorifié) dit au début de la sourate : “C’est un Livre dont les versets sont parfaits.

Alors que la religion était fortement désavouée, le verset disait au Prophète (BP sur lui): “Il se peut que tu négliges une partie de ce qui t’est révélé, et que ta poitrine s’en sente compressée ...” verset 12. Le Messager (BP sur lui) avait-il réellement négligé une partie de ce qui lui avait été révélé et sa poitrine s’en était-elle oppressée ? Ne plaise à Allah ! Le verset cherche seulement à le raffermir et, après lui, les croyants en tout lieu et tout temps auxquels Il dit : Les incrédules entêtés argumentent en vain avec ceux qui invitent à la religion. Mais toi qui aime la religion d’Allah : “Tu n’es qu’un avertisseur. Et Allah est Le protecteur de toute chose.” verset 12. Les prédicateurs ne sont que des serviteurs d’Allah. Ils doivent communiquer ce dont ils ont reçu l’ordre et Lui laisser le choix du résultat : “Et Allah est Le protecteur de toute chose ”.

Les premiers vingt-quatre versets sont un message clair à ceux qui font la Da‘wa. Ils leur disent : Ne laissez pas les incrédules vous affecter, persistez dans votre appel à la religion, faites tous vos efforts, ensuite remettez-vous en à Allah pour le résultat.

 

Des exemples de ceux qui ont persévéré sur le droit chemin.

Après ces versets la sourate continue de la même façon : des récits de différentes histoires de prophètes (Noé, Hoûd, Sâlih, Chou‘aïb et Moïse), la paix d’Allah sur eux. Elle souligne dans chaque récit l’application de ces trois ordres par le prophète : “Demeure sur le droit chemin” la persévérance, “ ne commettez pas d’excès” pas d’excès et “ ne vous penchez pas” ne pas s’incliner vers l’adversaire.

 

Noé, la paix sur lui : neuf cent cinquante ans.

La première histoire racontée pour inculquer la droiture et la persévérance est celle de Noé (la paix d’Allah sur lui). Il est à remarquer que c’est dans cette sourate que figure le plus long récit de son histoire. Ce récit est même plus long que l’histoire de Hoûd dont la sourate porte pourtant le nom. Pourquoi ? Parce que Noé a passé neuf cent cinquante années à inviter sa communauté vers Allah sans succès. Il devient un exemple à suivre sur le droit chemin et nous apprend à ne jamais désespérer : “Nous avons déjà envoyé Noé à son peuple: «Je suis pour vous un avertisseur explicite* afin que vous n’adoriez qu’Allah. Je crains pour vous le châtiment d’un jour douloureux».versets 25, 26. Noé a adressé à sa communauté les mêmes paroles qui sont mentionnées au début de la sourate : “N’adorez qu’Allah. Moi, je suis pour vous, de Sa part, un avertisseur et un annonciateur.” Elles semblent nous dire: Le message, l’invitation et les situations que tous les prophètes ont rencontrés sont les mêmes, demeurez sur le droit chemin et persévérez dans votre Da‘wa  comme Noé.

 

La droiture de Noé.

Nous remarquons la persévérance de Noé dans sa Da‘wa : “Ils dirent: «Ô Noé, tu as disputé avec nous et multiplié les discussions. Apporte-nous donc ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques».” verset 32. Il a continué à inviter sa communauté pendant des centaines d’années et tous ceux qui invitent à la religion doivent se comparer à lui s’ils passent par des situations difficiles. Il a continué sur le droit chemin sans s’arrêter et sans se lasser (versets 28 à 31), si bien que ses adversaires, ennuyés, finirent par lui dire : “«Ô Noé, tu as disputé avec nous et multiplié les discussions. Apporte-nous donc ce dont tu nous menaces, si tu es du nombre des véridiques».”  verset 31.

Ainsi apparaît la mise en application par Noé de cet ordre “ Demeure sur le droit chemin.

 

Pas d’excès dans l’histoire de Noé.

Si vous vous trouviez dans la même situation que Noé et qu’on vous ait dit : “Apporte-nous donc ce dont tu nous menaces ”, que feriez-vous ? Tomberiez-vous dans l’excès, les frapperiez-vous, quelle serait votre réponse ? Voyez comment la réaction de Noé fut loin de tout emportement et de toute agressivité : “Il dit: «C’est Allah seul qui vous l’apportera - s’Il veut - et vous ne saurez y échapper.* Et mon conseil ne vous profiterait pas, au cas où je voulais vous conseiller, et qu’Allah veuille vous égarer. Il est votre Seigneur, et c’est vers Lui que vous serez ramenés».” versets 33, 34. C’est une réponse délicate, sans emportement ni violence. Il leur dit qu’il n’y a aucun problème entre lui et eux mais que le châtiment leur viendra d’Allah.

 

Et construis l’arche.

Les versets se poursuivent jusqu’à ces paroles: “Et il fut révélé à Noé: «De ton peuple, il n’y aura plus de croyants que ceux qui ont déjà cru. Ne t’afflige pas de ce qu’ils faisaient.verset 36. Que faire, les laisser se noyer ? Non, il y a d’autres ordres à exécuter et la route est encore longue : “ Et construis l’arche sous Nos yeux et d’après Notre révélation. Et ne M’interpelle plus au sujet des injustes, car ils vont être noyés».” verset 36.

La construction de l’arche nécessite de longues années. Noé vivait dans le désert et il avait besoin de planter des arbres pour construire un grand bateau. Ensuite, il devait prendre le bois et construire ce bateau qui contiendrait tous les croyants et un couple de chaque genre d’animal. Une entreprise difficile et longue. Certains savants ont dit qu’elle a nécessité cent ans et d’autres deux cents et même trois cents ans. Pourquoi Allah n’a-t-Il pas anéanti les incroyants de sa communauté comme Il l’avait fait pour d’autres ? Pourquoi les arbres n’ont-ils pas poussé en une nuit ? La réponse est : Ô vous qui invitez à la religion, apprenez la patience et la persévérance sur le droit chemin par obéissance à Allah, même si vous ne devez pas voir les résultats et même s’ils devaient être inattendus : “De ton peuple, il n’y aura plus de croyants que ceux qui ont déjà cru”.

Noé sut que personne ne devait plus croire mais il a patienté et obéi à Allah. Celui qui fait la Da‘wa est sensé être un employé chez Allah. Allah peut lui ordonner de planter tel champ et il le fera, même s’il pense que cela ne donnera rien. L’important est d’obéir aux ordres, de fournir des efforts en laissant le choix du résultat à Allah (que Son nom soit glorifié). L’important également est qu’il aura sa rétribution, que le champ ait donné une récolte ou non.

 

Ne pas s’incliner, même pour le fils.

Peut-être vous demandez vous où est la mise en pratique de cet ordre “ne vous penchez pas” ? La réponse se trouve dans l’histoire de son fils qui n’apparaît que dans cette sourate lorsque Noé dit : “«Ô mon Seigneur, certes mon fils est de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus juste des juges».” verset 45.

Quelle fut la réponse divine ?

Il dit: «Ô Noé, il n’est pas de ta famille car il a commis un acte infâme. Ne me demande pas ce dont tu n’as aucune connaissance. Je t’exhorte afin que tu ne sois pas du nombre des ignorants».* Alors Noé dit: «Seigneur, je cherche Ta protection contre toute demande de ce dont je n’ai aucune connaissance. Et si Tu ne me pardonnes pas et ne me fais pas miséricorde, je serai au nombre des perdants».” versets 46, 47.

La sourate avertit de ne jamais nous incliner vers autre chose que la vérité. Elle nous rappelle que Noé a renié son fils qui est mort incroyant. Le sentiment paternel peut pousser certaines personnes à l’épanchement vers leurs enfants “«Ô mon Seigneur, certes mon fils est de ma famille ... ” malgré leurs fautes. La sourate nous apprend qu’il ne faut jamais se livrer au mal, même si ce mal est parmi nous dans notre famille. Et Noé fut un modèle de refus du mal.

 

Le commentaire : patiente.

Comme nous l’avons mentionné, nous trouvons à la fin de chaque récit d’une histoire de prophète, un commentaire à son propos “Voilà quelques nouvelles de l’Inconnaissable que Nous te révélons. Tu ne les savais pas, ni toi ni ton peuple, avant cela. Sois patient. La fin heureuse sera aux pieux.” verset 49.

Le message de la sourate vient dans cette parole d’Allah (que Son nom soit glorifié) : “Sois patient”, d’une patience positive accompagnée d’action et de production, sans excès ni compromis avec ce qui est juste.

 

Les prophètes d’Allah et l’équilibre.

Toutes les histoires des prophètes mentionnées dans la sourate (Chou‘aïb, Sâleh, Loût et Hoûd) insistent sur la même idée et représentent une application pratique du verset 112, avec ses trois parties :

 

1.      Demeure sur le droit chemin comme il t’est commandé ...

2.      Et ne commettez pas d’excès…

3.      Et ne vous penchez pas vers les injustes…

 

Nous retrouvons ces éléments par exemple dans l’histoire de Chou‘aïb, et il en va de même dans toutes les histoires :

 

-          La persévérance et les réformes avec équilibre :

Je ne veux nullement faire ce que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le puis.” verset 88. C’est la même doctrine à laquelle invitaient tous les prophètes. Ils utilisent les mêmes paroles : “Et implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à Lui.” verset 90.

 

-          La difficulté de la situation et le reniement des autres :

Ils dirent: «Ô Chou‘aïb, nous ne comprenons pas grand chose à ce que tu dis; et vraiment nous te considérons comme un faible parmi nous. Si ce n’est ton clan, nous t’aurions certainement lapidé ...” verset 91.

 

-          L’absence d’excès et la mesure dans la réponse :

Il dit: «Ô mon peuple, mon clan est-il à vos yeux plus puissant qu’Allah ...” verset 92.

 

-          Toutefois le refus de tout compromis est clair dans ces paroles :

Ô mon peuple, agissez autant que vous voulez. Moi aussi j’agis.” verset 93.

 

Ensuite, le verset 94 annonce le triomphe du prophète : “Lorsque vint Notre ordre, Nous sauvâmes, par une miséricorde de Notre part, Chou‘aïb et ceux qui avaient cru avec lui.

Vous qui aimez l’Islam et désirez le servir et le faire triompher, apprenez de cette noble sourate et de ses nombreux récits l’équilibre dans la Da‘wa face aux épreuves et à l’adversité.

 

Pourquoi la sourate porte-t-elle le nom de Hoûd ?

Pourquoi cette sourate a-t-elle reçu le nom de Hoûd alors que l’histoire de Noé y est racontée plus longuement que celle de Hoûd ? Parce que les trois sujets principaux de la sourate (la persévérance sur le droit chemin, l’absence d’excès et de tyrannie, le refus de s’incliner) apparaissent clairement dans l’histoire de Hoûd. Voilà pourquoi cette sourate, la sourate de l’équilibre, porte le nom de Hoûd.

Après que le reniement de sa communauté se fut intensifié, Hoûd  lance ce défi: “Je prends Allah à témoin - et vous aussi soyez témoins - qu’en vérité, je désavoue ce que vous associez, en dehors de Lui. Rusez donc tous contre moi et ne me donnez pas de répit.versets 54, 55.

La persévérance de Hoûd sur le droit chemin apparaît clairement dans ces paroles : “Je place ma confiance en Allah, mon Seigneur et le vôtre. Il n’y a pas d’être vivant qu’Il ne tienne par son toupet. Mon Seigneur, certes, est sur un droit chemin.verset 56.

Également, l’absence d’excès et d’agressivité sont évidents dans ce verset : “Si vous vous détournez... voilà que je vous ai transmis [le message] que j’étais chargé de vous faire parvenir. Et mon Seigneur vous remplacera par un autre peuple, sans que vous ne Lui nuisiez en rien, car mon Seigneur, est gardien par excellence sur toute chose». verset 57.

Ces paroles rassemblent tous les thèmes développés par la sourate : non à l’excès, à la tyrannie, au compromis; oui à la persévérance. De plus, elles font porter la responsabilité à tous ceux qui viendront après Hoûd. Aussi le Prophète (BP sur lui) a-t-il dit : Hoûd m’a fait des cheveux blancs (d’angoisse)” à cause de son insistance à la marche sur le droit chemin de Sa doctrine, et de l’exemple de Hoûd dans équilibre sans excès ni compromis.

 

Le rappel de l’Heure apporte l’équilibre.

Avant la fin de la sourate les versets 103 à 108 nous rappellent de l’Heure pour rassurer les croyants et leur dire que le monde d’ici-bas, même s’il est sombre et injuste, n’est qu’éphémère. La justice divine se réalisera dans le monde de l’au-delà, endurez avec patience la réalité amère de celui d’ici-bas.

Allah (que Son nom soit glorifié) dit : “Il y a bien là un signe pour celui qui craint le châtiment de l’au-delà. C’est un jour où les gens seront rassemblés; et c’est un jour solennel (attesté par tous).* Et Nous ne le retardons que pour un terme bien déterminé.* Le jour où cela arrivera, nulle âme ne parlera qu’avec Sa permission (celle d’Allah). Il y aura des damnés et des heureux.* Ceux qui sont damnés seront dans le Feu où ils ont des soupirs et des sanglots.* Pour y demeurer éternellement tant que dureront les cieux et la terre - à moins que ton Seigneur en décide autrement - car ton Seigneur fait absolument tout ce qu’Il veut.* Et quant aux bienheureux, ils seront au Paradis, pour y demeurer éternellement tant que dureront les cieux et la terre - à moins que ton Seigneur n’en décide autrement - c’est là un don qui n’est jamais interrompu.” versets 103-108.

 

Des actions qui aident à la persévérance.

Les deux versets essentiels que nous avons mentionnés viennent à la fin de la sourate : “Demeure sur le droit chemin comme il t’est commandé, ainsi que ceux qui sont revenus [à Allah] avec toi. Et ne commettez pas d’excès. Car vraiment Il observe ce que vous faites.* Et ne vous penchez pas vers les injustes: sinon le Feu vous atteindrait. Vous n’avez pas d’alliés en dehors d’Allah. Et vous ne serez pas secourus.” versets 112, 113.

Qu’est-ce qui peut donc aider à la persévérance et à l’obéissance à ces trois ordres ? Comment  peut-on rester persévérant et patient, et aider les gens sans se laisser emporter vers les excès ni faire de compromis avec les injustes ?

La réponse : “Et accomplis la alāt aux deux extrémités du jour et à certaines heures de la nuit. Les bonnes œuvres dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent * Et sois patient. Car Allah ne laisse pas perdre la récompense des gens bienfaisants.” versets 114, 115.

Cela aide à appliquer : “Demeure sur le droit chemin”.

A pratiquer le culte : “Et accomplis la alāt

A patienter : “Et sois patient. Car Allah ne laisse pas perdre la récompense des gens bienfaisants.”

Pour aider à l’action, à la réforme et à l’invitation à Allah, nous avons : “Et ton Seigneur n’est point tel à détruire injustement des cités dont les habitants sont des réformateurs.” verset 117.

 

Les sourates Yoûnous, Hoûd et Yoûssouf ont été révélées dans une même période, dans l’ordre où elles apparaissent dans le Coran et durant l’épreuve du Prophète (BP sur lui) et des Compagnons. C’était après la mort de Khadîja et d’Abou Tâlib. Elles traitent toutes de problèmes très ressemblants et chacune d’elles a reçu le nom du prophète dont l’histoire est en rapport avec le thème principal.

Comme nous vivons actuellement les mêmes situations difficiles qu’à l’époque de leur révélation, ces sourates s’adressent tout particulièrement à nous aujourd’hui. Essayons donc de persévérer dans l’obéissance à Allah, évitons de commettre des excès, d’être agressifs, de faire des compromis avec les autres cultures, de nous installer dans leur ombre et d’oublier notre religion et notre identité. C’est là la leçon à tirer de cette sourate. 

 

 


Sourate Yoûssef (Joseph)

Sourate Yoûssouf est mecquoise. Elle a été révélée dans la même période que les deux sourates précédentes, Yoûnous (Jonas) et Hoûd, et dans les mêmes circonstances. Elle comprend cent onze versets qui nous racontent la biographie de Joseph toute entière, dans le plus long récit du Coran.

 

Le meilleur récit.

D’après les spécialistes, cette sourate contient tous les éléments et toutes les techniques du texte narratif. On y trouve le suspense, les images, l’enchaînement des évènements et les symboles.

Nous remarquons par exemple que le récit commence par un songe vu par Joseph et se termine par sa réalisation. Quant à la chemise de Joseph utilisée par ses frères comme preuve de leur innocence, elle s’avère ensuite être elle-même la preuve de leur trahison. Puis elle sert pour innocenter Joseph de l’agression sur l’épouse de l’homme noble.

Une des merveilles de cette sourate est que la narration propose au lecteur des images visuelles et auditives des événements qui se déroulent. C’est une des plus belles histoires à lire et des plus impressionnantes et nous n’avons pas besoin du témoignage des spécialistes du récit pour le savoir puisqu’Allah (que Son nom soit glorifié) atteste Lui-même de la qualité et de la beauté de cette narration : “Nous te racontons le meilleur récit, grâce à la révélation que Nous te faisons dans ce Coranverset 3.

Mais cette sourate du Coran n’est pas simplement une histoire. Son objectif se résume dans sa dernière ligne qui dit : “Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants».” verset 90.

 

L’objectif principal de l’histoire est :

Il sait et nous ne savons pas.

L’objectif de la sourate Yoûssouf est de nous faire comprendre que l’ordonnance d’Allah (que Son nom soit glorifié) est différente du jugement humain limité. C’est comme si elle nous disait : Ayez confiance dans l’ordonnance d’Allah (que Son nom soit glorifié) et patientez sans désespérer. Les évènements de sourate Yoûssouf  sont étranges et imprédictibles. Joseph était aimé de son père depuis sa naissance, une bonne chose en apparence. Cet amour poussa ses frères à le jeter dans le puits d’où il fut mené à la maison de l’homme noble. C’était de nouveau une situation heureuse qui se termina  par la prison et lui donna avec cela l’occasion de devenir premier ministre d’Égypte. Allah (que Son nom soit glorifié) nous montre à travers cette histoire que c’est Lui qui dispose. L’homme peut penser que certaines situations lui sont défavorables mais son raisonnement est incapable de concevoir l’ordonnance d’Allah et la sagesse de Sa sentence.

 

Le chemin sinueux.

En examinant l’histoire de Joseph, nous voyons qu’elle comprend trois situations avantageuses et deux fâcheuses. Ce diagramme les schématise :

 

 

           Amour du père       Chez le noble      Ministre d’Egypte

 

 

 

 

                       Au fond du puits          En prison

 

 

Les moments de malheur dans la vie de Joseph ne sont pas tous de même intensité. Quel a été le plus difficile: le puits ou la prison ? La période de prison dura neuf ans mais celle du puits qui ne dura que trois jours fut beaucoup plus dure à cause de son jeune âge. Au milieu de tout cela, nous voyons Joseph ferme avec les mêmes principes sans se courber devant les malheurs.

 

Tu es un serviteur dans les deux cas.

Nous devons tirer profit de la vie de Joseph et nous inspirer de son attitude dans le bonheur comme dans l’adversité. Malgré toutes les circonstances qu’il a traversées, il a fait preuve de patience et a gardé espoir dans les moments de malheur. Il a fait preuve d’humilité et de loyauté envers Allah (que Son nom soit exalté et glorifié) dans les moments de paix et de sécurité. La sourate nous apprend que la vie est une série de moments de calme et de difficulté en alternance. Il n’y a pas une seule personne dont la vie est paisible d’un bout à l’autre ou entièrement bouleversée et les deux situations sont toujours des épreuves. L’histoire de Joseph nous montre sa stabilité dans toutes les circonstances. Dans le malheur, il est patient et jamais désespéré, dans le bonheur, il reste humble et loyal envers Allah (que Son nom soit glorifié).

 

Entre la sourate et la biographie.

Comme nous l’avons dit précédemment, sourate Yoûssouf a été révélée dans les mêmes circonstances que les sourates Yoûnous et Hoûd, dans les temps les plus difficiles pour le Prophète (BP sur lui) et ses Compagnons. Joseph avait vécu des situations semblables. Il avait été éloigné de son père et le Prophète (BP sur lui), dans cette dixième année après sa mission, avait perdu son oncle Abou Tâlib et sa femme Khadîja. Joseph avait quitté la Palestine, pays de ses pères, pour l’Égypte loin de sa famille, et le Messager (BP sur lui), deux ans après, avait émigré de La Mecque vers Médine. Cette sourate préparait le Prophète à ce qui devait l’attendre comme épreuves et afflictions. Elle s’adresse à tous les croyants qui passent par des moments difficiles. Les savants disent : Toute personne en peine se sentira soulagée en lisant la sourate Yoûssouf.

 

Joseph: l’être humain.

La sourate s’intéresse avant tout à l’aspect humain de la vie de Joseph sans insister sur son rôle de prophète qui a été abordé dans sourate Ghâfir (Le Pardonneur) lorsque Moïse dit : “Certes, Joseph vous est venu auparavant avec les preuves évidentes, mais vous n’avez jamais cessé d’avoir des doutes sur ce qu’il vous avait apporté.” Ghâfir : 34.  L’expérience de Joseph dans cette sourate est entièrement humaine. Elle s’achève par sa réussite dans ce monde et dans celui de l’au-delà, ici-bas par son accession au poste de premier ministre d’Égypte, et dans l’au-delà grâce à sa résistance à la séduction de l’épouse de l’homme noble et des femmes de la ville. Le succès d’un homme qui a patienté sans désespérer dans l’adversité, de la méchanceté de ses frères, au puits, à l’esclavage, aux tentatives de séduction de l’épouse de son maître, et qui est sorti vainqueur de toutes ces épreuves.

 

Où sont les miracles dans l’histoire ?

Comme nous l’avons remarqué, aucun miracle n’est venu soutenir Joseph face à ces situations difficiles. Certains peuvent voir que le songe en était un mais nous leur disons que tout le monde fait des songes. Le fait est, et il se trouve souligné dans la sourate, qu’Allah lui a apprêté l’occasion de la réussite, comme Il le fait pour chacun de nous et Joseph a su en profiter. Il lui a appris par exemple l’interprétation des rêves : “Ainsi ton Seigneur te choisira et t’enseignera l’interprétation des rêves..verset 6.

 

Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah.

L’histoire de Joseph est celle d’un homme qui est passé par des situations difficiles sans aucun instrument de réussite. Mais il a patienté sans jamais désespérer et la sourate est ainsi pleine d’espoir. Lorsque Ya‘qoûb (Jacob) perdit son second fils et que le malheur fut double, il dit : “Et ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Ce sont seulement les gens mécréants qui désespèrent de la miséricorde d’Allah»verset 87. Ce verset ne signifie pas que celui qui désespère est incroyant, mais il l’est en partie. Il ne réalise pas que l’ordonnance d’Allah, Le Généreux, Le Compatissant et Le Sage ne peut être connue de personne.

 

Le succès vient d’Allah.

La majesté de ce noble prophète vient de ce que même lorsqu’il fut arrivé aux plus hauts rangs, la griserie du triomphe ne lui a pas fait oublier l’humilité envers Allah (que Son nom soit glorifié). Il dit à la fin du récit :Ô mon Seigneur, Tu m’as donné du pouvoir et m’as enseigné l’interprétation des rêves. [C’est Toi Le] Créateur des cieux et de la terre, Tu es mon patron, ici-bas et dans l’au-delà. Fais-moi mourir en parfaite soumission et fais moi rejoindre les vertueux.verset 101. Remarquez son humilité lorsqu’il dit “fais moi rejoindre les vertueux”. C’est comme si les vertueux l’avaient précédé et qu’il voulait les rejoindre. Il a réussi dans l’épreuve du bonheur par son remerciement et sa reconnaissance, et dans celle du malheur par son endurance et son espoir.

 

Tu la mérites.

Comme commentaire au récit de la vie de Joseph (la paix sur lui), un verset splendide vient rassurer le Prophète (BP sur lui) à propos du soutien d’Allah et de Sa promesse. Un verset qui s’adresse également à toute la Umma. Lisez-le avec le cœur et l’âme : “Quand les messagers faillirent perdre espoir (et que leurs adeptes) eurent pensé qu’ils étaient dupés voilà que vint à eux Notre secours. Et furent sauvés ceux que Nous voulûmes. Mais Notre rigueur ne saurait être détournée des gens criminels.” verset 110.

 

Résultat de l’expérience.

Nous arrivons à la fin de la sourate à un verset capital où Joseph, après avoir triomphé et réalisé tous ses souhaits dit : “Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants». verset 90.

L’histoire de Joseph nous apprend que celui qui désire réussir et poursuit un but, s’arme de patience et d’espoir sans se décourager et place sa confiance en Allah, réalisera sûrement son souhait: “Quiconque craint et patiente... Et très certainement, Allah ne fait pas perdre la récompense des bienfaisants»”. Joseph nous résume par ces paroles son expérience dans la vie, une expérience humaine.

Celui qui désire réussir dans la vie doit craindre Allah, demander son aide, patienter devant les difficultés, défier les obstacles et les surmonter. Sa patience doit être positive et persévérante et il ne doit négliger aucune occasion d’acquérir un talent ou de profiter des opportunités comme Joseph. C’est pourquoi d’ailleurs il a dit : «Assigne-moi les dépôts du territoire: je suis bon gardien et connaisseur».” verset 55.

Essayons donc de profiter de l’exemple de Joseph, de sa réussite dans la vie pratique et dans le monde de l’au-delà au moyen de la science et de l’action d’un côté, de la résistance aux tentations et de la patience de l’autre pour parvenir, s’il plaît à Allah, au Paradis.


Sourate Ar-Ra‘d (Le Tonnerre)

Sourate Ar-Ra‘d, révélée après sourate Mohammed, est médinoise. Elle vient dans l’ordre du Coran après sourate Yoûssouf et comprend quarante-trois versets.

 

La force de la vérité.

Sourate Ar-Ra‘d est l’une des plus belles sourates du Coran. Elle nous dit : La vérité est forte et stable même si cela n’est pas visible, tandis que le mal est faible et perdant, fragile et insignifiant, bien que visible et répandu. 

Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas cette simple vérité. Ils sont dupés par le faux éclat du mal qui prend différents aspects, les scènes indécentes qui sont exposées partout, les péchés qui deviennent chose banale, les commerçants qui trichent, les employés qui mentent et les injustices commises envers la nation musulmane à laquelle on renie ses droits. En somme, toutes les formes du mal.

 

L’impression du mal sur les hommes.

Lorsque la vérité est invisible aux gens, ils sont dupés par le mal, le craignent, essayent de l’imiter et mésestiment le bien qu’ils possèdent. Nous voyons par exemple beaucoup de gens parler d’un certain individu qui a réussi dans son commerce au moyen du vol, de la tricherie et de la fraude. Mais comme tout le monde agit ainsi, ils n’ont aucun scrupule à l’imiter.

La sourate vient dire à ce genre de personnes : Même s’il est très répandu, le mal est toujours fragile, sans racine, tandis que la vérité, même si elle est soustraite aux regards, est stable et bien ancrée dans la terre.

 

Le Livre lisible et la vérité.

Depuis le premier verset, la sourate commence par affirmer qu’Allah (que Son nom soit glorifié et exalté) est La Vérité : “Alif, Lām, Mīm, Rā. Voici les versets du Livre; et ce qui t’a été révélé par ton Seigneur est la vérité; mais la plupart des gens ne croient pas.” Après la mention du Livre d’Allah, les versets 2 et 3 parlent de Sa puissance dans l’univers. Ils s’adressent aux hommes pour leur dire : Si vous ne croyez pas le Livre lisible (Le Coran), observez le Livre visible (l’univers).

Allah est Celui qui a élevé [bien haut] les cieux sans piliers visibles. Il S’est établi [istawâ] sur le Trône et a soumis le soleil et la lune, chacun poursuivant sa course vers un terme fixé. Il règle l’Ordre [de tout] et expose en détail les signes afin que vous ayez la certitude de la rencontre de votre Seigneur. * Et c’est Lui qui a étendu la terre et y a placé montagnes et fleuves. Et de chaque espèce de fruits Il y établit deux éléments de couple. Il fait que la nuit couvre le jour.” versets 2, 3.

Allah (que Son nom soit glorifié) a deux Livres qui nous guident vers Lui. Chacun de ces Livres confirme l’autre et le présente : Le Livre lisible (le Coran) demande au Musulman d’observer le Livre visible à travers plusieurs versets comme les précédents. D’un autre côté, le Livre visible renforce la foi dans le Coran.

 

Le Livre visible et la vérité.

Qui est l’Organisateur, le Puissant, Maître de l’univers ? Lequel suivez-vous, Lui ou le mal?

Ainsi la sourate continue-t-elle à parler du Livre visible d’Allah (l’univers) et comment il démontre la majesté du Créateur (que Son nom soit exalté et glorifié) :

Et sur la terre il y a des parcelles voisines les unes des autres, des jardins [plantés] de vignes, et des céréales et des palmiers, en touffes ou espacés, arrosés de la même eau, cependant Nous rendons supérieurs les uns aux autres quant au goût. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent.” verset 4.

La beauté de cette sourate vient de ce qu’elle nous fait atterrir dans le royaume d’Allah, pour nous faire admirer l’univers et ses merveilles de haut en bas. Les versets de 2 à 4 partent du ciel, pour passer par le soleil et la lune, la terre, les montagnes et les fleuves. Après, il y a les terres agricoles “des parcelles voisines” avec la diversité de leurs fruits. C’est comme si nous descendions en avion du ciel “sans piliers visibles” pour arriver aux “parcelles voisines” avec la même eau qui arrose tous les genres de plantes provenant d’Allah (que Son nom soit glorifié).

 

Leurs paroles sont étranges.

Après tous ces versets et ces preuves, Allah (que Son nom soit glorifié) commente : “Et si tu dois t’étonner, rien de plus étonnant que leurs dires: «Quand nous seront poussière, reviendrons-nous vraiment à une nouvelle création?»verset 5.

Vous étonnez-vous après avoir vu toute cette majesté dans l’univers de voir comment Allah (que Son nom soit glorifié) peut ressusciter les gens après la mort ?

Comment quelqu’un avec un cerveau sain peut-il douter de la puissance d’Allah (que Son nom soit glorifié). Aussi les versets suivants se concentrent-ils sur une autre manifestation de Sa puissance, le rassemblement des contraires dans l’univers.

 

Allah Seul les réunit.

La sourate commence avec la présentation des contraires dans cet univers étrange. Trente-deux phénomènes contraires dans leurs natures, impossibles à réunir par n’importe qui à part Allah (que Son nom soit glorifié et exalté). Voyez les preuves de Sa majesté à travers ces contraires : “... gestation dans la matrice est écourtée ou prolongée...verset 8.Sont égaux pour lui, celui parmi vous qui tient secrète sa parole, et celui qui la divulgue, celui qui se cache la nuit comme celui qui se montre au grand jour.”, crainte et espoir”, “bon gré mal gré”, “l’aveugle et celui qui voit”, “les ténèbres et la lumière”, “la Vérité et le Faux”, “étend largement ... restreint ... ici-bas ... l’au-delà ” “ efface ou confirmeversets 10, 12, 15, 16, 17, 26, 39.

C’est comme si ces splendides versets nous disaient : Comment ne vous soumettez-vous pas à Allah (que Son nom soit glorifié), La Vérité absolue, qui possède tout l’univers avec tous les contraires qui s’y trouvent, et les unit pour appuyer l’idée principale de la sourate : La vérité est forte et stable et le mal faible et périssable.

 

Le bonheur illusoire.

Les versets continuent et nous donnent trois exemples qui servent l’objectif de la sourate. Le premier est la clef de la sourate, le verset 14 qui dit : “A Lui l’appel de la Vérité”.

Le chemin d’Allah est la vérité absolue “A Lui l’appel de la Vérité ” et qu’en est-il du mal, comment est-il : “Ceux qu’ils invoquent en dehors de Lui ne leur répondent d’aucune façon; semblables à celui qui étend ses deux mains vers l’eau pour la porter à sa bouche, mais qui ne parvient jamais à l’atteindre.” Il n’y a pas de plus belle description du bien et du mal que celle du Coran.

Allah (que Son nom soit glorifié et exalté) nous décrit celui qui court derrière le mal comme un homme qui regarde l’eau et essaie de la porter à sa bouche sans y parvenir. Ainsi le cœur de celui qui poursuit le mal se mettra à courir derrière un bonheur illusoire qu’il pense trouver dans une coupe de boisson alcoolisée, une chanson impudique qu’il répète ou de l’argent gagné illicitement. Mais il n’y arrivera pas, de même qu’on ne peut arriver à toucher sa bouche reflétée dans l’eau, “ne parvient jamais à l’atteindre ”.

Il ne faut pas se laisser leurrer par le mal, s’il est brillant et coloré et prend l’aspect de réceptions où dansent des jeunes gens de façon effrontée, même si certains pensent que c’est du courage, du progrès et de la modernité. Le mal est certainement précaire et le bien authentique.

 

Le mal ... de l’écume à la surface de l’eau.

Allah (que Son nom soit glorifié)  nous donne un autre exemple magnifique pour certifier que le bien est fort et stable même s’il n’est pas visible et que le mal est fragile et insignifiant même s’il est à la surface et s’enfle. Voyez le verset 17 :Il a fait descendre une eau du ciel à laquelle des vallées servent de lit, selon leur grandeur.” L’eau qui descend du ciel représente les révélations qui descendent avec le bien. Mais que font-elles ? “des vallées servent de lit, selon leur grandeur ” Voyez la force de l’eau et sa majesté et comment elle a pénétré dans la vallée en apportant le bien aux gens. Mais qu’est-il arrivé : “Le flot débordé a charrié une écume flottanteverset 17. Des choses qui n’ont aucune valeur comme de la paille et des résidus assemblés à la surface de l’eau cachent la matière qui a de la valeur. Le bien se trouve submergé. L’eau nécessaire à l’agriculture est en bas et les résidus inutiles forment l’écume à la surface.

Un autre exemple splendide : “semblable à celle-ci est [l’] écume provenant de ce qu’on porte à fusion, dans le feu pour [fabriquer] des bijoux et des ustensiles.” verset 17.

Lorsqu’une pièce d’or est mise dans le feu pour tester sa pureté, les impuretés montent à la surface et l’or demeure en bas, le même principe que pour l’eau. C’est comme si Allah (que Son nom soit glorifié) nous disait : Cela est de l’eau et ceci du feu mais le principe est le même. Le mal et le bien restent également tels qu’ils sont dans leur substance et leur vérité. Le mal, fragile, flottera à la surface et le bien, stable et ancré, restera au fond.

 

Ainsi Allah propose des paraboles.

Un commentaire vient à la suite de ces deux exemples pour certifier leur conformité avec l’objectif de la sourate : “Ainsi Allah représente en parabole la Vérité et le Faux verset 17. Quel sera donc le sort des deux ?

l’écume [du torrent et du métal fondu] s’en va, au rebut, tandis que [l’eau et les objets] utiles aux Hommes demeurent sur la terreverset 17.

Vivons donc pour la vérité avec ses partisans mentionnés par le verset 14 :

La meilleure [fin] est pour ceux qui répondent à [l’appel] de leur Seigneur.” verset 18.

 

Pourquoi “Le Tonnerre” ?

Pourquoi Allah (que Son nom soit glorifié) a-t-Il choisi ce nom pour la sourate ? Parce que le tonnerre est un exemple de la contradiction. Du point de vue scientifique, il porte en lui des charges électriques positives et négatives et du côté spirituel il provoque l’effroi et la peur mais porte en même temps le bien et la pluie aux gens. De l’extérieur sa voix gronde d’une façon terrible et de l’intérieur il chante les louanges d’Allah (que Son nom soit glorifié). Allah dit : “Le tonnerre Le glorifie par Sa louange, et aussi les Anges, sous l’effet de Sa crainte. Et Il lance les foudres dont Il atteint qui Il veut. Or ils disputent au sujet d’Allah alors qu’Il est redoutable en Sa force.” verset 13.

C’est comme si les signes d’Allah dans l’univers mentionnés dans la sourate et en tête le tonnerre nous adressaient le même message qui nous dit de ne pas nous laisser leurrer par les apparences mais de voir les choses en profondeur.

 

La majesté du Coran.

Après que les versets aient énuméré les marques du Livre d’Allah visible (l’univers) et éclairé la vérité et le mal, on peut lire une parabole magnifique sur Le Livre d’Allah lisible :

S’il y avait un Coran à mettre les montagnes en marche, à fendre la terre ou à faire parler les morts (ce serait celui-ci). C’est plutôt à Allah le commandement tout entier.” verset 31.

Ce verset signifie que s’il y avait quelque chose qui pouvait faire bouger les montagnes et la terre ou réveiller les morts, cela serait ce Coran. D’ailleurs, rien ne fait bouger ce splendide univers que le Coran parce qu’Il est la vérité absolue sur terre comme Allah (que Son nom soit glorifié) le dit : “A Lui l’appel de la Vérité verset 14.

Nous devons lire sourate Ar-Ra‘d et vivre avec la vérité révélée par notre Seigneur. Les paroles d’Allah (que Son nom soit glorifié), le Coran et le chemin vers le bien et la réussite sont la vérité. Après avoir lu cette noble sourate, attention de ne pas nous laisser leurrer par le mal même s’il s’enfle et remonte à la surface, au dessus du bien, parce qu’il est précaire et sans racines.

 


Sourate ’Ibrâhîm (Abraham)

L’objectif de la sourate : la grâce de la foi et la punition de la mécréance.

Quelle est la meilleure grâce dont Allah vous a gratifié ? A cette question, nombreux sont ceux qui répondront en énumérant des choses matérielles (épouse, enfants, maison, argent).Et si par exemple ils sont questionnés à propos de la plus grande catastrophe qui leur soit arrivée, ils nomment des malheurs de ce monde, une perte d’argent ou l’échec d’une transaction. Mais sourate ’Ibrâhîm (Abraham) vient corriger cette conception et démontrer que la foi est la plus importante des grâces.

 

Est-ce que les ténèbres et la lumière s’équivalent ?

La sourate est une rencontre continue entre le bien et le mal, les croyants et les mécréants, la lumière et les ténèbres. Son début appuie ce sens :“Alif, Lām, Rā. (Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange.verset 1. Verset qui semble dire : Ô Homme, observe les ténèbres et la lumière, admire la grâce d’Allah, que Son nom soit glorifié, et choisis entre les deux.

 

Deux faces pour un seul jour.

Le verset 5 confirme le même sens dans l’histoire de Moïse (la paix sur lui) : “Nous avons certes, envoyé Moïse avec Nos miracles [en lui disant]: «Fais sortir ton peuple des ténèbres vers la lumière, et rappelle-leur les jours d’Allah». [Ses bienfaits]. Dans tout cela il y a des signes pour tout homme plein d’endurance et de reconnaissance.”

Quelle relation y a-t-il entre les “jours d’Allah” (que Son nom soit glorifié), l’endurance et la reconnaissance ? Ces “jours” sont ceux où Allah a anéanti les injustes de toutes les communautés et sauvé les pieux. Ils furent une punition pour les premiers et une grâce pour les seconds. Le croyant en tire une leçon qui l’aide à patienter et à supporter les maux. “Dans tout cela il y a des signes pour tout homme plein d’endurance et de reconnaissance”. Moïse continua, comme il en a reçu l’ordre, à communiquer le message de son Seigneur et à rappeler la meilleure grâce reçue de la part d’Allah : “(Rappelle-toi) quand Moïse dit à son peuple: «Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous quand Il vous sauva des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment. Ils massacraient vos fils et laissaient en vie vos filles. Il y avait là une dure épreuve de la part de votre Seigneur»verset 6.

La voie d’Allah est celle de la grâce et de la dignité et le reste n’est qu’abaissement et humiliation comme mentionné dans les propos tenus par Moïse.

 

Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous ...

Vient ensuite une règle générale et une promesse divine à tous ceux qui ont de la gratitude envers les grâces d’Allah : Et lorsque votre Seigneur proclama: «Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible».” verset 7. Le verset se rapporte à toutes les grâces d’Allah de façon générale. Mais comme il figure parmi des versets qui parlent de la grâce de la foi, il s’agit surtout d’insister sur l’importance de la foi. Cette gratitude dont Allah n’a nul besoin parce qu’Il se suffit à Lui-même, nous vaudra un surplus de Sa part si nous l’exprimons: “Et Moïse dit: «Si vous êtes ingrats, vous ainsi que tous ceux qui sont sur terre, [sachez] qu’Allah Se suffit à Lui-même et qu’Il est digne de louange.” verset 8.

 

La mission des prophètes.

Les versets abordent ensuite la confrontation entre les croyants et les mécréants. Et comme la sourate traite de la grâce que représente la foi, et du châtiment que représente la mécréance, elle ne mentionne pas chaque prophète isolement. Contrairement aux sourates précédentes qui parlaient de chacun d’entre eux et de sa communauté, cette sourate met en scène tous les prophètes avec tous les mécréants comme dans ce verset : “Et ceux qui ont mécru dirent à leurs messagers” ... “Leurs messagers dirent: «Y a-t-il un doute au sujet d’Allah, Créateur des cieux et de la terre, qui vous appelle pour vous pardonner une partie de vos péchés ... ” verset 10.

Avez-vous jamais pensé à l’importance de cette grâce ? Allah (que Son nom soit glorifié) avec toute Sa majesté et Sa puissance vous appelle pour vous pardonner vos péchés alors qu’Il n’a nul besoin de vous.

Voyez les prophètes confirmer une seconde fois que leur foi et leur connaissance d’Allah est la plus majestueuse des grâces : “Mais Allah favorise qui Il veut parmi Ses serviteurs ...” verset 11.

 

Des grâces ... et des punitions.

Diverses grâces et punitions se succèdent dans la sourate. Allah dit : “et vous établirons dans le pays après eux. Cela est pour celui qui craint Ma présence et craint Ma menace». verset 14.

En contrepartie des avertissements très forts viennent ensuite dans les versets : “L’Enfer est sa destination et il sera abreuvé d’une eau purulente * qu’il tentera d’avaler à petites gorgées. Mais c’est à peine s’il peut l’avaler. La mort lui viendra de toutes parts, mais il ne mourra pas; et il aura un châtiment terrible. * Les œuvres de ceux qui ont mécru en leur Seigneur sont comparables à de la cendre violemment frappée par le vent, dans un jour de tempête ...versets 16-18.

De nombreux versets suivent jusqu’au discours d’Iblîs (Satan) en Enfer, le châtiment ultime pour ceux qui le méritent.

 

Discours d’Iblîs (Satan).

Et quand tout sera accompli, le Diable dira: «Certes, Allah vous avait fait une promesse de vérité; tandis que moi, je vous ai fait une promesse que je n’ai pas tenue. Je n’avais aucune autorité sur vous si ce n’est que je vous ai appelés, et que vous m’avez répondu.verset 22. Imaginez la consternation de ceux qui entendront ces paroles ! Comment pouvez-vous lui obéir sachant qu’il se rétractera en disant : “... Ne me faites donc pas de reproches; mais faites-en à vous-mêmes. Je ne vous suis d’aucun secours et vous ne m’êtes d’aucun secours. Je vous renie de m’avoir jadis associé [à Allah]». Certes, un châtiment douloureux attend les injustes [les associateurs].” verset 22.

Y a-t-il de plus grande punition ?

 

La bonne parole.

La sourate continue jusqu’à un verset capital qui affirme que la foi est la grâce la plus majestueuse et nous propose cette parabole : “N’as-tu pas vu comment Allah propose en parabole une bonne parole pareille à un bel arbre dont la racine est ferme et la ramure s’élançant dans le ciel?” * Il donne à tout instant ses fruits, par la grâce de son Seigneur. Allah propose des paraboles à l’intention des gens afin qu’ils s’exhortent.” versets 24, 25. Comme les arbres qui produisent de beaux fruits, l’arbre de ‘Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah’, aux racines ancrées et aux ramures élevées, produit des personnes croyantes (Les gens du Coran, ceux qui invitent à Allah, les personnes positives et tous les pieux qui font le bien). Avec la permission de son Seigneur cet arbre donne ses fruits à tout instant : des bonnes actions dont les bienfaits demeurent après la mort de ceux qui les ont accomplies.

Par contre la formule de la mécréance est inconsistante et vicieuse, sans racines : “Et une mauvaise parole est pareille à un mauvais arbre, déraciné de la surface de la terre et qui n’a point de stabilité.” verset 26.

Les versets suivants poursuivent le même objectif, la grâce de la foi et le châtiment de la mécréance, avec un verset précis : “Ne vois-tu point ceux qui troquent les bienfaits d’Allah contre l’ingratitude et établissent leur peuple dans la demeure de la perdition.verset 28.

Quel sera leur châtiment ? “... l’Enfer, où ils brûleront? Et quel mauvais gîte!

Attention de négliger la grâce de la foi donnée par Allah et d’être ingrat envers elle. Attention d’être de ceux qui “...ont donné à Allah des égaux afin d’égarer (les gens) de Son sentier.verset 30.

Comment remercier Allah pour cette grâce : “Dis à Mes serviteurs qui ont cru, qu’ils accomplissent la alāt et qu’ils dépensent [dans le bien] en secret et en public de ce que Nous leur avons attribué, avant que vienne le jour où il n’y a ni rachat ni amitié.” verset 31.

 

“Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez les dénombrer”

La sourate continue à énumérer d’autres exemples des grâces d’Allah : “Allah, c’est Lui qui a crée les cieux et la terre et qui, du ciel, a fait descendre l’eau ... ... Il a soumis à votre service les vaisseauxverset 32.

Et pour vous, Il a assujetti le soleil et la lune à une perpétuelle révolution. Et Il vous a assujetti la nuit et le jour.” verset 33.

Pourquoi toutes ces grâces sont-elles entre nos mains ? Pour connaître Allah (que Son nom soit glorifié), reconnaître Son bienfait et suivre sa doctrine.

Le verset 34 nous dit : “Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez les dénombrer.” Dans le verset, le terme arabe “ne‘ma” est au singulier pour exprimer les bienfaits d’Allah et les multiples bienfaits d’une seule de Ses grâces. Si nous considérons par exemple les bienfaits du soleil seul, nous ne pourrons pas les dénombrer. Que penser alors de la plus majestueuse des grâces, celle de la foi et de la connaissance de Sa doctrine.

 

L’exemple d’Abraham.

A la fin, la sourate nous propose une comparaison entre deux modèles, celui d’un homme comme Abraham qui a ressenti la grâce d’Allah, et celui d’autres personnes qui ont vécu loin de Lui se faisant du tort à eux-mêmes et à leur société.

La gratitude d’Abraham était évidente : “Louange à Allah, qui en dépit de ma vieillesse, m’a donné Ismaël et Isaac. Certes, mon Seigneur entend bien les prières.”  verset 39. Il priait Allah de lui donner une grâce encore plus importante et plus majestueuse que celle de la progéniture, celle de le maintenir dans sa religion ainsi que sa descendance au moyen de la Salât (prière) :“Ô mon Seigneur! Fais que j’accomplisse assidûment la alāt ainsi qu’une partie de ma descendance; exauce ma prière, ô notre Seigneur! * Ô notre Seigneur! Pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère et aux croyants, le jour de la reddition des comptes».” versets 40, 41.

Voyez la tendresse d’Abraham qui invoque Allah pour nous et pour nos enfants, afin qu’Il nous garde parmi ceux qui prient.

 

“Et avertis les gens du jour où le châtiment les atteindra”

La sourate se termine par les versets du Coran les plus durs envers les injustes éloignés d’Allah :

Et ne pense point qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Ils leur accordera un délai jusqu’au jour ou leurs regards se figeront.”* Ils courront [suppliant], levant la tête, les yeux hagards et les cœurs vides. * Et avertis les gens du jour où le châtiment les atteindra et ceux qui auront été injustes diront: «Ô notre Seigneur accorde-nous un court délai, nous répondrons à Ton appel et suivrons les messagers». - N’avez-vous pas juré auparavant que vous ne deviez jamais disparaître?versets 42-44.

 

Y a-t-il de plus grande punition, humiliation ou abaissement ?

La plus grande grâce sera d’être sauvé de cette situation, et la plus grande punition sera d’être parmi ceux dont Allah dit : “Et ce jour-là, tu verras les coupables, enchaînés les uns aux autres, leurs tuniques seront de goudron et le feu couvrira leurs visages.” versets 49, 50.

C’est la sourate Abraham qui traite de la grâce de la foi et du châtiment de la mécréance. Elle porte ce nom parce qu’Abraham a reconnu entièrement la grâce d’Allah et l’en a remercié.

Remerciez Allah en lisant cette majestueuse sourate pour renforcer votre foi, car Il a dit : “Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous.”

 

 

 


Sourate Al-Hijr[1]

Sourate Al-Hijr fut révélée à la Mecque, après sourate Yoûssouf. Elle vient dans l’ordre du Coran après sourate ‘Ibrâhîm et comprend quatre-vingt dix-neuf versets.

Elle fut révélée à une époque où toutes sortes de persécutions étaient exercées contre le Prophète et les Musulmans. C’était un temps semblable au nôtre où l’Islam était considéré d’un œil plein d’accusation, de suspicion et de raillerie.

La moquerie peut être parfois plus pénible que l’agression physique. Il est très dur pour quelqu’un de se voir entouré de gens plus forts et plus nombreux qui se raillent de lui, surtout s’il est sûr d’avoir raison. Sourate Al-Hijr est venue rassurer le Prophète et tous ses partisans de tous les temps et leur dire : Ne craignez rien, Allah vous garde et Il préservera Sa religion, comptez sur Lui, ne vous laissez pas éblouir par la force de vos ennemis et continuez votre Da‘wa (invitation à Allah).

C’est une sourate pour ceux qui invitent à Allah, pour ceux qui aiment l’Islam et y sont attachés. Elle montre la protection et le soin d’Allah pour ceux dont les gens se raillent à cause de leur attachement à leur religion. Elle s’adresse aux jeunes filles qui subissent des railleries à cause de leur Hijâb. Elle leur dit : Ayez confiance en Allah, ne soyez pas éblouis par la force de vos ennemis, continuez votre Da‘wa (invitation à la religion) et guidez les gens vers l’Islam.

 

L’objectif de la sourate.

L’objectif de la sourate est donc clair : Allah préserve Sa religion et ses adeptes. Ne soyez donc pas éblouis, vous les Musulmans, par telle ou telle autre civilisation. Ne faites pas non plus attention à la moquerie des autres et à leurs doutes. Concentrez-vous sur la Da‘wa (invitation à Allah) et l’adoration d’Allah. C’est un message rassurant et encourageant pour tous ceux qui craignent pour l’Islam dans les circonstances difficiles que nous traversons.

Cette idée est présente du début à la fin de la sourate. Au début : “Laisse-les manger, jouir (un temps), et être distraits par l’espoir; car bientôt ils sauront!verset 3.

Et à la fin : “Et Nous savons certes que ta poitrine se serre, à cause de ce qu’ils disent.* Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent” versets 97, 98.

Les versets insistent à ce que le croyant,  ne se laisse pas éblouir par la force des autres. Il doit se concentrer sur sa religion et la pratique du culte comme le Dhikr (mention du nom d’Allah) et la prière et s’y conformer jusqu’à la mort : “et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude (la mort).” verset 99.

 

Les versets de la préservation.

La sourate signale ce qu’Allah préserve:

 

1.      Préservation du Coran :

En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien”  N’oubliez pas que le Livre qui comprend la charte qui régit votre vie est préservé. Et Allah, qui est capable de le préserver, peut sauvegarder Sa religion et ceux qui y invitent.

 

2.      Préservation des cieux :

Allah les a préservés des diables et en a fait un plaisir pour les yeux : “Certes Nous avons placé dans le ciel des constellations et Nous l’avons embelli pour ceux qui regardent.* Et Nous l’avons protégé contre tout diable banni. *A moins que l’un d’eux parvienne subrepticement à écouter, une flamme brillante alors le poursuit.versets 16, 17, 18.

 

 

3.      Préservation de la terre :

 “Et quant à la terre, Nous l’avons étalée et y avons placé des montagnes (immobiles) et y avons fait pousser toute chose harmonieusement proportionnée.”  verset 19. Si les cieux et la terre sont si bien gardés, comment pensez-vous qu’Allah préservera Son Livre et Sa religion !

 

 

4.      Préservation de la subsistance :

Et quant à la terre, Nous l’avons étalée et y avons placé des montagnes (immobiles) et y avons fait pousser toute chose harmonieusement proportionnée.* Et Nous y avons placé des vivres pour vous, et (placé aussi pour vous) des êtres que vous ne nourrissez pas.* Et il n’est rien dont Nous n’ayons les réserves et Nous ne le faisons descendre que dans une mesure déterminée.” versets 19-21. Le Coran, le ciel et les croyants sont préservés…

 

 

5.      Préservation des croyants des complots de Satan :

Sur Mes serviteurs tu n’auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés.” verset 42.

 

 

6.      Notons que les versets qui annoncent la bonne nouvelle du Paradis

aux croyants mentionnent également la préservation : “«Entrez-y en paix et en sécurité». verset 46.Nulle fatigue ne les y touchera. Et on ne les en fera pas sortir.” verset 48.

 

Le croyant est gardé tout comme le Livre d’Allah, comme les cieux et les subsistances qui sont sauvegardés pour son bénéfice, pour son salut et le salut de son coeur.

 

Iblîs (Satan) et Adam.

Comme nous l’avons mentionné auparavant, tous les récits qui se trouvent dans une sourate viennent soutenir son objectif. Le récit d’Adam et Iblîs (Satan) suit la même règle mais, cette histoire qui dans le Coran se concentre en général sur Adam, ne le mentionne pas ici. C’est Iblîs qui parle Il dit: «Ô mon Seigneur, donne-moi donc un délai jusqu’au jour où ils (les gens) seront ressuscités».* [Allah] dit: «tu es de ceux à qui ce délai est accordé, jusqu’au jour de l’instant connu» [d’Allah].* Il dit: «Ô mon Seigneur, parce que Tu m’as induit en erreur, eh bien je leur enjoliverai la vie sur terre et les égarerai tous, à l’exception, parmi eux, de Tes serviteurs élus.»versets 36, 37, 38, 39.

Mais comment Iblîs s’y prend-il pour suborner : Il embellit le mal sur terre pour éblouir les gens. Un éblouissement qui défigure le bien, détourne les pensées et trouble beaucoup les coeurs faibles. Mais les serviteurs loyaux d’Allah sont sauvegardés de par Sa volonté et voici la réponse à l’ennemi d’Allah : “« [Allah] dit: voici une voie droite [qui mène] vers Moi. *Sur Mes serviteurs tu n’auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés. ” versets 41, 42.

Cette sourate est donc celle de la préservation. Si l’homme, le Coran et les subsistances sont sauvegardés, comme les cieux l’ont été avant, à quoi bon ressentir de la crainte ? Cette sourate fut révélée à l’apogée des persécutions des polythéistes contre les Musulmans pour rassurer le Prophète et ses Compagnons et leur dire qu’ils sont protégés de même que tous ceux qui invitent à Allah. Chacun est sauvegardé tant qu’Il est en relation avec Allah :

Sur Mes serviteurs tu n’auras aucune autorité ...” C’est Allah (que Son nom soit glorifié) qui dit cela. Regardez la douceur du verset qui nous protège contre notre ennemi. Nous devons ressentir la fierté d’être placés dans la catégorie des serviteurs d’Allah : “excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés.” Ces derniers sont ceux qui ont choisi la voie de Satan et ils sont privés de la sauvegarde divine. Satan reconnaît tout cela, devant Allah Le Tout-Honorable, et dit : “à l’exception, parmi eux, de Tes serviteurs élusverset 42.

Puisque nous sommes préservés et que la garde est garantie par Allah, nous n’avons rien à craindre.

 

Ceux du Hijr.

Pourquoi est-ce que la sourate a été nommée Al-Hijr ? C’est le nom de l’endroit où habitait Tamūd  le peuple du prophète Sâleh (la paix sur lui). Mais quelle relation y a-t-il entre cela et la sauvegarde ?

Les habitants d’Al-Hijr ont renié les signes d’Allah et rejeté la foi. Ils sentirent qu’Allah allait leur envoyer un châtiment et ils recherchèrent un endroit où ils pourraient se mettrent à l’abri mais ne trouvèrent qu’Al-Hijr. Ils se construisirent une ville ravissante et se creusèrent des habitations dans la montagne en toute sécurité. Les versets disent : “Certes, les gens d’al-Hijr ont traité de menteurs les messagers.* Nous leur avons montré Nos miracles, mais ils s’en étaient détournés.* Et ils taillaient des maisons dans les montagnes, vivant en sécurité.” versets 80-82. Ils ont pensé que leur installation à l’intérieur de la montagne pourrait les sauvegarder. Ils y creusèrent des habitations pour se garantir contre les inondations et les changements atmosphériques. Mais que leur est-il arrivé?

Puis, au matin, le Cri les saisit.” verset 83. Rien ne protège de ce Cri, ni mur ni montagne ni rien d’autre. Il leur est venu au matin quand le monde est toujours plein d’espoir et pas la nuit quand la crainte rôde. Nous en comprenons que la sauvegarde n’est garantie que par Allah.

Il ne faut pas se laisser éblouir par eux. C’est pour cela qu’Allah nous a rappelé Sa puissance au début de la sourate et que le châtiment de Tamūd fut l’un des plus particuliers parmi les nations. Le Cri était un son terrible que rien ne pouvait arrêter, ni mur, ni vent, ni eau, ni pierre.

Ainsi la sourate a reçu ce nom de Al-Hijr pour être un symbole de la puissance des civilisations, nous apprendre à ne pas nous laisser éblouir par les autres et nous faire savoir qu’il n’y a pas d’autre gardien à part Allah.

 

L’histoire de Loût (Loth, la paix sur lui).

L’histoire de Loth vient appuyer ce sens avec des signes clairs. Le châtiment est parvenu au peuple de Loth quand il était dans la plus grande dépravation : “Par ta vie! Ils se confondaient dans leur délire.verset 72. Il leur est également venu au matin : “Et Nous lui annonçâmes cet ordre: que ces gens-là, au matin, seront anéantis jusqu’au dernier.” verset 66. ... “Alors, au lever du soleil le Cri (la catastrophe) les saisit. ” verset 73.

 

Directives pour la Da‘wa.

Après que le lecteur de la sourate ait conçu l’ampleur de la sauvegarde divine, son importance et l’exclusivité de sa bienfaisance, des conseils importants pour la Da‘wa viennent commenter la sourate et réaliser son objectif :

 

1.      Nous t’avons certes donné «les sept versets que l’on répète»,

ainsi que le Coran sublime.” verset 87. Face à tout ce que les autres ont comme puissance et apparences matérielles, Allah nous a donné sourate Al-Fâtiha et le majestueux Coran (Rappelez-vous de sourate Al-Fâtiha et ses merveilleux sens ?). Tenez à ce qu’Allah vous a donné, appréciez sa valeur et ne regardez pas autre chose. Le verset suivant dit :

 

2.      Ne regarde surtout pas avec envie les choses dont Nous avons

donné jouissance temporaire à certains couples d’entre eux, ne t’afflige pas à leur sujet et abaisse ton aile pour les croyants.” verset 88. Mes frères, ne soyez pas éblouis par les biens matériels des autres civilisations, soyez fiers de votre religion et humbles envers vos frères. Ne soyez pas aveuglés par la technologie de l’Occident ou son développement urbain car la loi divine qui a été appliquée au peuple de Al-Hijr et qui dit “Il n’y a d’autre protecteur qu’Allah” s’applique à lui également.

 

3.      Expose donc clairement ce qu’on t’a commandé et détourne-

toi des associateurs.” verset 94. Pratiquez votre Da‘wa (invitation à Allah) publiquement malgré tout ce à quoi vous vous exposez parce que c’est Allah qui garde. Ce verset annonçait la période de transition entre la Da‘wa en secret et celle en publique à l’époque du Prophète (BP sur lui). Les Compagnons s’en inquiétaient beaucoup mais ce verset est venu les rassurer en leur annonçant qu’ils sont préservés malgré les railleries : “Expose donc clairement ce qu’on t’a commandé et détourne-toi des associateurs.* Nous t’avons effectivement défendu vis-à-vis des railleurs.” versets 94, 95.

 

4.      Et Nous savons certes que ta poitrine se serre, à cause de ce

qu’ils disent.* Glorifie donc Ton Seigneur par Sa louange et sois de ceux qui se prosternent *et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude (la mort).” versets 97, 98, 99. La raillerie est ennuyeuse et, bien que le Musulman soit convaincu de la sauvegarde d’Allah, les paroles des autres peuvent le rendre confus. Le verset présente le remède au problème et constitue une fin superbe à la sourate de la préservation (comme si c’était une application pratique pour sentir la sauvegarde divine). Puisqu’il est préservé, il lui faut louer Allah, le glorifier jusqu’à la mort et ignorer les railleurs. Leur fin ne sera pas différente de celle des gens de Al-Hijr.

 

Ö vous les Musulmans, occupez-vous de votre religion, élevez-vous, et laissez les autres à Allah. Vous bénéficierez de Sa grâce, de Sa protection dans ce monde et du Paradis dans l’autre. 

 

 

 

 


Sourate An-Nahl (Les abeilles)

Sourate An-Nahl révélée après sourate Al-Kahf est mecquoise. Elle vient dans l’ordre du Coran après sourate Al-Hijr et comprend cent vingt-huit versets. Les savants disent que c’est la sourate des grâces.

 

Mentionnez-les ... et rendez grâce pour elles.

Si, après avoir inscrit sur un papier les grâces reçues d’Allah, l’un d’entre nous lit sourate An-Nahl, il les y retrouvera toutes. S’il commence par la lecture et note les grâces rencontrées, il trouvera toutes celles auxquelles il aurait pu penser.

C’est donc la sourate des grâces. Elle dit au lecteur : Observe les bienfaits d’Allah dans l’univers ! La sourate expose tous Ses bienfaits sans exception, ceux qui sont essentiels comme les nécessités de la vie, et ceux qui sont cachés, oubliés ou même inconnus. Après l’énumération de chaque catégorie, un verset vient rappeler que ce sont des dons d’Allah : “Et tout ce que vous avez comme bienfait provient d’Allah.” verset 53. Ou bien également : “Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrerverset 18. D’autres versets viennent également avertir, entre les passages parlant des bienfaits, de ne pas utiliser ces grâces dans la désobéissance à Allah. Les versets nous exhortent à les employer dans le but pour lequel elles ont été créées.

 

Sourate ’Ibrâhîm (Abraham) et sourate An-Nahl

On pourrait se poser la question suivante : Sourate ’Ibrâhîm traite des grâces d’Allah, quelle est alors sa relation avec sourate An-Nahl ?

Sourate ’Ibrâhîm s’est concentrée sur une seule grâce, celle de la foi, et son objectif était de montrer que c’est la plus importante. Sourate An-Nahl  passe en revue toutes les grâces, depuis la plus simple nécessité de la vie jusqu’aux plus essentielles qui sont la foi et la révélation : “Alif, Lām, Rā. (Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur ...” ’Ibrâhîm : 1.Il fait descendre, par Son ordre, les Anges, avec la révélation sur qui Il veut parmi Ses serviteurs ... ”  An-Nahl (Les Abeilles) : 2.

 

L’exposé continue.

La sourate expose les grâces d’Allah et commence par :

 

-          La grâce de la révélation, première venue dans la sourate :

Il fait descendre, par Son ordre, les Anges, avec la révélation sur qui Il veut parmi Ses serviteurs: «Avertissez qu’il n’est d’autre divinité que Moi. Craignez-Moi donc».” verset 2.

 

-          La grâce de l’existence des cieux et de la terre :

Il a créé les cieux et la terre avec juste raison. Il transcende ce qu’on [Lui] associe.” verset 3.

 

-          La grâce de la création de l’Homme :

Il a créé l’homme d’une goutte de sperme; et voilà que l’homme devient un disputeur déclaré.” verset 4.

 

-          Les grâces de la nourriture, des vêtements et des moyens de transport :

Et les bestiaux, Il les a créés pour vous; vous en retirez des [vêtements] chauds ainsi que d’autres profits. Et vous en mangez aussi.” verset 5. Ensuite : “Et les chevaux, les mulets et les ânes, pour que vous les montiez, et pour l’apparat. Et Il crée ce que vous ne savez pas.verset 8. Ce verset cite les moyens de transport disponibles au temps du Prophète (BP sur lui), et signale également tous les moyens modernes par ces mots : “Et Il crée ce que vous ne savez pas ” qui peuvent signifier les avions et les voitures, toutes des grâces d’Allah envers nous.

 

-          La grâce de l’eau descendue du ciel :

C’est Lui qui, du ciel, a fait descendre de l’eau qui vous sert de boisson et grâce à laquelle poussent des plantes dont vous nourrissez vos troupeaux.” verset 10.

 

-          La grâce des plantes :

D’elle, Il fait pousser pour vous, les cultures, les oliviers, les palmiers, les vignes et aussi toutes sortes de fruits. Voilà bien là une preuve pour des gens qui réfléchissent.” verset 11.

 

-          La grâce de l’assujettissement de l’univers à l’Homme :

Pour vous, Il a assujetti la nuit et le jour; le soleil et la lune. Et à Son ordre sont assujetties les étoiles. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent.” verset 12. Avec toute sa majesté, cet univers est soumis à l’Homme pour qu’il puisse y vivre et réaliser son vicariat. Imaginons-le non assujetti, sans oxygène ni soleil pour donner de la chaleur et de la lumière…

 

-          La grâce de la beauté de la terre :

Ce qu’Il a créé pour vous sur la terre a des couleurs diverses. Voilà bien là une preuve pour des gens qui se rappellent.” Une grâce à laquelle les gens se sont habitués au point de l’oublier. La sourate vient alors les secouer et leur rappeler ces bienfaits.

 

Aidez votre cœur.

Le rappel des grâces est important pour assainir les cœurs et, si par hasard quelqu’un oublie d’y penser, il doit suivre ce conseil :

 

-          Inscrire sur un papier les grâces connues, y méditer et éprouver de la reconnaissance pour elles.

 

-          Répéter très souvent “Louange à Allah” même en marchant.

 

-          Se rappeler les grâces d’Allah en récitant sourate Al-Fâtiha dans la Salât et penser à une grâce particulière à chaque Rak‘a (génuflexion) puis remercier Allah pour elle.

 

Le rappel des grâces aide le cœur à ressentir de la gratitude. Si nous remercions tout le temps les gens autour de nous pour ce qu’ils nous font, combien faut-il remercier Celui qui nous donne ces bienfaits et combien de fois dire “Louange à Allah” ?

 

Un surplus de grâces.

Les versets mentionnent ensuite de nouvelles grâces de la part d’Allah auxquelles nous ne nous attendons pas, comme : 

 

-          La grâce de l’assujettissement de la mer :

Et c’est Lui qui a assujetti la mer afin que vous en mangiez une chair fraîche, et que vous en retiriez des parures que vous portez.” Qui peut s’imaginer que la mer rugissante puisse donner de la chair appétissante ? Le problème avec l’Homme est qu’il s’est habitué aux grâces et sourate An-Nahl vient lui dire de se les rappeler et d’en remercier Allah.

 

-          La grâce de la création des montagnes :

Et Il a implanté des montagnes immobiles dans la terre afin qu’elle ne branle pas en vous emportant avec elle.” Allah a fait des montagnes des piquets qui stabilisent l’écorce terrestre contre les tremblements de terre comme la science moderne le dit.

 

-          La grâce de la création des étoiles :

Et au moyen des étoiles [les gens] se guident ...” Ces étoiles indiquent sa direction au voyageur et la Qibla (direction de la Ka‘ba durant la prière).

 

-          La grâce du lait des bestiaux :

Il y a certes un enseignement pour vous dans les bestiaux: Nous vous abreuvons de ce qui est dans leurs ventres, - [un produit] extrait du [mélange] des excréments [intestinaux] et du sang - un lait pur, délicieux pour les buveurs.” verset 66. Pouvons-nous nous imaginer l’endroit d’où sort le lait d’entre le sang et les excréments ? Pourtant, il sort pur sans aucune goutte de sang ni souillure : “lait pur, délicieux pour les buveurs

 

-          Les grâces de la science, de l’ouïe et de la vue :

Et Allah vous a fait sortir des ventres de vos mères, dénués de tout savoir ... ” verset 78. Il nous donne ensuite les instruments de la science : “et vous a donné l’ouïe, les yeux et les cœurs (l’intelligence), afin que vous; soyez reconnaissants.” verset 78.

 

-          La grâce des oiseaux :

N’ont-ils pas vu les oiseaux assujettis [au vol] dans l’atmosphère du ciel sans que rien ne les retienne en dehors d’Allah? Il y a vraiment là des preuves pour des gens qui croient.” verset 79.

 

Qui d’entre nous considère tout cela et en remercie Allah ? Qui d’entre nous utilise ces grâces pour parvenir à l’agrément d’Allah ?

 

Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrer.

Après l’énumération de ces grâces, vient un verset très important : “Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrerverset 18. Dénombrer quoi ? Savons-nous le nombre des grâces visibles ou invisibles ? Et, si même nous parvenons à en nommer une visible, pouvons-nous concevoir tous ses bienfaits ? Allah (que Son nom soit glorifié) dit : “Et si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne saurez pas les dénombrer.” C’est pour cela que le mot grâce est traduit dans cette version française par “bienfaits” au pluriel. De plus, Allah est “Pardonneur, et Miséricordieux.” Parce que s’Il ne l’était pas, Il aurait châtié tous les hommes pour leur manque de gratitude envers Ses grâces sublimes.

 

L’utilisation des grâces autrement que dans le but où elles ont été créées.

Parce que l’objectif de la sourate n’est pas uniquement d’énumérer les grâces d’Allah mais de nous apprendre pourquoi elles ont été créées, nous voyons après chaque groupe de grâces mentionnées, des versets qui avertissent contre leur mauvaise utilisation. (versets 19 à 29)

Le verset 24 par exemple critique ceux qui n’ont pas de considération pour la grâce de la révélation et la renient : “Et lorsqu’on leur dit: «Qu’est-ce que votre Seigneur a fait descendre?» Ils disent: «Des légendes anciennes!»” La conséquence leur sera néfaste : “Qu’ils portent donc, au Jour de la Résurrection, tous les fardeaux de leurs propres œuvres ainsi qu’une partie des fardeaux de ceux qu’ils égarent, sans le savoir ... ” verset 25.

Le verset suivant nous présente une scène terrible pour les ingrats envers les grâces divines : “Ceux qui ont vécu avant eux, certes, ont comploté, mais Allah attaqua les bases mêmes de leur bâtisse. Le toit s’écroula au-dessus d’eux et le châtiment les surprit d’où ils ne l’avaient pas pressenti.” verset 26. Par contre les versets suivants (30-32) annoncent la bonne nouvelle à ceux qui ont utilisé les grâces à bon escient : “Et on dira à ceux qui étaient pieux: «Qu’a fait descendre votre Seigneur?» Ils diront: «Un bien» ...” Voyez ces louanges divines pour ceux qui ont conçu le bienfait de la révélation dans le verset 32 qui dit : “Ceux dont les Anges reprennent l’âme - alors qu’ils sont bons - [les Anges leur] disent: «Paix sur vous! Entrez au Paradis, pour ce que vous faisiez».” En contrepartie celui-ci dit : “Ceux à qui les Anges ôtent la vie, alors qu’ils sont injustes envers eux-mêmes, se soumettront humiliés, (et diront): «Nous ne faisions pas de mal!» - «Mais, en fait, Allah sait bien ce que vous faisiez».” verset 28.

 

La grâce des messagers et de la mise sur la bonne voie.

Une grâce importante souvent rappelée dans la sourate : “Nous avons envoyé dans chaque communauté un Messager, [pour leur dire]: «Adorez Allah et écartez-vous du Tâgût»verset 36. L’envoi des messagers avec les lois d’Allah et Sa doctrine est la plus grande grâce donnée aux gens au long des siècles : “Nous n’avons envoyé, avant toi, que des hommes auxquels Nous avons fait des révélations. Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. * Nous les avons envoyés) avec des preuves évidentes et des livres saints. Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent.” versets 43, 44.

Avez-vous pensé à compter l’envoi de notre Prophète comme une des grâces d’Allah envers nous ? Et la révélation du Coran qui nous fait vivre avec Ses versets et leurs significations profondes? N’avez-vous jamais pensé à mettre en pratique les ordres d’Allah et les traditions du Prophète (BP sur lui) comme acte de gratitude envers ces deux grâces sublimes ?

 

Et tout ce que vous avez comme bienfait provient d’Allah.

Après le rappel des grâces d’Allah, le verset 53 commente ainsi : “Et tout ce que vous avez comme bienfait provient d’Allah.” Il faut remarquer que la reconnaissance est un pas vers le remerciement du Créateur, et le remerciement une condition et une garantie pour la grâce : “«Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai [Mes bienfaits] pour vous ...” verset 7.

Si le Musulman ramène toute chose à son origine, il remarquera qu’il ne possède rien. Les nécessités les plus élémentaires comme les vêtements, la nourriture et la boisson, de même que les produits des industries et des technologies les plus modernes comme les vaisseaux spatiaux, les ordinateurs et les automobiles, tous comptent sur les matières premières qu’Allah nous a assujetties et tous sont le produit du cerveau humain qui est la plus grande grâce donnée par notre Seigneur.

 

Le mauvais usage des grâces.

La sourate avertit une fois encore contre le mauvais usage des grâces. Elle nous donne l’exemple d’un groupe de gens qui invoquent Allah dans le malheur et l’oublient dans le bonheur (versets 53- 55). Quel sera leur sort ?

méconnaissant ainsi ce que Nous leur avons donné. Jouissez donc [pour un temps!] Bientôt vous saurez!verset 55. La grâce d’Allah devient en quelque sorte un appât pour eux, ainsi qu’une rémission. En effet, si les grâces se succèdent et qu’ils manquent d’en remercier Allah, s’ils les utilisent à mauvais escient, attention que cela ne soit un appât de la part d’Allah.

Un des exemples les plus hideux de la mauvaise utilisation des grâces est l’enterrement des filles vivantes : “Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde [l’envahit]. Et lorsqu’on annonce à l’un d’eux une fille, son visage s’assombrit et une rage profonde [l’envahit]. * Il se cache des gens, à cause du malheur qu’on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l’enfouira-t-il dans la terre?” Comment un homme à qui Allah a donné cette grâce peut-il ainsi l’utiliser et tuer une âme innocente ?

 

La grâce de la miséricorde et de la protection.

Parmi les grâces mentionnées dans la sourate se trouvent la miséricorde et la protection d’Allah envers Ses serviteurs : “Si Allah s’en prenait aux gens pour leurs méfaits, Il ne laisserait sur cette terre aucun être vivant.” verset 61.

Imaginez qu’Allah vous prive de Sa protection et de Sa clémence ou vous dénonce publiquement un seul jour. Que penserez-vous si vous vous levez un jour et que vous voyiez écrit sur votre porte “Il a fait ceci et cela hier ...” ou que vous voyiez écrit sur votre front les péchés commis matin et soir, ou bien si chaque péché avait une odeur ?

Une des plus grandes grâces envers nous est qu’il n’y a que le beau et le louable qui apparaisse de notre part tandis que toute la laideur des péchés est cachée. Louange à Allah et à Son obligeance !

 

La grâce de la révélation et de la pluie.

Les grâces de la révélation et de la pluie se succèdent dans la sourate :“Et Nous n’avons fait descendre sur toi le Livre qu’afin que tu leur montres clairement le motif de leur dissension, de même qu’un guide et une miséricorde pour des gens croyants.” verset 64.Allah a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Il revivifie la terre après sa mort ...” verset 65. Pourquoi est-ce que ces deux grâces sont toujours mentionnées l’une à la suite de l’autre ? Elles ont des points communs. La pluie redonne la vie à la terre et la révélation descend avec ses bienfaits et les versets qui font revivre les cœurs : “Et c’est ainsi que Nous t’avons révélé un esprit [le Coran] provenant de Notre ordre.verset 52.Est-ce que celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie ...” verset 122.

 

Les boissons alcooliques sont un mauvais usage des grâces.

Les versets reviennent de nouveau à l’avertissement contre le mauvais usage des grâces :

Des fruits des palmiers et des vignes, vous retirez une boisson enivrante et un aliment excellent.” Ce verset fut révélé avant la défense de la consommation de l’alcool. Il n’aborde pas le sujet d’un point de vue jurisprudentiel mais comme avertissement contre la mauvaise utilisation des grâces. L’alcool est produit à partir de beaux fruits, une grâce de la part d’Allah que certaines personnes ont détournée du but pour lequel elle fut créée pour s’en servir pour s’étourdir l’esprit et s’humilier. Un exemple d’une utilisation dangereuse des grâces, dans un autre but que celui pour lequel elles ont été créées.

 

Les grâces de la vie en société.

Vous vous demandez peut-être où sont les grâces de la famille et de l’épouse dans la sourate ? Le verset 72 vous répond : “Allah vous a fait à partir de vous-mêmes des épouses, et de vos épouses Il vous a donné des enfants et des petits-enfants. Et Il vous a attribué de bonnes choses.” La stabilité de la vie familiale est une des plus belles grâces qu’Allah nous donne. Ainsi le verset vient nous prévenir contre l’ingratitude à ce sujet : “Croient-ils donc au faux et nient-ils le bienfait d’Allah? * Et ils adorent, en dehors d’Allah, ce qui ne peut leur procurer aucune nourriture des cieux et de la terre et qui n’est capable de rien.” versets 72, 73.

Même les maisons que nous habitons : “Et Allah vous a fait de vos maisons une habitationverset 80. Les meubles que nous utilisons : “De leur laine, de leur poil et de leur crin (Il vous a procuré) des effets et des objets dont vous jouissez pour un certain délai. ” verset 80. Les habits que nous portons : “Et Il vous a procuré des vêtements qui vous protègent de la chaleur, ainsi que des vêtements [cuirasses, armures] qui vous protègent de votre propre violence.” verset 81. Et plus simple que tout cela : l’ombre auprès de laquelle nous nous reposons : “Et de ce qu’Il a créé, Allah vous a procuré des ombres.” verset 81.

Ensuite, vient un verset capital : “C’est ainsi qu’Allah parachève sur vous Son bienfait, peut-être que vous vous soumettez.” verset 81.

 

Le danger du mauvais usage des grâces.

Comme nous l’avons mentionné, les versets se suivent en une vague mentionnant les bienfaits, suivie de l’exhortation à la gratitude, puis l’avertissement contre le mauvais usage de ces grâces:

Ils reconnaissent le bienfait d’Allah; puis, ils le renient. Et la plupart d’entre eux sont des ingrats.” verset 83. Voyez-vous comment l’ingratitude envers les grâces d’Allah peut mener à la mécréance ?

Un verset vient avertir durement contre le manquement au serment d’Allah après qu’il nous ait donné toutes ces grâces : “Et ne faites pas comme celle qui défaisait brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée ...” verset 92.Et ne prenez pas vos serments comme un moyen pour vous tromper les uns les autres, sinon [vos] pas glisseront après avoir été fermes ...” verset 94.Et ne vendez pas à vil prix le pacte d’Allah” verset 95.Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès d’Allah dureraverset 96.

D’autres versets également avertissent contre l’ingratitude envers les grâces : “Et Allah propose en parabole une ville: elle était en sécurité, tranquille; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits d’Allah. Allah lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu’ils faisaient.” verset 112. Il aurait mieux valu faire comme Allah le dit : “Mangez donc de ce qu’Allah vous a attribué de licite et de bon. Et soyez reconnaissants pour les bienfaits d’Allah, si c’est Lui que vous adorez.” verset 114.

 

Abraham: reconnaissant pour Ses bienfaits.

La sourate se termine par l’histoire d’une personne reconnaissante envers les grâces d’Allah, Abraham (la paix sur lui). Notons que la sourate l’a qualifié d’un attribut en accord avec l’objectif de la sourate : reconnaissant pour Ses bienfaits verset 121. Après avoir été ainsi reconnaissant : “Allah l’avait élu et guidé vers un droit chemin.” verset 121.

 

Pourquoi ce titre ?

Pourquoi cette sourate a-t-elle été intitulée “Les Abeilles” et pas du nom des grâces qui la remplissent ?

Allah (que Son nom soit glorifié) dit : “[Et voilà] ce que ton Seigneur révéla aux abeilles: «Prenez des demeures dans les montagnes, les arbres, et les treillages que [les hommes] font.* Puis mangez de toute espèce de fruits, et suivez les sentiers de votre Seigneur, rendus faciles pour vous. De leur ventre, sort une liqueur, aux couleurs variées, dans laquelle il y a une guérison pour les gens.versets 68, 69.

Tout d’abord, les abeilles avec l’organisation de leur colonie et leur sécrétion du miel sont une des grandes grâces d’Allah dans l’univers. Ensuite, les versets qui disent “Seigneur révéla aux abeilles” font allusion à l’obéissance des abeilles à la révélation divine et leur conformité aux conseils pour accomplir ce qu’elles ont à faire avec précision “Prenez ... mangez ... suivez ...” Ainsi les abeilles sont un exemple du bon usage des grâces d’Allah. Parce qu’elles Lui ont obéi et ont accompli Ses ordres, Il a fait sortir de leur ventre du miel bénéfique et utile à la terre entière. Remarquez la précision de l’expression coranique qui dit “sort” et non “fais sortir” parce que si elles n’obéissent pas à la révélation avec Ses ordres elles ne produiront pas le miel. La révélation est également faite dans ce sens aux hommes, qui, s’ils s’y conforment, produiront la douceur de la sagesse et de la lumière spirituelle dans la société.

Il est à remarquer que les abeilles comptent dans leurs colonies sur les femelles et que le Coran s’adresse à elles au féminin. Les mâles n’ont d’autre rôle que l’insémination de la reine tandis que le rôle principal dans le travail et la construction revient aux femelles.

 

Le Coran et le miel ... une médecine pour les âmes et les corps.

Avec la sublimité du Coran, le terme guérison n’y est venu que deux fois : une fois au sujet du Coran et l’autre au sujet du miel. Le Coran est une médecine pour les gens tout comme le miel et, dans cette sourate, Allah a énuméré de nombreuses grâces dont la plus importante est la révélation, et nous a avertis contre leur mauvaise utilisation. Si nous faisons un bon usage du miel il nous guérira comme le Coran dont le bon usage guérit les cerveaux et les âmes.

 

Il faut payer le prix du miel.

Si après avoir su que sourate An-Nahl est celle des grâces et que, après s’être rappelé ces grâces, vous ne ressentez pas de toute votre âme que vous voulez en remercier Allah, il faut vous reprendre. Il faut apprendre de cette sourate qu’elle est celle de la gratitude et de la reconnaissance envers les grâces d’Allah. Il faut nous demander également si nous faisons un bon usage de ces grâces pour arriver à l’agrément d’Allah ou bien un mauvais usage en désobéissant à Ses ordres. Si c’est le dernier cas, il faut craindre ce verset : “Et Allah propose en parabole une ville: elle était en sécurité, tranquille; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits d’Allah. Allah lui fit alors goûter la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu’ils faisaient.” verset 112.

Celui qui fait un mauvais usage des grâces d’Allah verra sa subsistance diminuer et vivra dans l’insécurité, la pauvreté et la peur. Aussi, une des plus grandes grâces d’Allah envers Qoraïch fut : “Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison [la Ka‘ba], qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte!” Qoraïch versets 3, 4.

 

Travaux pratiques.

Que pensez-vous de faire suivre la lecture de cette sourate d’un exercice pratique qui nous permettra de mieux mettre à profit cette lecture ?

Lisons la sourate, inscrivons toutes les grâces mentionnées et rapportons chacune à un exemple particulier de notre vie (famille, nourriture, protection). Ensuite, réfléchissons comment utiliser toutes ces grâces pour parvenir à l’agrément d’Allah. Nous aurons ainsi réalisé l’objectif de cette sourate, Allah puisse-t-Il nous y aider.

 


Sourate Al-’Isra’ (Le Voyage nocturne)

Sourate Al-’Isrâ’ révélée après sourate Al-Qassas est mecquoise et vient dans l’ordre du Coran après sourate An-Nahl. Elle porte également le nom de Banî Isrâ’îl (les fils d’Israël) et comprend cent onze versets.

 

L’assemblée la plus majestueuse.

Pour parvenir à l’idée principale et à l’objectif de la sourate, nous devons revoir le récit de Al-’Isrâ’ (Le Voyage nocturne) lorsque le Prophète (BP sur lui) fut porté de la Maison sacrée (Ka‘ba) vers la Grande mosquée de Jérusalem et ensuite vers les hauts cieux. Pourquoi la sourate a-t-elle reçu ce nom et pas celui de Al-Mi‘râj (L’Ascension au Ciel)? Parce que ce grand événement de Al-’Isrâ’ coïncidait avec un autre événement tout aussi important, la réunion de l’assemblée la plus majestueuse dans l’histoire de l’humanité dans la mosquée de Jérusalem. Le meilleur de l’humanité s’y trouvait, les prophètes d’Allah depuis Adam jusqu’à Jésus (sur lui la paix), qui attendaient le Prophète pour les guider dans la prière.

 

Imam des messagers et des prophètes.

En ce lieu béni, la mosquée de Jérusalem, la prière du Prophète (BP sur lui) comme Imam (guide) devant les autres était l’indice de la transmission du Message divin et de l’étendard du commandement de l’humanité à la Umma (nation) musulmane. Mohammed (BP sur lui) et sa nation étaient devenus responsables du Livre. Le message envoyé par Allah à tous les hommes avait été transmis d’un prophète à l’autre depuis Noé et ses enfants, après le naufrage, jusqu’à Abraham porteur du Livre divin, ensuite Moïse, Jésus et enfin Mohammed (BP sur lui) et sa Umma.

 

La consignation du Livre.

Chacun des prophètes avait reçu l’ordre de préserver le Livre d’Allah et Ses lois mais leurs communautés après eux perdaient le dépôt gardé chez eux et falsifiaient le Livre ou changeaient Ses commandements. Dès lors, Allah le leur enlevait et le donnait à une autre communauté. La dernière communauté responsable avait été celle des Banî Isrâ’îl (les fils d’Israël) qui vivaient dans la corruption et ne respectaient pas les droits du Livre. Allah le leur prit, le donna à la Umma de Mohammed (BP sur lui) et l’événement de la réception du Message reçut le nom de Al-’Isrâ’. C’est pourquoi le nom des Banî Isrâ’îl est parfois donné à la sourate parce qu’elle traite du transfert du Livre de chez eux à la Umma musulmane, et tous leurs prophètes qui priaient derrière le Messager (BP sur lui) le prouvent. Mais quel est l’objectif de cette sourate ?

 

L’objectif de la sourate : prendre conscience de la valeur du Coran.

Mais quelle est la relation de Al-’Isrâ’ avec cet objectif?

La sourate Al-’Isrâ’ est celle où le Livre et le Coran sont les plus mentionnés et c’est une reconnaissance de la valeur du Coran. Avec cela l’événement de Al-’Isrâ’ représente le transfert du Livre à la Umma de Mohammed (BP sur lui) et la sourate semble nous dire : Vous, Umma de Mohammed, êtes responsable de ce Livre, le Coran. Prenez conscience de sa valeur et ne le négligez pas comme les communautés précédentes, sinon Allah vous remplacera, de même qu’Il les a remplacés.

 

Garde-le devant toi.

Aly ibn Abî Tâlib a rapporté ce hadith du Messager (BP sur lui) qui souligne l’importance du Coran dans notre vie et démontre que c’est une bouée de sauvetage pour celui qui le prend comme guide. Le Messager dit : “Ce sera une zizanie.” Aly demanda : “Comment alors s’en sortir, ô Messager d’Allah.” Il dit :“Le Livre d’Allah comprend la chronique de tous ceux qui vous ont précédés, des notices à propos de ceux qui viendront après vous et le jugement de ceux qui sont parmi vous. Il est décisif et non négligeable. Allah abat le tyran qui le délaisse et égare celui qui cherche à être guidé par quelqu’un d’autre. Il est le lien solide avec Allah, les paroles de la sagesse et le droit chemin. Avec lui les désirs ne peuvent dévier, les langues ne peuvent se tromper et les savants n’en ont jamais assez. Il n’est jamais diminué tant qu’on en prend des réponses et ses merveilles ne sont jamais épuisées. En l’entendant les djinns ne purent que dire : “Nous avons certes entendu une lecture (Coran) merveilleuse.”Celui qui l’utilise comme argument dit la vérité, celui qui l’utilise comme juge réalise la justice, celui qui le suit est rétribué, celui auquel il est présenté est invité à suivre le droit chemin.”

Sourate Al-’Isrâ’ se trouve à la moitié du Coran, essayons de prendre conscience de la majesté de ce Livre en la lisant.

 

Le transfert du Livre d’une nation à l’autre.

La sourate commence avec l’événement de Al-’Isrâ’ : “Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur [Mohammed], de la Mosquée Al-Harām à la Mosquée Al-Aqsā dont Nous avons béni l’alentour ...” verset 1.

Immédiatement après la mention de cet événement, un verset vient nous faire comprendre qu’il a eu pour but le transfert du Livre à la Umma de Mohammed : “Et Nous avions donné à Moïse le Livre ...” verset 2. Aussi le verset suivant parle-t-il de la nation qui l’avait auparavant : “Et Nous avions donné à Moïse le Livre dont Nous avions fait un guide pour les Enfants d’Israël: «Ne prenez pas de protecteur en dehors de Moi».” verset 2. Comment le Livre leur était-il parvenu ? “ ... les descendants de ceux que Nous avons transportés dans l’arche avec Noé. Celui-ci était vraiment un serviteur fort reconnaissant.verset 3. Ces trois versets présentent des scènes concrètes du transfert du Livre entre les nations. Mais qu’en avaient-ils fait et pourquoi l’avaient-ils changé ? 

Les versets 4 à 7 se poursuivent pour montrer comment la nation précédente a perdu le dépôt qui lui avait été confié: “Nous avions décrété pour les Enfants d’Israël, (et annoncé) dans le Livre: «Par deux fois vous sèmerez la corruption sur terre et vous allez transgresser d’une façon excessive»* Lorsque vint l’accomplissement de la première de ces deux [prédictions,] Nous envoyâmes contre vous certains de Nos serviteurs doués d’une force terrible, qui pénétrèrent à l’intérieur des demeures. Et la prédiction fut accomplie.* Ensuite, Nous vous donnâmes la revanche sur eux; et Nous vous renforçâmes en biens et en enfants. Et Nous vous fîmes [un peuple] plus nombreux: «Si vous faites le bien; vous le faites à vous-mêmes; et si vous faites le mal, vous le faites à vous [aussi]». Puis, quand vint la dernière [prédiction,] ce fut pour qu’ils affligent vos visages et entrent dans la Mosquée comme ils y étaient entrés la première fois, et pour qu’ils détruisent complètement ce dont ils se sont emparés.”

Enfin, le verset 9, un verset décisif, annonce la responsabilité de la Umma musulmane envers le Livre : “Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit, et il annonce aux croyants qui font de bonnes œuvres qu’ils auront une grande récompense, et à ceux qui ne croient pas en l’au-delà, que Nous leur avons préparé un châtiment douloureux.versets 9,10. 

Tenez à ce Livre et cherchez Sa protection, Il vous guidera, ô vous les Musulmans vers ce qui est authentique.

 

Le Livre de l’Éternité.

Au milieu des paroles au sujet du Jour de la Résurrection, les versets mentionnent le Livre de l’Éternité - le Livre des comptes des péchés et des bonnes actions – pour prévenir de la fin de celui qui ne se conforme pas au Livre d’Allah.

Et au cou de chaque homme, Nous avons attaché son œuvre. Et au Jour de la Résurrection, Nous lui sortirons un écrit qu’il trouvera déroulé: «Lis ton écrit. Aujourd’hui, tu te suffis d’être ton propre comptable».verset 13.

Le Coran doit être un sujet essentiel dans la vie du Musulman parce que s’il ne lit pas le Livre d’Allah, ne le comprend pas et ne s’y conforme pas dans sa vie pratique, que fera-t-il devant le Livre de l’Éternité ?

 

Les ordres du Livre.

Depuis le second Rub‘ (quart de division coranique), la sourate parle de la majesté de ce Livre parce qu’Il ordonne tout ce qui est conforme à l’instinct naturel. Toute personne munie d’un cerveau et d’un instinct sains, non troublés, ne peut que se soumettre et admettre Sa grandeur. Parmi ces ordres, nous trouvons par exemple au sujet de :

 

-          La piété filiale :

 “Et ton Seigneur a décrété: «N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère: si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas, mais adresse-leur des paroles respectueuses.* et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité, et dis: «Ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit».” versets 23, 24.

 

-          L’utilisation de l’argent pour faire le bien :

Et donne au proche parent ce qui lui est dû ainsi qu’au pauvre et au voyageur (en détresse). Et ne gaspille pas indûment, car les gaspilleurs sont les frères des diables; et le Diable est très ingrat envers son Seigneur.” versets 26, 27.

 

-          L’équilibre entre l’avarice et le gaspillage :

Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou [par avarice], et ne l’étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné.” verset 29.

 

Appel à l’instinct.

Des ordres et des défenses qui tous s’adressent au cerveau sain et à l’instinct éveillé. Qui pourra se détourner de ces paroles ? Comment les ignorer et ne pas s’y conformer, alors qu’il y va du bien-être de l’humanité. “Ne porte pas ta main enchaînée à ton cou [par avarice], et ne l’étend pas non plus trop largement, sinon tu te trouveras blâmé et chagriné.* Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin!” versets 31, 32. Parce que les versets s’adressent à l’instinct, ils disent que la fornication est un mauvais sentier et un acte extrêmement vil. Même si les âmes faibles ne le remarquent pas, ce vice mène toujours à la perte de la personne. Ses conséquences sont toujours catastrophiques : homicide, gêne matérielle, visages blafards, confusion des liens de parenté… Une vie misérable et tourmentée…

 

-          Et, sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendu sacrée.verset 33.

-          Et n’approchez les biens de l’orphelin que de la façon la meilleure.” verset

34.

-          Et donnez la pleine mesure quand vous mesurez, et pesez avec une balance

-          exacte.verset 35.

-          Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le

cœur: sur tout cela, en vérité, on sera interrogé.verset 36.

-          Et ne foule pas la terre avec orgueil: tu ne sauras jamais fendre la terre et tu

ne pourras jamais atteindre la hauteur des montagnes!verset 37.

 

Qui peut refuser pareilles paroles et comment les Musulmans pourront-ils se détourner de ce Livre qui leur recommande tout ce bien et leur défend ce qui leur est nuisible : “Ce qui est mauvais en tout cela est détesté de ton Seigneur.” verset 38.

Aussi voyons-nous un commentaire admirable à propos de tout ce qui a précédé : “Tout cela fait partie de ce que ton Seigneur t’a révélé de la Sagesse.” verset 39. Tout ce qui a été dit est la sagesse même et mène l’Homme à une vie honorable dans ce monde et dans celui de l’au-delà. S’il lui arrive de le négliger : “N’assigne donc pas à Allah d’autre divinité, sinon tu seras jeté dans l’Enfer, blâmé et repoussé.” verset 39. Avons-nous donc conçu la majesté de ce Coran, quand Allah nous informe que tout le bien s’y trouve :

Très certainement Nous avons exposé [tout ceci] dans ce Coran afin que [les gens] réfléchissent. Mais cela ne fait qu’augmenter leur répulsion.” verset 41.

 

Valeur du Coran.  

Après avoir démontré la grandeur du Coran et l’importance de ses lois, les versets entre temps rappellent ses qualités. C’est la sourate où le Livre est le plus mentionné. Nous y trouvons :

-          L’assertion de la protection du Coran pour ceux qui le lisent : “Et quand tu lis le

Coran, Nous plaçons, entre toi et ceux qui ne croient pas en l’au-delà, un voile invisible, Nous avons mis des voiles sur leurs cœurs, de sorte qu’ils ne le comprennent pas: et dans leurs oreilles, une lourdeur. Et quand, dans le Coran, tu évoques Ton Seigneur l’Unique, ils tournent le dos par répulsion.” versets 45,46.

 

-          Des secrets de l’Histoire et des lois universelles concernant les civilisations : “Il

n’est point de cité [injuste] que Nous ne fassions périr avant le Jour de la Résurrection, ou que Nous ne punissions d’un dur châtiment. Cela est bien tracé dans le Livre [des décrets immuables].verset 58.

 

Ainsi, lorsque le lecteur remarquera l’insistance de la sourate sur la majesté du Coran alors qu’il en est encore à sa moitié, au quinzième Juz’, il sentira son importance et ne pourra pas passer rapidement sur les versets qui seront un moyen pour lui de rehausser son rang au Jour de la Résurrection comme il est dit dans ce hadith du Prophète (BP sur lui) :“Au Jour de la Résurrection, il sera dit au lecteur du Coran :“Lis, monte et psalmodie. Ton rang sera là où tu seras parvenu au dernier verset que tu auras récité.

Les degrés du Paradis sont du nombre des versets du Coran. Ne désirez-vous pas le Paradis, ne l’espérez-vous pas ? Ne souhaitez-vous pas les hauts degrés du Paradis ? Alors persévérez dans la lecture de ce Coran surtout dans Salât Al-Fajr (prière de l’aube) et pendant la prière de la nuit :

Accomplis la Salât au déclin du soleil jusqu’à l’obscurité de la nuit, et [fais] aussi la Lecture à l’aube, car la Lecture à l’aube a des témoins.” verset 78.

Et de la nuit consacre une partie [avant l’aube] pour des Salât surérogatoires: afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire.” verset 79.

 

Guérison et miséricorde pour les croyants.

Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes.” verset 82. Comme nous l’avons dit à propos de la sourate An-Nahl (Les Abeilles), le mot guérison ou cure n’a été employé dans ce Livre qu’au sujet du miel et du Coran. Le miel est une médecine pour le corps et le Coran en est une pour le cœur et l’âme des croyants qui en connaissent la valeur.

 

Le défi du Coran

De nombreux versets parlent de la majesté du Coran dans cette sourate : “Dis: «Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres».” verset 88. Un défi jusqu’au Jour de la Résurrection et dont nous devons être fiers… “Et certes, Nous avons déployé pour les gens, dans ce Coran, toutes sortes d’exemples. Mais la plupart des gens s’obstinent à être mécréants.” verset 89.

Tout ce qui est nécessaire à une vie honorable se trouve dans ce Coran mais la plupart des gens s’obstinent dans l’incroyance et l’ingratitude.

 

Le rôle du Coran.

Et c’est en toute vérité que Nous l’avons fait descendre (le Coran), et avec la vérité il est descendu, et Nous ne t’avons envoyé qu’en annonciateur et avertisseur. (Nous avons fait descendre) un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens. Et Nous l’avons fait descendre graduellement.” versets 105, 106.

Cette sourate a reçu le nom de Al-’Isrâ’ pour nous rappeler, à chaque fois que nous la lisons, du Prophète (BP sur lui) lorsqu’il recevait le Livre pendant le Voyage nocturne et nous le livrait après lui.

Puisque nous avons porté la responsabilité de la garde du Coran, nous devons le lire souvent, non seulement au mois de Ramadan mais toute l’année. Nous devons y réfléchir et suivre ses ordonnances, l’apprendre à notre entourage, communiquer son message et pratiquer sa doctrine.

 

Les bien-aimés du Coran.

La fin de la sourate nous rappelle de personnes qui ont fortement aimé le Coran, ont compris l’objectif de cette sourate et ont réagi en profondeur à ses versets : “Dis: «Croyez-y ou n’y croyez pas. Ceux à qui la connaissance a été donnée avant cela, lorsqu’on le leur récite, tombent, prosternés, le menton contre terre.* et disent: «Gloire à notre Seigneur! La promesse de notre Seigneur est assurément accomplie».* Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité.” versets, 107, 108, 109.

Louanges à Allah ! Ces versets s’appliquent aux jeunes gens dans les mosquées et spécialement au mois de Ramadan. “Et ils tombent sur leur menton, pleurant, et cela augmente leur humilité”. C’est une chose rassurante parce que cette réaction au Coran de leur part et à ce niveau, est un bon présage pour cette Umma.

 

Il élève des gens et en rabaisse d’autres.

Si nous ne faisons pas partie des bien-aimés du Coran qui ont été mentionnés dans les versets précédents, les mêmes versets nous avertissent de ne pas faire partie du parti adverse :“Dis: «Croyez-y ou n’y croyez pas. »”. Les communautés précédentes ayant négligé la préservation de leur Livre et sa communication, celui-ci leur était alors arraché et confié à une autre communauté, jusqu’à ce qu’il nous soit parvenu. Et qu’en sera-t-il de cette Umma si elle aussi néglige le dépôt qui lui a été confié?

Le compte sera plus dur pour elle parce qu’elle aura été la dernière communauté à porter ce dépôt avant le Jour de la Résurrection. Nous ne devons pas y manquer mais fournir l’effort nécessaire et mettre en pratique ce hadith du Prophète (BP sur lui) : “J’ai laissé parmi vous ce avec quoi, si vous vous y attachez, vous ne serez jamais égarés après moi, le Livre d’Allah et mes traditions.”

Ainsi, pas de renaissance pour notre Umma, pas de dignité, pas d’issue des ténèbres vers la lumière sans ce Livre : “(Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière ...” 'Ibrâhîm (Abraham) verset 1.

 

Des trésors de bonnes actions.

Sachez en lisant le Coran que, en plus de sa majesté et de son importance, une quantité importante de bonnes actions accompagnent Sa lecture.

Le Prophète (BP sur lui) dit : “Celui qui lit une lettre du Coran a le mérite d’une bonne action qui est multipliée par dix. Je ne dis pas “Alif, Lâm, Mîm” sont une lettre mais Alif en est une, Lâm une autre et Mîm une troisième.” Ainsi celui qui lit la formule “Bismillâh Ar-Rahmân Ar-Rahîm” constituée de dix-neuf lettres en arabe mérite cent quatre-vingt dix bonnes actions.

De cette façon, un Juz’ (division) du Coran qui comprend environ sept mille lettres, donne soixante-dix mille bonnes actions au Musulman dans les heures normales. Que dire des heures où sa lecture est tout particulièrement recommandée comme pendant la Salât de l’aube, de la nuit ou au mois de Ramadan ?

Si des milliers de bonnes actions récompensent la lecture d’un Juz’ qui ne prend pas plus de trois quarts d’heure, quelle sera la récompense de celui qui met ses versets en pratique ou de celui qui les écoute avec l’intention de les appliquer? Et de celui qui comprend le Coran et cerne le dessein d’Allah dans chaque sourate ? Et de celui qui ressent que le Coran est un dépôt dont il porte la responsabilité et qui encourage son entourage à le lire et leur explique certains des merveilleux versets dont nous venons de parler ?

Celui qui a lu sourate Al-’Isrâ’ et compris ce qu’Allah veut nous dire, doit désormais  prendre ce Livre avec le plus grand sérieux. Il doit y consacrer sa vie afin d’être compté parmi ‘les gens du Coran’ qui sont ‘les gens d’Allah’.

 

De Al-’Isrâ’ à Al-Kahf.

Les propos au sujet du Coran ne s’arrêtent pas avec la fin de cette sourate, mais se poursuivent au début de la sourate suivante, sourate Al-Kahf. Al-’Isrâ’ s’achève avec une prosternation obligatoire incitant à ressentir la beauté du Coran, à verser des larmes de crainte d’Allah et à Le louer pour la grâce du Coran. Et sourate Al-Kahf enchaîne avec des louanges pour remercier de cette majestueuse grâce : “Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur (Mohammed), le Livre, et n’y a point introduit de tortuosité (ambiguïté)!


Sourate Al-Kahf (La Caverne)

Sourate Al-Kahf (La Caverne) est mecquoise. Elle a été révélée après sourate Al-Ghâchiya (L’Enveloppante) et vient dans l’ordre du Coran après Al-’Isrâ’ (Le Voyage nocturne). Ses versets sont au nombre de cent dix.

 

Plusieurs fils mais un même tissage.

La sourate Al-Kahf comprend quatre histoires: celle des gens de la caverne, celle du propriétaire des deux jardins, celle de Moïse et Al-Khidr, et celle de Dhul-Qarnayn. Quelques versets viennent commenter chacune d’elle à sa fin. Quelle relation y a-t-il donc entre les quatre histoires, pourquoi la sourate a-t-elle reçu ce nom et pourquoi la lit-on tous les vendredis ?

 

Le bienfait et le mérite de sourate Al-Kahf.

Le Prophète (BP sur lui) dit : “Celui qui lit sourate Al-Kahf  le vendredi ou durant le vendredi, Allah lui allumera une lumière qui ira de sous ses pieds jusqu’au plus haut du ciel.”

Il a dit également : “Celui qui lira les dix derniers versets de sourate Al-Kahf sera protégé de Ad-Dajjâl (l’Antéchrist). Et dans un troisième hadith : “Que celui qui se trouvera en sa présence –c’est à dire devant Ad-Dajjâl lise les versets du début de sourate Al-Kahf.”

Quelle est donc la relation entre sourate Al-Kahf et Ad-Dajjâl et quel rapport y a-t-il entre les quatre histoires racontées dans cette sourate ? Voyons-le rapidement.

 

La caverne de la miséricorde.

La première histoire est celle de jeunes hommes qui croyaient en Allah (que Son nom soit glorifié et exalté) et invitaient vers Lui malgré le roi tyran et incroyant qui gouvernait leur village. Ils présentaient leur doctrine aux gens qui la refusaient : “Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu’ils s’étaient levés pour dire: «Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre: jamais nous n’invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles.* Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n’apportent-ils sur elles une preuve évidente? Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah?versets 14, 15.

Ces jeunes hommes étaient traités de menteurs et persécutés à cause de leur invitation à la religion et Allah leur inspira de se réfugier dans la caverne : “ ... réfugiez-vous donc dans la caverne: votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort.” verset 16.

Allah les soutint avec de grands miracles et ils demeurèrent dans la caverne : “... trois cents ans et en ajoutèrent neuf (années).” verset 25. ... “ Tu aurais vu le soleil, quand il se lève, s’écarter de leur caverne vers la droite, et quand il se couche, passer à leur gauche, tandis qu’eux-mêmes sont là dans une partie spacieuse (de la caverne)...verset 17. ... “ Et tu les aurais cru éveillés, alors qu’ils dorment. Et Nous les tournons sur le côté droit et sur le côté gauche ...verset 18.

Tous ces miracles étaient dans le but de préserver ces jeunes hommes jusqu’à leur réveil trois cent neuf ans plus tard afin qu’ils constatent que tous les gens étaient devenus croyants dans une société pleine de foi.

 

L’arrogance qui ébranle les principes.

La seconde histoire est celle d’un homme auquel Allah a donné des bienfaits qui lui ont fait oublier le donneur et dépasser la mesure dans la mise en cause et le doute en ce qui concerne les bases de la foi : “Donne-leur l’exemple de deux hommes: à l’un d’eux Nous avons assigné deux jardins de vignes que Nous avons entourés de palmiers et Nous avons mis entre les deux jardins des champs cultivés * Les deux jardins produisaient leur récolte sans jamais manquer. Et Nous avons fait jaillir entre eux un ruisseau* Et il avait des fruits et dit alors à son compagnon avec qui il conversait: «Je possède plus de biens que toi, et je suis plus puissant que toi grâce à mon clan». * Il entra dans son jardin coupable envers lui-même [par sa mécréance]; il dit: «Je ne pense pas que ceci puisse jamais périrversets 32-35. Il a été mis à l’épreuve par les biens et il a oublié d’avoir recours à Allah (que Son nom soit glorifié et exalté) : “et je ne pense pas que l’Heure viendra. Et si on me ramène vers mon Seigneur, je trouverai certes meilleur lieu de retour que ce jardin.* Son compagnon lui dit, tout en conversant avec lui: «Serais-tu mécréant envers Celui qui t’a créé de terre, puis de sperme et enfin t’a façonné en homme»? verset 36, 37. Cela jusqu’à la perte de cet homme infatué par ses biens : “Et sa récolte fut détruite et il se mit alors à se tordre les deux mains à cause de ce qu’il y avait dépensé, cependant que ses treilles étaient complètement ravagées. Et il disait: «Que je souhaite n’avoir associé personne à mon Seigneur!»verset 42.

 

Comment se comporter avec l’ordonnance d’Allah.

La troisième histoire est celle du prophète Moïse (la paix sur lui) avec Al-Khidr. Un homme de son peuple lui avait demandé quelle était la personne la plus savante sur Terre. Pensant l’être, puisqu’il était un des prophètes messagers, il leur avait répondu que c’était lui. Mais Allah lui révéla qu’il y avait des hommes plus savants que lui et lui demanda d’aller rencontrer l’un de ces hommes au confluent des deux fleuves. Il fit un long bout de chemin et, tout fatigué à son arrivée, il dit à son valet : “Apporte-nous notre déjeuner: nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage.” verset 62. Il avait fait un grand effort pour atteindre l’homme pieux qui possédait une science rare, celle de la confiance en la puissance d’Allah et en Sa sagesse, qui permet de percevoir Son ordonnance et Ses décrets.

C’était pour cela que, avant de permettre à Moïse de l’accompagner, Al-Khidr lui avait posé ces conditions : “Si tu me suis, dit [l’autre,] ne m’interroge sur rien tant que je ne t’en aurai pas fait mention.” verset 70. Moïse lui avait répondu : “Si Allah veut, tu me trouveras patient; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres.

Les deux compagnons connaîtront trois incidents en apparence immérités et iniques. Al-Khidr (la paix sur lui) avait :

 

1.      Endommagé le bateau, à cause de la présence d’un roi tyran qui s’emparait des bateaux en bon état.

2.      Tué le garçon qui était ingrat envers ses parents et les surmenait avec sa désobéissance.

3.      Construit le mur sans rémunération, seul moyen pour préserver le trésor appartenant à deux orphelins, dans la ville d’où les habitants les avaient chassés.

 

Ces trois histoires ont en commun le fait que la sagesse d’Allah n’y est pas visible, car ce qui apparaît semble injustifié. Le croyant apprend ainsi qu’Allah ordonne des choses dont nous ne percevons pas la sagesse. Ce qui apparaît comme un malheur, peut en réalité être la source d’un bien. C’est une science qui ne se trouve pas dans les livres et qu’Allah nous apprend par l’intermédiaire de Moïse.

 

Nous avons affermi sa puissance sur terre.

La dernière histoire est celle de Dhul-Qarnayn, le roi juste qui répandait la vérité, la justice et le bien sur Terre et possédait des ressources matérielles, comme la science et la technologie, qui lui donnaient le pouvoir et le succès.

Vraiment, Nous avons affermi sa puissance sur terre, et Nous lui avons donné libre voie à toute chose.” verset 84. Il parcourait la Terre d’est en ouest pour l’emplir de justice et de bienfaisance et répandre la sagesse parmi les peuples. Il finit par arriver chez des gens qui ne comprenaient presque aucun langage et qui lui dirent : “Ô Dul-Qarnayn, les Ya’juj et les Ma’juj commettent du désordre sur terre. Est-ce que nous pourrons t’accorder un tribut pour construire une barrière entre eux et nous? verset 94.

Dhul-Qarnayn aurait pu le faire lui-même, pourtant il leur demanda de l’aider pour leur apprendre à avoir une attitude positive : “Aidez-moi donc avec votre force et je construirai un remblai entre vous et eux.” verset 95. Il bâtit la muraille qui se tient debout jusqu’à ce jour et grâce à laquelle nous ne connaissons pas le lieu des Ya’ jûj et des Ma’ jûj qui n’apparaîtront qu’à la venue de l’Heure.

 

La relation entre les quatre histoires. 

Nous devons savoir que le Coran ne nous raconte pas des histoires sans rapport les unes avec les autres. Bien au contraire, elles servent toutes à construire et appuyer une certaine idée. Ainsi, dans cette sourate, l’histoire de Moïse ne fait allusion ni à Pharaon ni au bâton parce que ces éléments du récit ne servent pas son but. Quel est donc le thème commun, le fil directeur de ces quatre histoires ? Nous remarquons qu’elles traitent toutes des principales épreuves de la vie :

 

1.      La religion :

L’homme est éprouvé dans sa religion et s’en éloigne parce qu’il est agressé, tyrannisé ou effrayé. C’est le genre d’épreuve que les gens de la caverne ont traversé avec succès.

 

2.      Les biens :

Ce fut l’épreuve du propriétaire des deux jardins qui était si infatué de ses biens qu’il renia la vie éternelle.

 

3.      L’épreuve de la science :

L’homme est fier de sa science, pense que personne ne le dépasse et oublie l’humilité ou bien apprend ce qui est inutile ou nuisible à la société. L’histoire de Moïse avec Al-Khidr est un exemple de ce genre d’épreuve. Distrait, le premier a pensé que personne n’était plus savant que lui. Mais lorsqu’il a su qu’il y avait un homme plus savant que lui, il a parcouru un long chemin pour aller s’instruire avec l’humilité d’un étudiant : “Puis-je te suivre, à la condition que tu m’apprennes de ce qu’on t’a appris concernant une bonne direction?verset 66. 

 

4.      Le pouvoir :

Que ce soit une civilisation puissante, la technologie, l’influence, le pouvoir, l’homme à qui une de ces formes de pouvoir est donnée est gagné par la vanité, et finit par oublier Allah et se transformer en oppresseur. Mais l’histoire de Dhul-Qarnayn nous montre un exemple tout à fait différent. C’est un chef juste, équitable envers les gens, qui sait que sa  force est une faveur de la part d’Allah Seul : “Il dit: «Quant à celui qui est injuste, nous le châtierons; ensuite il sera ramené vers son Seigneur qui le punira d’un châtiment terrible.* Il dit: «Quant à celui qui est injuste, nous le châtierons; ensuite il sera ramené vers son Seigneur qui le punira d’un châtiment terrible.»versets 87, 88. Il dit: «C’est une miséricorde de la part de mon Seigneur»verset 98.

 

Le manipulateur des fils de la tentation.

Ces quatre épreuves sont le fil qui réunit ces quatre histoires dans la sourate. A peu près au milieu de la sourate, entre les deux premières et les deux dernières histoires, le verset 50 nous informe du véritable manipulateur des fils des quatre épreuves qui est Iblîs (Satan) : “... Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis? Quel mauvais échange pour les injustes!” Est-il possible que vous preniez l’ennemi d’Allah et votre ennemi comme patron ?

 

L’immunité contre les tentations.

Ainsi, la sourate traite de l’immunité contre les épreuves. C’est pour cela que le hadith nous dit que cette sourate sauve de l’épreuve la plus difficile dans l’histoire de l’humanité, celle de Ad-Dajjâl (l’Antéchrist). Le Messager (BP sur lui) nous dit : “Il n’y aura pas, entre la création d’Adam et la venue de l’Heure, de plus grande épreuve que celle de Ad-Dajjâl.” Rapporté par Al-Hakam.

Mais quelle est la relation entre Ad-Dajjâl et les quatre épreuves mentionnées ? Ad-Dajjâl apparaîtra avant le Jour de la Résurrection pour tenter les gens dans ces quatre domaines : Il éprouvera les gens dans leur religion, en leur demandant de l’adorer au lieu d’Allah et en les tentant avec des actes extraordinaires comme de rendre la vie au père ou à la mère de l’homme contre son reniement d’Allah, qu’à Allah ne plaise. A part celui qui sera sauvé par la miséricorde divine, tous seront subjugués. Il les éprouvera avec des biens en ordonnant au ciel de pleuvoir en un certain endroit où des plantes pousseront et, en transformant le désert aride en un paradis verdoyant. Il utilisera également l’épreuve de la science en émerveillant les gens avec des nouvelles qui les feront croire en lui. Il utilisera la puissance comme dernière épreuve, en s’imposant aux gens et en dominant de grandes parties de la terre (à part La Mecque et Médine). De rudes épreuves dont les Musulmans doivent être avertis et dont ils doivent se protéger grâce à la lecture de sourate Al-Kahf et la méditation de ses sens et surtout les quatre histoires et les commentaires d’Allah à leur propos.

 

L’objectif de la sourate : l’immunité contre les tentations.

Après les quatre histoires qui ont l’épreuve en commun, la sourate propose un commentaire qui contient la morale de l’histoire. Ici, il s’agit de nous apprendre comment nous préserver des tentations et nous immuniser contre elles. Dans le Coran, les récits ne sont jamais racontés sans raison, mais dans le but d’illustrer l’objectif de la sourate. C’est là un des prodiges de ce Livre. Ainsi le message de cette sourate s’éclaircit : comment surmonter avec succès les épreuves de toutes sortes.

 

Les canots de sauvetage.

     

1.      La compagnie des pieux :

La première épreuve, dans l’histoire des gens de la caverne, est celle de la religion. Pour se raffermir et s’immuniser contre ce genre d’épreuve, la sourate Al-Kahf nous conseille :

 

a)      La compagnie des pieux : “Fais preuve de patience [en restant] avec ceux

qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face. Et que tes yeux ne se détachent point d’eux, en cherchant (le faux) brillant de la vie sur terre.” verset 28.

La compagnie pieuse et la patience aident la personne à demeurer obéissante.

 

b)      Le rappel de l’Éternité et du destin des croyants et des mécréants est une

médecine préventive contre les nombreuses épreuves par lesquelles passe le Musulman : “Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s’ils implorent à boire on les abreuvera d’une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure!verset 29.

 

2.      Le détachement du monde :

Pour se prémunir contre l’épreuve subie par le propriétaire des deux jardins, deux pensées sont mentionnées immédiatement après l’histoire :

 

a)      La réalité de ce monde :

Elle est évoquée dans le premier verset venu après la fin de l’histoire : “Et propose-leur l’exemple de la vie ici-basverset 45. Voyez la vie de ce monde derrière laquelle vous courez  “Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel”. Et que lui arrive-t-il ? “la végétation de la terre se mélange à elle” vite comme cela ... et ensuite, “devient de l’herbe desséchée que les vents dispersent. Allah est certes Puissant en toutes choses!” verset 45. Le verset nous fait visualiser des instants du début, du milieu et de la fin de la vie, des étapes qui se succèdent rapidement. C’est un monde périssable, qui se termine vite et le croyant ne doit pas s’y attacher pour ne pas être vulnérable.

 

b)      Le rappel de l’Éternité :

Et principalement la rencontre du Tout-Puissant. C’est comme si le rappel de l’Éternité était essentiel pour immuniser contre toutes les épreuves, celles de la religion comme celles des biens : Le jour où Nous ferons marcher les montagnes et où tu verras la terre nivelée (comme une plaine) et Nous les rassemblerons sans en omettre un seul. Le jour où Nous ferons marcher les montagnes et où tu verras la terre nivelée (comme une plaine) et Nous les rassemblerons sans en omettre un seul. Le jour où Nous ferons marcher les montagnes et où tu verras la terre nivelée (comme une plaine) et Nous les rassemblerons sans en omettre un seul.” verset 47.

Et ils seront présentés en rangs devant ton Seigneur. «Vous voilà venus à Nous comme Nous vous avons créés la première fois. Pourtant vous prétendiez que Nous ne remplirions pas Nos promesses» ”.verset 48.

Et on déposera le livre (de chacun). Alors tu verras les criminels, effrayés à cause de ce qu’il y a dedans, dire: «Malheur à nous, qu’a donc ce livre à n’omettre de mentionner ni péché véniel ni péché capital?» Et ils trouveront devant eux tout ce qu’ils ont œuvré. Et ton Seigneur ne fait du tort à personne.” verset 49.

 

3.      La modestie :

Pour se préserver de l’épreuve de la science et de l’infatuation, il faut tout d’abord être humble devant Allah et ensuite devant le maître. Cela est apparent dans le verset 69 : “Si Allah veut, tu me trouveras patient; et je ne désobéirai à aucun de tes ordres”.  Moïse l’a dit bien qu’il fût un prophète messager et qu’Allah lui eût parlé. Gare à vous de vous enorgueillir de vos diplômes universitaires, de votre vaste science ou même de votre mémorisation du Coran et gare au manque d’humilité face à Allah (que Son nom soit exalté).

 

4.      La loyauté :

La loyauté à Allah, l’humilité devant Lui et la reconnaissance que tout pouvoir et toute grâce viennent de Lui sont la clé pour le passage de l’épreuve du pouvoir : “Il dit: «C’est une miséricorde de la part de mon Seigneur.” verset 98. Ainsi la sourate prévient celui qui associe d’autre dieu à Allah et ne lui est pas loyal : “Dis: «Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres? * Ceux dont l’effort, dans la vie présente, s’est égaré, alors qu’ils s’imaginent faire le bien.* Ceux-là qui ont nié les signes de leur Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc vaines». Nous ne leur assignerons pas de poids au Jour de la Résurrection.versets 103-105. Ce verset s’adresse aux polythéistes et avertit contre l’association d’autres dieux à Allah. La sourate se termine par l’ordre aux Musulmans de n’adorer qu’Allah Seul : “...Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun autre à son Seigneur». verset 110.  Celui qui veut être complètement admis et agréé par Allah le Jour Dernier doit réaliser deux choses : agir conformément à la Sunna, et accomplir ses actions uniquement en vue de la grâce d’Allah. Ces deux pensées ont été mentionnées dans ce dernier verset de sourate Al-Kahf.

 

Des merveilles de la sourate.

Les versets de la sourate contiennent de nombreuses remarques merveilleuses qui augmentent notre amour et notre attachement pour elle et pour le Coran et appuient son objectif.

 

La multitude des mouvements et l’action.

La fréquence des mouvements dans la sourate est remarquable. La sourate est pleine de gens qui bougent et sont actifs : Les gens de la caverne qui ont quitté leurs familles et leurs maisons et se sont réfugiés dans la caverne “réfugiez-vous donc dans la caverne”; Moïse qui a été jusqu’au confluent des deux fleuves et l’a dépassé jusqu’à ce qu’il ressente de la fatigue “nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage”. Nous remarquons la fréquence de ses déplacements lorsqu’il accompagne Al-Khidr  “Alors les deux partirent. Et après qu’ils furent montés sur un bateau, l’homme y fit une brèche.” verset 71. “Puis ils partirent tous deux; et quand ils eurent rencontré un enfant, [l’homme] le tua.” verset 74.Ils partirent donc tous deux; et quand ils furent arrivés à un village habité, ils demandèrent à manger à ses habitantsverset 77.

De même dans l’histoire de Dhul-QarnaynIl suivit donc une voie ... ” verset 85, et puis il  traverse la terre d’est en ouest  “Et quand il eut atteint le Levantverset 90  “Et quand il eut atteint un endroit situé entre les Deux Barrières (montagnes)verset 93.

Parmi les instructions qu’il donne aux gens qu’il aide, Dhul-Qarnayn dit : “Aidez-moi donc avec votre forceverset 95. Il n’est pas question de rester à le regarder pendant qu’il construit le barrage, il faut bouger et participer.

Cela démontre que l’immunisation contre les épreuves est obtenue par le mouvement et l’attitude positive et non l’inaction, la résignation et la passivité. La personne maltraitée dans un endroit doit le quitter pour un autre où elle pourra pratiquer son culte et le préserver. La sourate mentionne l’émigration à travers l’histoire des gens de Al-Kahf.

Cette sourate doit être lue le vendredi, jour de repos pour les Musulmans. Ainsi, au lieu de demeurer inactifs et paresseux, ils doivent la lire et prendre exemple sur l’action positive qu’elle contient. Ils seront incités à devenir actifs pour se préserver des épreuves parce que la personne inactive est vulnérable.

 

Le Coran et l’immunisation contre les épreuves.

Remarquons que la sourate commence et se termine par la mention du Coran parce que sa lecture et la compréhension des axes de ses sourates et leurs objectifs préservent des épreuves : “Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur (Muhammad), le Livre, et n’y a point introduit de tortuosité (ambiguïté)!verset 1.Dis: «Si la mer était une encre [pour écrire] les paroles de mon Seigneur, certes la mer s’épuiserait avant que ne soient épuisées les paroles de mon Seigneur, quand même Nous lui apporterions son équivalent comme renfort.»verset 109. Ce qui signifie que la volonté et la sagesse divine n’ont pas de limites. Ce Livre est le premier soutien  pour la protection contre les épreuves. Il a été mentionné avant les épreuves et après.

 

L’invitation à Allah et l’immunisation contre les épreuves.

Il est à remarquer que sourate Al-Kahf comprend toutes les formes de l’invitation à Allah :

 

1.      Des jeunes gens qui invitent le roi (les gens de la caverne).

2.      Un homme invite son ami (le propriétaire des deux jardins).

3.      Un enseignant qui invite son élève (Al-Khidr et Moïse, la paix sur eux).

4.      Un chef qui invite son peuple (Dhul-Qarnayn).

 

Cela a une signification très importante. Cela montre que l’invitation à Allah est, avec l’attachement au Coran, un des éléments essentiels permettant de se prémunir contre les épreuves.

 

La foi en l’invisible.

Nous remarquons qu’il y a beaucoup d’éléments inconnus dans les récits de la sourate. Il y a par exemple beaucoup d’imprécisions à propos des gens de la caverne (leur nombre, l’emplacement de la caverne et la durée du temps qu’ils y ont passée). Et pourquoi le verset 22 a-t-il mentionné la confusion à propos de leur nombre ?

Il y a également de l’imprécision à propos de l’emplacement du barrage construit par Dhul-Qarnayn, de Ya’jûj et Ma’jûj comme il y en a dans les actions de Al-Khidr (la paix sur lui) et l’étonnement de Moïse à leur propos. Quelle leçon en retire-t-on ?

C’est comme si la sourate nous disait : Sachez que l’inconnu appartient à Allah Seul. Les apparences sont parfois contraires à la réalité alors soumettez-vous à Allah et ayez confiance en Lui pour être sûrs de vous immuniser contre les épreuves avec Son aide.

 

La caverne de l’invitation à Allah (Da‘wa).

Il nous reste une seule chose à savoir, pourquoi ce titre ?

Le mot caverne suggère l’obscurité, l’inconnu, la crainte. Mais Allah en a fait un lieu de miséricorde et de sécurité : “votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous”.

L’être humain redoute l’inconnu dont Allah décide. Et la sourate a reçu ce nom pour dire aux Musulmans : Laissez la décision à Allah en ce qui concerne l’inconnu et ayez confiance en Lui. Réfugiez-vous dans la caverne de l’invitation à Allah et soumettez-vous à Lui, comme les jeunes gens se sont réfugiés dans leur caverne. “Il répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort”.

 


Sourate Maryam (Marie)

Sourate Maryam révélée après sourate Fâtir (Le Créateur) est mecquoise. Elle vient dans l’ordre du Coran après sourate Al-Kahf (La Caverne) et comprend quatre-vingt neuf versets.

 

Les ornements de la vie d’ici-bas.

Tous les gens éprouvent le désir d’avoir des enfants et une descendance qu’ils s’activent à  nourrir, éduquer et soigner. Puis, lorsqu’ils vieillissent, ils ne pensent qu’à ce qu’ils vont leur laisser comme héritage.

L’amour des enfants est un instinct naturel qu’Allah a mis dans le cœur de l’homme. Sourate Maryam aborde ce sujet en posant cette question à tous les parents : Pourquoi désirez-vous avoir des enfants, pour en jouir simplement ? Et que leur laisserez-vous en héritage, uniquement de l’argent et des biens?

 

La religion en héritage aux enfants.

Sourate Maryam nous montre qu’il existe une fin plus digne à la procréation qui est la préservation de la religion et son don en héritage aux générations futures. C’est le meilleur des biens à laisser à ses enfants, avant les biens périssables de ce monde. C’est comme si le Musulman passait le flambeau de la religion à son fils qui le transmettra au petit-fils et ainsi de suite ... Il ne serait pas convenable qu’une génération de gens pieux soit suivie d’une autre ignorante de la religion de Son Seigneur ou la connaissant superficiellement. Cette mauvaise éducation des enfants et la préoccupation des parents à leur transmettre uniquement des biens matériels, permettront aux passions, à l’indécence de se répandre dans la société.

Le sujet principal de la sourate Maryam est : l’enfant et l’héritage de la religion. Les termes “enfant” et “héritage” y sont souvent répétés.

 

Des familles pieuses.

La sourate nous donne des exemples de gens qui ont enfanté avec l’intention de laisser cette religion en dépôt à leur descendance. Par exemple Zacharie et Yahya (Jean), Marie et son fils Jésus, ensuite Abraham, Ismaël et Isaac, puisse Allah les agréer tous. C’est comme si la sourate s’adressait à tous les parents et leur disait : Tenez-vous à donner à vos enfants l’éducation qui leur fera connaître Allah et à leur donner l’Islam en héritage?

 

Zacharie et Yahya (Jean), puisse Allah les agréer.

Depuis le début de la sourate nous remarquons le désir de Zacharie d’avoir un enfant :

Kâf, Hâ, Yâ, `Aîn, Sâd.* C'est un récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie.* Lorsqu'il invoqua son Seigneur d'une invocation secrète, et dit: “ mon Seigneur, mes os sont affaiblis et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs. [Cependant], je n'ai jamais été malheureux [déçu] en te priant, ô mon Seigneur.* Je crains [le comportement] de mes héritiers, après moi. Et ma propre femme est stérile. Accorde-moi, de Ta part, un descendant qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob. Et fais qu'il te soit agréable, ô mon Seigneur». Zacharie, Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un fils. Son nom sera Yahya [Jean]. Nous ne lui avons pas donné auparavant d'homonyme». versets 1- 7.

C’est comme si Zacharie voulait dire : Ô Allah, je ne trouve personne pour porter la responsabilité de la religion, ma femme est stérile, je n’ai plus espoir d’avoir des enfants et je crains pour la religion. Une ardeur admirable envers la religion d’Allah. Zacharie craignait que les générations existantes des Banî Isrâ’îl (Les fils d’Israël) soient incapables de porter le message et il a demandé d’avoir un enfant pour lui donner la religion en héritage. Comme il était sincère, la réponse divine vint ainsi : “Zacharie, Nous t'annonçons la bonne nouvelle d'un fils. Son nom sera Yahya [Jean]. Nous ne lui avons pas donné auparavant d'homonyme.

Comment Yahya a-t-il grandi après cela ? Le verset nous dit : “Ô Yahya, tiens fermement au Livre (la Thora)!» Nous lui donnâmes la sagesse alors qu'il était enfant verset 12.

Notre désir d’avoir des enfants et la peur pour leur avenir est un instinct naturel que nous devons mettre au service d’Allah. Et nous devons élever nos enfants dans cet esprit.

 

Maryam et Jésus, puisse Allah les agréer.

L’histoire de Maryam ne diffère pas de celle de Zacharie. Sa mère (la femme de ‘Imrân) avait fait le vœu, avant de savoir que c’était une fille, de dédier son enfant à la libération de la mosquée Al-Aqsa (de Jérusalem) du joug des Romains “Seigneur, je T'ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Âl-`Imrân (La Famille d’Imran) verset 35.

Dans la sourate, nous voyons Maryam faire hériter ce dépôt  à son fils.

Lorsqu’elle vint vers ses parents avec son enfant dans les bras : “Ils dirent: «Comment parlerions-nous à un bébé au berceau?» Maryam  verset 29. Ils ne se rendaient pas compte que cet enfant dans le berceau avait hérité le Message et porté la responsabilité de la Da‘wa (invitation à Allah) :

Mais (le bébé) dit: «Je suis vraiment le serviteur d'Allah. Il m'a donné le Livre et m'a désigné Prophète. Où que je sois, Il m'a rendu béni; et Il m'a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakât; et la bonté envers ma mère. versets 30 -32.

 

La bienfaisance des enfants.

La sourate Maryam est l’une de celles qui se concentrent le plus sur la bienfaisance envers les parents. Effectivement c’est l’attribut de Yahya, puisse Allah l’agréer : “dévoué envers ses père et mère ...verset 14.

Il est connu que l’enfant n’est bienfaisant envers ses parents que s’il a grandi dans un milieu convenable. C’est comme si la sourate disait aux parents : Faites grandir vos enfants dans le but de porter la responsabilité de la religion pour soutenir la cause d’Allah, obtenir une rétribution majestueuse dans l’autre monde et les voir vous traiter avec bienfaisance.

 

Abraham (la paix sur lui).

La sourate nous donne ensuite des exemples tout à fait différents des précédents :

Un fils croyant qui prend la main de son père incroyant, c’est le cas d’Abraham avec son père. Il était compatissant envers lui et l’invitait avec sollicitude et tendresse : “Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n'entend ni ne voit, et ne te profite en rien? Ô mon père, il m'est venu de la science ce que tu n'as pas reçu; suis-moi, donc, je te guiderai sur une voie droite.versets 42, 43.

Les jeunes doivent prendre exemple sur l’attitude d’Abraham avec son père, pour apprendre la bienséance de la Da‘wa (invitation à la religion) avec les personnes âgées, surtout les parents. Une des raisons de l’éloignement des gens de la religion est la façon peu polie des jeunes dans leur Da‘wa. Ecoutez les paroles d’Abraham à son père: “Ô mon père, n'adore pas le Diable, car le Diable désobéit au Tout Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu'un châtiment venant du Tout Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié du Diable». verset 45.

Sa politesse et sa bienfaisance envers son père malgré sa mécréance et son errance lui valurent de la part d’Allah des enfants honorables : “Puis, lorsqu'il se fut séparé d'eux et de ce qu'ils adoraient en dehors d'Allah, Nous lui fîmes don d'Isaac et de Jacob; et de chacun Nous fîmes un prophète. Et Nous leur donnâmes de par Notre miséricorde, et Nous leur accordâmes un langage sublime de vérité. verset 50.

Sa bienfaisance envers son père lui valut la venue de deux enfants pieux qui ont réjoui ses yeux, et gardé la religion en dépôt pour la transmettre aux générations suivantes.

 

Ismaël qui recommandait la Salât (prière) et la Zakât (aumône obligatoire) à sa famille.

Les générations passent l’une après l’autre et chacune remet le dépôt à la suivante : “Et il commandait à sa famille la prière et la Zakât; et il était agréé auprès de son Seigneur. verset 55. Il est évident que les générations se remettaient le drapeau de la Da’wa (invitation à Allah).

Les versets mentionnent ensuite Moïse et insistent sur le même sujet : “Et par Notre miséricorde, Nous lui donnâmes Aaron son frère comme prophète. verset 53.

Après tous ces exemples lumineux de l’histoire humaine, un merveilleux commentaire vient louer ceux qui donnent la religion en héritage à leurs enfants : “Voilà ceux qu'Allah a comblés de faveurs, parmi les prophètes, parmi les descendants d'Adam, et aussi parmi ceux que Nous avons transportés en compagnie de Noé, et parmi la descendance d'Abraham et d'Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les versets du Tout Miséricordieux leur étaient récités, ils tombaient prosternés en pleurant. verset 58.

 

Puis leur succédèrent des générations.

Le don du flambeau de l’invitation à Allah en héritage était clair depuis le début du vicariat de l’Homme sur terre “parmi les descendants d'Adam” Malheureusement, après eux vinrent des générations dont tout l’intérêt était de développer chez leurs enfants l’amour du monde et des passions et de leur donner des biens en héritage. Ils n’ont pas lu sourate Maryam et n’ont pas compris l’importance de la transmission de la religion. Leurs enfants ont négligé la prière et suivi la voie des passions : “Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trouveront en perditionverset 56.

Le Musulman doit choisir dans quelle catégorie il veut être ressuscité le Jour Dernier. Avec “ceux qu'Allah a comblés de faveurs” ou ceux “qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions” ? S’il est de la première catégorie, il doit se réjouir de ce verset : “Voilà le Paradis dont Nous ferons hériter ceux de Nos serviteurs qui auront été pieux.verset 6, parce que la rétribution est de la même nature que l’action. Celui qui transmettra la religion à son enfant héritera le Paradis. Tandis que les autres doivent craindre ces paroles d’Allah (que Son nom soit glorifié) : “As-tu vu celui qui ne croit pas à Nos versets et dit: «On me donnera certes des biens et des enfants»?verset 77.

L’enfant peut s’avérer une miséricorde pour ses parents, un bon souvenir d’eux après leur mort, une aumône perpétuelle de leur part ou bien une cause de leur mécréance et de leur éloignement d’Allah comme le verset le dit. C’est pour cela que la sourate insiste sur le fait qu’il faut souhaiter avoir des enfants pour le service de la religion.

 

Pureté à Lui! Il est plus haut et infiniment au-dessus de ce qu'ils disent!

Et si les humains ont besoin d’enfants, Allah (que Son nom soit glorifié) s’en dispense. Les versets renient les paroles de ceux qui disent qu’Allah a pris un enfant, exalté et infiniment au-dessus de ce qu’ils disent soit-Il : “Et ils ont dit: «Le Tout Miséricordieux S'est attribué un enfant!» Et ils ont dit: «Le Tout Miséricordieux S'est attribué un enfant!» Peu s'en faut que les cieux ne s'entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s'écroulent, Peu s'en faut que les cieux ne s'entrouvrent à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s'écroulent, alors qu'il ne convient nullement au Tout Miséricordieux d'avoir un enfant! Tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre se rendront auprès du Tout Miséricordieux, [sans exception], en serviteurs. Il les a certes dénombrés et bien comptés. Et au Jour de la Résurrection, chacun d'eux se rendra seul auprès de Lui.versets 88 - 95.

La sourate affirme donc que les humains qui sont des mortels ont besoin d’enfants pour leur laisser leur héritage, mais qu’il n’en est pas de même pour Allah l’Éternel.

 

Brises et vagues.

La première partie de la sourate parle d’un accent délicat du besoin d’enfants et de descendance chez l’Homme: “C'est un récit de la miséricorde de ton Seigneur envers Son serviteur Zacharie. Lorsqu'il invoqua son Seigneur d'une invocation secrèteverset 2.  ainsi que la tendresse de Notre partverset 13.

C’est une des sourates où les termes “miséricorde” et “miséricordieux” sont le plus mentionnés. On y trouve vingt mots de cette même racine. Par contre, la seconde partie de la sourate qui renie l’idée qu’Allah peut avoir un enfant, est pleine de sévères reproches relatifs à cette terrible injustice. Ainsi, la sourate a réuni la délicatesse et la sévérité dans le ton sans changer de rythme. Elle prouve le caractère inimitable du Coran.

 

Pourquoi ce titre ?

Les exemples de ceux qui ont donné la religion en héritage à leurs enfants sont nombreux dans la sourate (Abraham, Ismaël et Zacharie). Pourquoi est-ce le nom de Maryam qui lui a été donné en titre? Parce que la mère est celle qui, véritablement, transmet la religion aux enfants. C’est elle qui éduque et soigne jusqu’à l’âge de raison et c’est pour cela que la sourate a pris le nom de la femme la plus éminente de l’humanité. Celle qui a reçu la religion en héritage et l’a donnée ensuite à son fils. 

 


Sourate Tâ-Hâ

Sourate Tâ-Hâ est mecquoise et comprend cent trente-cinq versets. Elle a été révélée après sourate Maryam après laquelle elle figure dans l’ordre du Coran.

 

Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux.

L’objectif de sourate Tâ-Hâ apparaît depuis le début : “Tâ-Hâ. Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureuxversets 1, 2.

Ces versets signifient que cette religion et sa doctrine ne sont pas venues pour rendre les gens malheureux. Au contraire, elles leur apportent le bonheur et il ne peut y avoir de misère avec l’Islam. Malgré toutes les difficultés auxquelles les gens pieux doivent faire face, le malheur serait de quitter le chemin d’Allah : “Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux

Cette sourate profite le plus aux jeunes qui sont éloignés de la religion ou veulent s’y conformer mais craignent que les ordonnances d’Allah assombrissent leur vie, les privent des plaisirs et des occasions d’amusements et de réjouissances. Comme ces idées sont complètement fausses, la sourate vient nous affirmer que l’Islam est la doctrine du bonheur et que celui qui s’en détourne sera malheureux dans ce monde et dans celui de l’au-delà. Allons vivre avec les versets de cette sourate depuis le début.

 

Comment peut-on être malheureux en compagnie du Miséricordieux ?

La sourate commence avec une merveilleuse introduction qui captive les cœurs : “Tâ-Hâ. Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux si ce n'est qu'un Rappel pour celui qui redoute (Allah)versets 1-3. Le Coran ne peut pas être cause de votre misère, ô vous les Musulmans, mais un rappel d’Allah qui réalisera votre bonheur.

une révélation émanant de Celui qui a créé la terre et les cieux sublimes. Le Tout Miséricordieux S'est établi «Istawâ» sur le Trône. versets 4, 5.

La sourate nous dit d’écouter cette doctrine révélée par le Miséricordieux. La mention de cet attribut d’Allah après celle du malheur, dans le verset précédent, fait comprendre aux gens que Sa religion ne peut pas causer leur malheur. Comment la doctrine d’Allah le Très-Haut qui a tous les plus beaux attributs peut-elle rendre malheureux !

Allah! Point de divinité que Lui! Il possède les noms les plus beaux.verset 8.

 

Moïse et le bonheur avec la doctrine d’Allah.

La sourate expose ensuite un modèle que nous connaissons tous, celui de Moïse (la paix sur lui). C’est l’exemple d’une personne qui connut la difficulté de la Da‘wa (invitation à la religion) mais fut entourée des soins divins. C’est comme si l’histoire nous disait : Ce n’est pas parce que le Coran est la doctrine du repos et du bonheur que la vie sera toute rose sans difficultés ni malheurs. La vie est pleine d’obstacles surtout devant le croyant qui porte la responsabilité de la doctrine et invite à elle. Mais ces difficultés ne lui causent pas de peine, de misère, d’angoisse, d’ennui ou de chagrin. Quelles que soient les difficultés auxquelles il fait face, il demeure attaché à son Seigneur, confiant, recherchant Son aide dans toutes les situations.

 

Des paroles lumineuses.

L’histoire de Moïse porte en elle les traces de la miséricorde divine malgré la difficulté et la rigueur de la vie. La façon même d’exposer l’histoire de Moïse dans cette sourate et le choix des paroles diffère des autres récits sur lui qui se trouvent dans le Coran. Par exemple : “Lorsqu'il vit du feu, il dit à sa famille: «Restez ici! Je vois du feu de loin; peut-être vous en apporterai-je un tison, ou trouverai-je auprès du feu de quoi me guider».  verset 10. 

Comme le Message est difficile, lourd à porter et que Moïse ressentait la solennité de la situation, une question amène et facile lui est posée pour commencer : “Et qu'est-ce qu'il y a dans ta main droite, ô Moïse?»  verset 17.  Moïse invoqua son Seigneur et demanda ce qu’il savait pouvoir trouver dans cette doctrine comme bonheur, sérénité et facilité : “[Moïse] dit: «Seigneur, ouvre-moi ma poitrine, et facilite ma mission, et dénoue un nœud en ma langueverset 25-27. Et c’est pour cela que d’autres versets continuent avec la même délicatesse et la même tendresse : “[Allah] dit: «Saisis-le et ne crains rien: Nous le ramènerons à son premier état. verset 21.[Allah] dit: «Ta demande est exaucée, ô Moïse. verset 36.Et Nous t'avons déjà favorisé une première fois.verset 37. Et J'ai répandu sur toi une affection de Ma part, afin que tu sois élevé sous Mon œil. verset 39.

Tu as ensuite un individu; Nous te sauvâmes des craintes qui t'oppressaientverset 40.Et je t'ai assigné à Moi-Même.verset 41.Il dit: Ne craignez rien. Je suis avec vous: J'entends et Je vois.” verset 46.N'aie pas peur, c'est toi qui auras le dessus.verset 68.

Voyez-vous combien de fois l’expression “N’aie pas peur” a été répétée ? C’est un exemple vivant du triomphe qu’Allah donne à Ses serviteurs croyants. En même temps, c’est le résultat de la confiance de la mère de Moïse dans la promesse d’Allah et le résultat de son obéissance à l’ordre de le jeter dans le fleuve. C’est comme si c’était une compensation pour Moïse d’avoir été jeté, par ordre d’Allah et juste nouveau-né, dans une caisse ballottée par les vagues. Oui, la mère de Moïse a peiné et a lutté contre elle-même et Moïse a peiné dans la confrontation avec Pharaon mais Allah les a rassurés d’une façon merveilleuse. Quelles que soient les épreuves, nous retrouvons le croyant heureux, satisfait et le cœur plein de sérénité.

Pourquoi mettons-nous des barrières entre nous et la religion ? Pourquoi la craignons-nous quand elle est notre porte vers le bonheur ?

 

Des subtilités des soins divins.

Avec la subtilité du Coran envers le Prophète (BP sur lui), nous voyons qu’Allah lui accorde ce qu’Il accorda à Moïse.

Ainsi, face à cette invocation “[Moïse] dit: «Seigneur, ouvre-moi ma poitrineverset 25,  nous trouvons : “N'avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine?Ach-Charh (L’Ouverture) : 1.

Et avec des termes semblables aux paroles adressées à Moïse: “afin que tu sois élevé sous Mon œil. nous trouvons: “Et supporte patiemment la décision de ton Seigneur. Car en vérité, tu es sous Nos yeux.At-Toûr : 48.

Ces versets semblent dire : ceci est pour toi Mohammed.

 

Les sorciers ont goûté au bonheur.

Nous arrivons à l’attitude des sorciers face au Pharaon. Bien que durement persécutés par lui, ils ne se sont pas trouvés du tout malheureux. Pharaon leur avait dit : “Je vous ferai sûrement, couper mains et jambes opposées, et vous ferai crucifier aux troncs des palmiers, et vous saurez, avec certitude, qui de nous est plus fort en châtiment et qui est le plus durableverset 71.

Et qu’ont-ils répondu ?

Par celui qui nous a créés, dirent-ils, nous ne te préférerons jamais à ce qui nous est parvenu comme preuves évidentes. Décrète donc ce que tu as à décréter. Tes décrets ne touchent que cette présente vie*Nous croyons en notre Seigneur, afin qu'Il nous pardonne nos fautes ainsi que la magie à laquelle tu nous as contraints». Et Allah est meilleur et éternel.versets 72, 73.

Paroles splendides prononcées par des personnes qui viennent de se soumettre à Allah depuis quelques instants seulement et qui montrent bien qui est heureux et qui est malheureux : “Quiconque vient en criminel à son Seigneur, aura certes l'Enfer où il ne meurt ni ne vit. Et quiconque vient auprès de Lui en croyant, après avoir fait de bonnes œuvres, voilà donc ceux qui auront les plus hauts rangs, les jardins du séjour (éternel), sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Et voilà la récompense de ceux qui se purifient [de la mécréance et des péchésversets 74 - 76.

C’est un bonheur du monde de l’au-delà qui submerge l’instant présent. Il donne au croyant la force de s’opposer aux tyrans de la terre en toute sérénité, parce qu’il a senti le goût du bonheur.

 

Le malheur qui accompagne l’abandon de la doctrine d’Allah.

Un exemple qui contraste avec celui des sorciers se trouve dans la même histoire. Celui de As-Sâmiry qui a égaré les Banî Isrâ’îl (les Fils d’Israël) avec l’adoration du veau. Et le dernier verset dans l’histoire de Moïse montre le malheur subi par cet homme : “Va-t-en, dit [Moïse]. Dans la vie, tu auras à dire (à tout le monde): « Ne me touchez pas! » Et il y aura pour toi un rendez-vous que tu ne pourras manquer.verset 97.

A la fin de cette histoire, le commentaire confirme le bonheur trouvé avec cette religion et le malheur à vivre loin d’elle : “C'est ainsi que Nous te racontons les récits de ce qui s'est passé. C'est bien un rappel de Notre part que Nous t'avons apporté. Quiconque s'en détourne (de ce Coran), portera au jour de la résurrection un fardeau; ils resteront éternellement dans cet état, et quel mauvais fardeau pour eux au Jour de la Résurrection.versets  99-101.

Ensuite, Allah (que Son nom soit glorifié) dit à propos du bonheur et du malheur de l’au-delà : “Et les visages s'humilieront devant Le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même «al-Qayyûm», et malheureux sera celui qui [se présentera devant Lui] chargé d'une iniquité. Et quiconque aura fait de bonnes œuvres tout en étant croyant, ne craindra ni injustice ni oppression.versets 111, 112.

 

Adam et le bonheur.

La sourate insiste tout particulièrement sur son objectif à travers l’histoire d’Adam et d’Eve : “Alors Nous dîmes: Ô Adam, celui-là est vraiment un ennemi pour toi et ton épouse. Prenez garde qu'il vous fasse sortir du Paradis, car alors tu seras malheureux.verset 117. L’abandon de la doctrine d’Allah et l’obéissance à Iblîs (Satan) sont les causes du malheur dans l’au-delà et les versets se poursuivent pour montrer tous les bonheurs au Paradis : “Car tu n'y auras pas faim ni ne seras nu, tu n'y auras pas soif ni ne seras frappé par l'ardeur du soleil.versets 118, 119.

Cette règle s’applique à Adam et à sa descendance même après la sortie du Paradis : “Il dit: «Descendez d'ici, (Adam et Eve), [Vous serez] tous (avec vos descendants) ennemis les uns des autres. Puis, si jamais un guide vous vient de Ma part, quiconque suit Mon guide ne s'égarera ni ne sera malheureux.»verset 123.

Le terme “malheur” et ses dérivés sont  répétés trois fois dans la sourate : “Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux” “ qu'il vous fasse sortir du Paradis, car alors tu seras malheureux.” “quiconque suit Mon guide ne s'égarera ni ne sera malheureux.” Personne ne doit craindre d’embrasser la religion et de suivre la doctrine d’Allah. Tout le bonheur y est.

Et des versets terribles viennent décrire le malheur de ce monde et de celui de l’au-delà : “Et quiconque se détourne de Mon Rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne” cela est pour ce monde et pour l’autre : “le Jour de la Résurrection Nous l'amènerons aveugle au rassemblement». Il dira: «Ô mon Seigneur, pourquoi m'as-Tu amené aveugle alors qu'auparavant je voyais?» [Allah lui] dira: «De même que Nos Signes (enseignements) t'étaient venus et que tu les as oubliés, ainsi aujourd'hui tu es oublié». Ainsi sanctionnons-nous l'outrancier qui ne croit pas aux révélations de son Seigneur. Et certes, le châtiment de l'au-delà est plus sévère et plus durable.versets 124 - 127.

L’ultime bonheur est d’être en paix avec soi-même, satisfait de sa vie et de l’ordonnance d’Allah et de parvenir à Son agrément. La fin de la sourate confirme : “Supporte patiemment ce qu'ils disent et célèbre Sa louange, avant le lever du soleil, avant son coucher et pendant la nuit; et exalte Sa Gloire aux extrémités du jour.verset 130.

Où est-ce que tout cela mène ? “Peut-être auras-tu satisfactionverset 130.

L’exaltation d’Allah, Son rappel et l’obéissance à Ses ordres mènent au plus haut degré de bonheur qui est la félicité. Le bonheur peut-il être autre chose que la félicité ? Ce sentiment qui fait défaut à beaucoup malgré les biens, les passions, les plaisirs, les palais et les automobiles ? Ils sont privés de la félicité obtenue par l’exaltation d’Allah et l’obéissance à Ses ordres.

A tous ceux qui recherchent le bonheur, aux jeunes qui ont commis des péchés à la recherche du bonheur et ont été déçus, je dis : Lisez sourate Tâ-Hâ : “Tâ-Hâ. Nous n'avons point fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux”.

 

 


Sourate Al-Anbiyâ’ (Les prophètes)

Sourate Al-’Anbiyâ’ révélée après sourate ’Ibrâhîm (Abraham) est mecquoise et vient dans l’ordre du Coran après sourate Tâ-Hâ. Elle comprend cent douze versets.

 

Le rôle des prophètes dans le rappel aux humains.

La sourate raconte les histoires des prophètes et leur rôle dans le rappel aux humains. Ce sont les meilleures créatures d’Allah qui ont conduit la terre vers le bien et le bonheur. La sourate nous montre comment chaque prophète s’adressait à sa communauté,  pratiquait le culte et implorait son Seigneur. Elle suit un seul mode et confirme que le message de tous les prophètes est le même.

 

Le danger de l’insouciance.

La première mission des prophètes est de faire cesser le règne de l’insouciance qui cause l’égarement des gens et mène à la perte des messages précédents. C’est une maladie dangereuse qui touche les individus autant que les sociétés et les éloigne du chemin d’Allah.

Il y a d’un côté des adorateurs dévoués, et de l’autre des désobéissants débauchés. Mais le danger réside dans la catégorie intermédiaire des insouciants, des jouisseurs et des négligents envers les ordres d’Allah.

Sourate Al-’Anbiyâ’ commence par un avertissement contre cette maladie : “L'échéance] du règlement de leur compte approche pour les hommes, alors que dans leur insouciance ils s'en détournent. Aucun rappel [de révélation] récente ne leur vient de leur Seigneur, sans qu'ils ne l'entendent en s'amusant, leurs cœurs distraits ...versets 1-3. Trois versets alarmants sur cette maladie et ses conséquences. “... dans leur insouciance ils s'en détournent ... en s'amusant ... en s'amusant…

 

Votre modèle dans la pratique du culte et de l’action.

L’objectif le plus important de cette sourate est de demander au lecteur quel est son modèle dans la vie. Si nous posons cette question aux jeunes d’aujourd’hui, combien diront Abraham, Joseph ou notre Prophète (BP sur lui) et combien diront tel chanteur, tel acteur ou rien du tout ?

Sourate Al-’Anbiyâ’ aborde ce sujet et insiste sur deux points lumineux dans la vie de chaque prophète et semble dire : ceux-là doivent être vos modèles dans leur bon comportement avec Allah et avec les gens, c’est à dire leur pratique du culte et leur Da‘wa (invitation à Allah).

 

L’uniformité des termes dans l’invocation et la réponse.

De nombreux versets mentionnent les invocations des prophètes et la réponse d’Allah. Depuis Noé : “Et Noé, quand auparavant il fit son appel.verset 76 jusqu’à Job “Et Job, quand il implora son SeigneurYoûnous : 83 qui appela son Seigneur quand il était dans le ventre de la baleine “Puis il fit, dans les ténèbres, l'appel que voici verset 87, et Zacharie “quand il implora son Seigneur: Ne me laisse pas seulverset 89.

A cet appel merveilleux de la part des prophètes à leur Seigneur, la réponse vient immédiate, uniforme pour tous : “Nous l'exauçâmes ...

 

Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants.  

Si nous nous arrêtons à l’histoire d’un des prophètes mentionnés dans la sourate, nous trouvons un verset qui dit : “Nous l'exauçâmes et le sauvâmes de son angoisse. Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants.verset 88. Il ne s’est pas contenté de répondre au prophète, mais il a généralisé la réponse à tous les croyants qui invoquent leur Seigneur (que Son nom soit glorifié et exalté) “Et c'est ainsi que Nous sauvons les croyants”. Allah exauce celui qui L’invoque avec l’humilité et la ferveur des prophètes.

 

Une seule fondation.

L’uniformité des invocations des prophètes et leur utilisation des mêmes termes confirme l’unité de leur message et la complémentarité de leur Da‘wa (invitation à la religion). Allah (que Son nom soit glorifié) dit : “Certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc.verset 92. La communauté des prophètes est une et chacun d’entre eux a eu son rôle dans la fondation de la religion jusqu’à la venue du dernier des prophètes et des messagers qui l’a complétée. Nous avons un hadith dans ce sens :

Par rapport aux prophètes, je suis comme un homme qui a construit un bâtiment et l’a terminé en omettant une seule brique. Les gens le voyaient, s’en étonnaient et disaient : “Si ce n’était cette brique.” Le Messager (BP sur lui) continuait et disait : “ Je suis cette brique et je suis le dernier des prophètes.”

Ainsi la sourate insiste sur le fait que chaque prophète a été envoyé pour sa communauté, à part Mohammed auquel elle dit : “Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers.” C’est à dire aux gens du monde entier et même d’autres mondes comme celui des djinns.

Pourquoi donc ne pas le prendre pour modèle, puisqu’il est une miséricorde pour l’univers ?

 

Une fin qui fait trembler les cœurs.

Puisque la sourate commence avec le danger de la maladie de l’insouciance, sa fin doit être véhémente pour secouer les cœurs et les réveiller de leur insouciance. Elle semble dire aux gens : Si vous ne suivez pas ces prophètes, sachez que vous retournerez à Allah en un jour qui sera difficile “Le jour où Nous plierons le ciel comme on plie le rouleau des livres.verset 104. Imaginez ce jour, les sons du ciel lorsqu’il se pliera comme lorsque l’un d’entre nous plie son livre et voyez la confirmation divine : “Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons; c'est une promesse qui Nous incombe et Nous l'accomplirons!verset 104.

 

La terre leur appartient.

Celui qui suit les pas des prophètes triomphe dans ce monde et dans l’autre. Après la description impressionnante du Jour de la Résurrection, Allah (que Son nom soit glorifié) nous dit : “Et Nous avons certes écrit dans le Zabûr, après l'avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteursverset 105.

Ces versets disaient à tous les adeptes des prophètes : Suivez les pas des prophètes d’Allah pour hériter la terre et obtenir son califat. Le verset suivant le précise encore mieux : “Il y a en cela [ces enseignements] une communication à un peuple d'adorateurs!verset 106. Il précise le point à imiter et dit qu’il faut adorer Allah comme les prophètes pour avoir l’honneur d’hériter leur califat sur la terre.

Au lecteur du Coran qui a lu les nombreux messages sur la doctrine, voici sourate Al-’Anbiyâ’ qui l’invite à suivre les pas des prophètes et de leur Imâm (chef) Mohammed (BP sur lui) dans leur façon de pratiquer le culte, d’implorer Allah, dans leur souci de la doctrine et dans leur  persévérance dans sa diffusion et sa communication, pour faire partie des serviteurs pieux d’Allah et afin d’hériter la terre selon cette doctrine: “que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Sourate Al-Hajj (Le Pèlerinage)

Sourate Al-Hajj est en partie médinoise, en partie mecquoise et comprend soixante-dix-huit versets. Elle a été révélée après sourate An-Noûr (La Lumière) et vient dans l’ordre du Coran après sourate Al-’Anbiyâ’.

 

Une des sourates les plus étonnantes.

Elle comprend des versets mecquois et d’autres médinois qui ont été révélés certains la nuit, d’autres le jour, en région urbaine ou en voyage. De plus elle est la seule à avoir reçu le nom d’un des piliers de l’Islam. Elle fait ainsi apparaître l’importance du Hajj (pèlerinage), ce pilier grandiose de l’Islam, qui est le sujet principal de cette sourate.

 

Le Pèlerinage : la clé pour la comprendre. 

Bien que la sourate porte le nom du Hajj, elle se concentre, à son début, sur le Jour du Jugement, et sur la Résurrection. Ensuite, viennent des versets qui traitent du Jihâd, lutte pour la grâce d’Allah puis de la profonde soumission qui Lui est due (que Son nom soit glorifié) et nous informent de la prosternation de tout ce qui existe dans l’univers devant Lui ... Quel est donc la relation de tous ces sujets entre eux et quel rapport ont-ils avec le Hajj ?

Lorsque le Musulman accomplit ce rite majestueux et qu’il partage la vie d’autres pèlerins, en réalité ou même seulement en pensée, il comprend le dessein divin de cette sourate. En effet le pèlerinage est un culte fondamental pour l’édification de la Umma (nation). La sourate semble dire au lecteur : Accomplissez un pèlerinage authentique comme celui du Prophète (BP sur lui), il vous permettra de parfaire votre personnalité et de la former à des notions essentielles que doit maîtriser tout individu de cette Umma.

 

Un rappel concret.

La sourate fait un début impressionnant avec son rappel du Jour de la Résurrection et son premier verset : “Ô hommes! Craignez votre Seigneur. Le séisme [qui précédera] l'Heure est une chose terrible.verset 1. Mais quelle est la relation entre le Hajj et le Jour de la Résurrection ?

La plupart des rites du Hajj rappellent le Jour de la Résurrection. Nous devons nous imaginer cette scène du Hajj même si nous n’avons pas eu l’occasion de l’accomplir :

Les pèlerins descendent du mont ‘Arafat vers Al-Muzdalifa pour jeter les pierres (petits cailloux qui servent à lapider un monument représentant Satan) en pleine chaleur, au milieu d’une foule étouffante pendant la longue attente. Tous implorent Allah avec des invocations et crient Labbaïk, allahoumma labbaïk (Présent, ô Allah, présent) dans leurs habits du Hajj qui rappellent des linceuls. La foule, la transpiration et le soleil brûlant font penser à la nudité du Jour de la Résurrection.

 

Le Hajj et la vision du Jour Dernier.

La sourate commence ensuite à décrire les affres du Jour Dernier dans une scène qui semble palpable : “Le jour où vous le verrez, toute nourrice oubliera ce qu'elle allaitait, et toute femelle enceinte avortera de ce qu'elle portait. Et tu verras les gens ivres, alors qu'ils ne le sont pas. Mais le châtiment d'Allah est dur.verset 2. Puis les versets nous transportent au Jour de la Résurrection, nous montrent les tombeaux dont les gens sortent tout empoussiérés et nous rappellent que l’Homme a été fait de terre : “hommes! Si vous doutez au sujet de la Résurrection, c'est Nous qui vous avons créés de terreverset 5.

Et effectivement au bout de deux jours, durant le Hajj, le pèlerin finit par ressembler à un tas de poussière. De plus, s’il fait un pèlerinage comme celui du Prophète (BP sur lui) et qu’il passe la nuit à Al-Muzdalifa, il se sent extenué et aperçoit ceux qui se lèvent pour la prière du Fajr (aube) comme ceux qui ressuscitent de leurs tombeaux : tous sont habillés de blanc et se déplacent pour aller jeter les pierres. C’est pour cela que le verset nous rappelle la sortie des tombeaux : “Et que l'Heure arrivera; pas de doute à son sujet, et qu'Allah ressuscitera ceux qui sont dans les tombeaux.verset 7.

C’est le premier effet du Hajj dans l’éducation de la Umma : les rites du pèlerinage permettent de préparer la Umma au Jour Dernier.

 

Les rites du Hajj : une complète soumission à Allah.

Les versets 26 à 37 mentionnent les différents rites du Hajj et arrivent au verset principal : “Et quiconque exalte les injonctions sacrées d'Allah, s'inspire en effet de la piété des cœurs.verset 32.

Quel est le secret de ces majestueux rites qu’Allah nous ordonne d’accomplir?

Nous devons durant le Hajj accomplir des ordres et des directives précis et obligatoires, et sans lesquels le pèlerinage risque de perdre sa validité: Sept circumambulations autour de la Ka‘ba, le Sa‘y qui est une marche aller et retour sept fois entre deux monticules, puis la lapidation du monument représentant Satan, qui consiste à jeter des pierres sur une stèle.

Il se peut que le pèlerin ne réalise pas la signification de certains de ces rites, mais il s’exécute par obéissance à Allah dans une complète soumission. C’est une préparation à un autre devoir qui fait partie du culte pour les Musulmans, le Jihâd (lutte pour la grâce d’Allah).

 

Le Hajj et le Jihâd.

Ainsi, les versets du Jihâd suivent ceux sur le Hajj : “Allah prend la défense de ceux qui croient.verset 38. Ensuite : “Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourirverset 39.

Le sens semble être : Le Hajj est un exercice en vue du Jihâd, parce c’est une excursion difficile, un déplacement d’un endroit à l’autre et le pèlerin est sans cesse en mouvement d’un rite à un autre sans connaître de répit. En vérité, le Hajj est un des rites religieux sublimes durant lequel le pèlerin abandonne ses habitudes pour s’entraîner à supporter avec patience les difficultés.

 

Le Hajj et la soumission à Allah. 

Une des merveilles du Hajj est qu’il donne le sentiment que l’univers entier se soumet à Allah. Sur le mont ‘Arafat, le pèlerin sent qu’il n’est pas seul à se prosterner devant Lui et à L’invoquer. La tente, la montagne et l’univers entier font de même et il se joint à eux. Le verset le dit clairement : “N'as-tu pas vu que c'est devant Allah que se prosternent tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup de gens? Il y en a aussi beaucoup qui méritent le châtiment. Et quiconque Allah avilit n'a personne pour l'honorer, car Allah fait ce qu'il veut.verset 18.

 

La vie de la Umma entre deux prosternations.

Il faut remarquer que la première sourate qui requit une prosternation à la lecture d’un de ses versets au début de la mission fut sourate Al-‘Alaq (L’Adhérence) : “Non! Ne lui obéis pas; mais prosterne-toi et rapproche-toi.verset 19, et la dernière prosternation est celle de Al-Hajj (Le Pèlerinage) qui a été révélée à la fin de la mission et où nous trouvons : “Ô vous qui croyez! Inclinez-vous, prosternez-vous, adorez votre Seigneur, et faites le bien. Peut-être réussirez vous! verset 77.

La différence entre les deux prosternations, la première, celle de sourate Al-‘Alaq (L’Adhérence) qui s’adresse au Prophète (BP sur lui) seul, et la seconde, celle de Al-Hajj (Le Pèlerinage) qui s’adresse à la Umma entière montre la transformation qui a eu lieu depuis la présence du Messager seul dans la caverne de Hirâ’ jusqu’à celle de la Umma soumise et combattante.

Il faut avoir l’intention d’accomplir les rites majestueux du Hajj ou au moins ceux de la ‘Oumra (le petit pèlerinage) pour s’imprégner des significations des versets de cette sourate. Ou bien lire cette dernière avec l’intention de profiter de ses leçons si l’occasion n’est pas propice au Hajj.  

 

 


Sourate Al-Mou’minoûn (Les croyants)

Sourate Al-Mou’minoûn (Les Croyants) est mecquoise et comprend cent dix-huit versets. Elle a été révélée après sourate Al-’Anbiyâ’ et vient dans l’ordre du Coran après sourate Al-Hajj (Le Pèlerinage).

 

Où en sommes-nous de ces attributs ?

Cette sourate mentionne les attributs des croyants et met en vis-à-vis le destin des incroyants. Elle semble poser cette question au lecteur du Coran : Où en es-tu des attributs de ces croyants bienheureux dont les qualités sont présentées ? Elle attire l’attention sur les qualités des croyants ayant trait à la moralité, en alternance avec leur pratique du culte. Elle permet au lecteur de s’évaluer.

 

Investigation de la foi.

La sourate commence par ces paroles d’Allah (que Son nom soit glorifié) : “Bienheureux sont certes les croyantsverset 1. Qui sont-ils et comment pouvons-nous en faire partie ? Répondons aux questions principales de l’investigation :

 

-          ceux qui sont humbles dans leur Salâtverset 2.

Accomplissons-nous notre Salât (prière), humblement ? Combien de points pouvons-nous avoir avec la réponse ?

 

-          qui se détournent des futilités verset 3.

Disons-nous des médisances, faisons-nous du mouchardage, retenons-nous notre langue pour ne dire que ce qui est utile, évitons-nous les assemblées où se pratique la médisance et essayons-nous de ne pas l’entendre ?

 

-          et qui préservent leurs sexes [de tout rapport]verset 5.

Arrivons-nous à baisser le regard, préserver notre pudeur et éviter tout ce qui mène à la fornication ?

 

-          et qui veillent à la sauvegarde des dépôts confiés à eux et honorent leurs engagementsverset 8.

Comment gardons-nous ce qui est en dépôt chez nous, depuis les plus petites choses comme un livre ou une cassette empruntés jusqu’à la préservation de la religion et sa diffusion ?

 

-          et qui observent strictement leur Salât.verset 9.

Accomplissons-nous la Salât à l’heure exacte, en groupe, combien pouvons-nous compter de points positifs là-dessus ?

 

Nous devons nous féliciter si nous avons réussi à l’investigation.

Ceux qui ont la plupart de ces qualités, doivent se réjouir car Allah dit (que Son nom soit glorifié) : “Ce sont eux les héritiers, qui hériteront le Paradis pour y demeurer éternellement.versets 11, 12. Récompense sublime, et témoignage divin qui donne droit à l’héritage de la terre et au niveau le plus haut du Paradis.

 

L’histoire des croyants et le destin des mécréants.

La sourate parle ensuite de l’histoire des croyants sur cette terre et mentionne de nombreux récits à propos des prophètes d’Allah (que Son nom soit glorifié) et surtout sur l’héritage de la foi par chacune des générations de prophètes “Puis, après eux, Nous avons créé d'autres générationsverset 31.Puis après eux Nous avons créé d'autres générations.verset 42.

Entre ces versets, le destin des mécréants est décrit et semble dire aux croyants dont les attributs ont été mentionnés : Attention de vous éloigner du chemin de la foi, de négliger la prière et d’avoir le même destin que ceux-là : “Le cri, donc, les saisit en toute justice; puis Nous les rendîmes semblables à des débris emportés par le torrent. Que disparaissent à jamais les injustes!verset 41.Ensuite, Nous envoyâmes successivement Nos messagers. Chaque fois qu'un messager se présentait à sa communauté, ils le traitaient de menteur. Et Nous les fîmes succéder les unes aux autres [dans la destruction], et Nous en fîmes des thèmes de récits légendaires. Que disparaissent à jamais les gens qui ne croient pas!verset 44.

Voyez-vous comment l’éloignement de la foi peut causer la destruction ?

 

Des qualités plus hautes et plus éminentes.

Ensuite, les versets présentent les qualités des croyants d’un rang supérieur aux précédents. Voyons les versets 57 à 61 :

Ceux qui, de la crainte de leur Seigneur, sont pénétrésverset 57.

Au début de la sourate, l’humilité dans la prière était demandée. Mais ce niveau est plus élevé puisque la crainte d’Allah accompagne tous les aspects de la vie et ses mouvements.

qui croient aux versets de leur Seigneur, qui n'associent rien à leur Seigneurversets 58, 59.

Ils n’associent rien à Allah dans leur culte, ni dieu ni fausse piété. Attention d’avoir d’autre objectif que la rétribution et l’agrément d’Allah.

qui donnent ce qu'ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte [à la pensée] qu'ils doivent retourner à leur Seigneur.verset 60.

Nous arrivons à la qualité ultime des croyants qui est d’adorer Allah et d’exécuter Ses ordres avec la crainte de ne pas être agréé. Au sujet de ce verset, ‘A’icha a demandé au Prophète (BP sur lui) : “Est-ce que l’homme vole et fornique en craignant Allah ?” Il lui répondit : Non, ô fille du Véridique (surnom de Abou Bakr), ce sont ceux qui adorent leur Seigneur et craignent de ne pas être agréés.”

 

Un témoignage divin.

Avec toutes ces qualités, les croyants ont mérité un autre témoignage d’Allah (que Son nom soit glorifié) : “Ceux-là se précipitent vers les bonnes actions et sont les premiers à les accomplir.verset 61.  Ils se précipitent sur toutes les occasions et se font concurrence pour récolter les bonnes actions et les rétributions sans en manquer aucune.

 

Après l’action ... l’invocation.

A la fin, sourate Al-Mou’minoûn nous apprend une très belle invocation : “Et dis: «Seigneur, pardonne et fais miséricorde. C'est Toi le Meilleur des miséricordieux».verset 118.

Pourquoi cette invocation à la fin de la sourate ? Les croyants de ce niveau de foi sont malgré tout des humains qui sont susceptibles de commettre des erreurs. Il leur fallait un verset pour les amener à demander pardon des fautes et des négligences où ils ont pu tomber.

 

 


Sourate An-Noûr (La lumière)

Sourate An-Noûr est une sourate médinoise qui comporte soixante-quatre versets. Elle fut révélée après sourate Al-Hachr (L’exode) et elle figure après sourate Al-Mou’minoûn (Les croyants) dans l’ordre du Coran.

 

Des foyers lumineux.

Sourate An-Noûr est la sourate des bienséances sociales car elle se préoccupe de ce qui se passe dans les foyers, des relations entre les individus, du fonctionnement harmonieux et de la vertu de nos sociétés, de la préservation de la débauche et de la corruption.

 

Les mauvaises langues.

Sourate An-Noûr a été révélée à l’occasion de la rumeur répandue par les hypocrites au sujet de ‘Â’icha (qu’Allah soit satisfait d’elle) lors de l’incident de la calomnie où elle fut accusée d’adultère et qu’une révélation divine vint l’innocenter. ‘Â’icha était sortie avec le Prophète (BP sur lui) pour la campagne d’Al-Moustalaq et l’armée avait fait une halte pour se reposer. C’est alors que ‘Â’icha perdit son collier, et pendant qu’elle le cherchait, les hommes vinrent prendre son palanquin sans remarquer qu’elle ne s’y trouvait pas, car elle était menue et légère. A son retour, la caravane était partie et elle se retrouva seule dans le désert…

Cependant le Prophète (BP sur lui) avait l’habitude de laisser un homme en arrière-garde de son armée pour qu’il puisse guider ceux qui se seraient attardés. Ainsi Safwân Ibn Al-Mou‘atal qui était posté en arrière de l’armée trouva ‘Â’icha seule. Il la fit monter sur sa chamelle, sans lui adresser la parole ni porter son regard sur elle jusqu’à son retour à Médine.

Les hypocrites profitèrent de cet incident pour semer le trouble en répandant le bruit que ‘Â’icha aurait commis une turpitude (qu’Allah nous en préserve) avec Safwân Ibn Al-Mouatal. Les gens se mirent à répéter ce mensonge abject et parmi les croyants, certains commirent l’erreur de prêter oreille à cette calomnie sous prétexte qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Les réactions des Musulmans furent diverses. Certains étaient dans le doute, d’autres rejetaient complètement ce mensonge, et d’autres encore crurent à cette calomnie. La révélation fut interrompue pendant un mois complet. Cet événement s’avéra être une épreuve pour toute la société musulmane.

 

Innocentée par le Seigneur.

Aucune révélation ne parvint au Prophète (BP sur lui) le temps de voir comment réagirait la société. Ce fut une rude épreuve. Finalement, les versets de sourate An-Noûr furent révélés du haut des sept cieux afin de blanchir ‘Â’icha (qu’Allah soit satisfait d’elle) :

Ceux qui sont venus avec la calomnie sont un groupe d’entre vous. Ne pensez pas que c’est un mal pour vous, mais plutôt, c’est un bien pour vous. A chacun d’eux ce qu’il s’est acquis comme péché. Celui d’entre eux qui s’est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment.verset 11.

Ce verset déclare sans ambiguïté l’innocence de ‘Â’icha, victime d’un mensonge odieux et d’une calomnie abjecte inventée de toute pièce, et annonce un châtiment sévère à ceux qui répandent de telles rumeurs calomnieuses (en particulier ‘Abdoullah Ibn Obey ibn Saloûl, le chef des hypocrites).

 

Ne pensez pas que c’est un mal pour vous.

Toujours dans le même verset, on est quelque peu surpris par le commentaire sur l’incident de la calomnie et sur la façon dont elle s’est répandue parmi les Musulmans : “Ne pensez pas que c’est un mal pour vous, mais plutôt, c’est un bien pour vous….” En quoi est-ce un bien ?

Toute la communauté musulmane médinoise va tirer des leçons de cet incident, et nous allons, nous aussi, en tirer des enseignements. Les règles et les bienséances sociales qui furent révélées dans cette sourate s’avèreront un bien pour les Musulmans de tous horizons et de tout temps jusqu'à ce qu’Allah hérite de la Terre et de ce qu’elle porte, conformément aux paroles divines : “…mais plutôt, c’est un bien pour vous.

 

Pourquoi n’ont-ils pas en eux-mêmes conjecturé favorablement.

Le premier commentaire après l’incident de la calomnie fut : “Pourquoi, lorsque vous l’avez entendue [cette calomnie], les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement, et n’ont-ils pas dit : «C’est une calomnie évidente?»verset 12.  Un verset admirable qui nous indique l’attitude à adopter lorsque se répandent les rumeurs et les médisances portant atteinte à l’honneur des gens. Ce verset est descendu à propos de Aboû Ayyoûb Al-Ansâry qui avait dit à sa femme : “Si tu t’étais trouvée à la place de ‘Â’icha, aurais-tu fait ce qu’ils prétendent qu’elle a fait ? Elle répondit : Non ! Alors il dit : ‘Â’icha est meilleure que toi. Puis elle lui dit : Si tu avais été à la place de Safuân Ibn Al-Mou‘atal aurais-tu fait ce qu’ils disent qu’il a fait ? Il répondit : Non ! Alors elle dit : Safwân est meilleur que toi.”

Le verset est descendu pour faire l’éloge de leur conduite et afin que tous les Musulmans suivent leur exemple.

On remarque la subtilité du verset qui peut être compris de deux façons différentes : “les croyants et les croyantes n’ont-ils pas, en eux-mêmes, conjecturé favorablement…” ou  “les croyants et les croyantes n’ont-ils pas conjecturé favorablement d’eux-mêmes” S’il est vrai qu’ils ont fait des conjectures au sujet de leur frère comme l’indique la première lecture, la deuxième lecture du verset apporte un sens supplémentaire et semble dire aux Musulmans : Présumez de vos frères ce que vous présumez de vous-mêmes car vous êtes croyants tout comme eux. Quant aux hypocrites, qu’ils pensent ce qu’ils veulent ! Les versets suggèrent donc que porter atteinte à l’honneur d’un Musulman, c’est porter atteinte à son propre honneur, et que défendre l’honneur de ton frère et présumer le bien de lui, c’est en fait défendre ton propre honneur.

 

Gardez-vous de porter atteinte à l’honneur des gens

Ô Musulmans, prenez garde de porter atteinte à l’honneur des gens, et tout particulièrement des femmes. Et prenez garde de prêter oreille aux mauvaises suggestions de Satan à ce sujet et de propager les nouvelles et les scandales publiés dans la presse risquant ainsi de commettre une injustice et de faire du tort à un innocent. C’est là un des plus grand péchés contre lequel la sourate met en garde : la calomnie des femmes chastes.

Or les hypocrites qui diffusèrent la calomnie, ainsi que les Musulmans qui y prêtèrent foi n’ont produit ni témoins, ni preuves : “Pourquoi n’ont-ils pas produit [à l’appui de leurs accusations] quatre témoins ? S’ils ne produisent pas de témoins, alors ce sont eux, auprès d’Allah, les menteurs.verset 13.

Mais la grâce d’Allah et Sa miséricorde devancent Sa colère : “N’eussent été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde ici-bas comme dans l’au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour cette (calomnie) dans laquelle vous vous êtes lancés.” verset 14.

 

Vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme.

Les versets décrivent ensuite la gravité de la faute : quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n’aviez aucun savoir; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme. Et pourquoi, lorsque vous l’entendiez, ne disiez-vous pas : «Nous ne devons pas en parler. Gloire à Toi (ô Allah) ! C’est une énorme calomnie» ?  Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants.versets 15 -17.

Tous ces versets concernant l’incident de la calomnie mettent en garde les Compagnons ainsi que toute la Umma après eux contre les accusations portant sur l’honneur des femmes. Et que ce soit un mot, un geste ou un sous-entendu, ces insinuations sont inacceptables même si elles sont proférées sur le ton de la plaisanterie : “et vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme.verset 15. Allah vous exhorte à ne plus jamais revenir à une chose pareille si vous êtes croyants.verset 17.

Il reste que cet incident s’avéra être un bien pour la communauté médinoise ainsi que pour toutes les sociétés musulmanes.

Et à présent, passons en revue les versets de cette sourate pour en faire ressortir clairement l’objectif.

 

Un début en accord avec la gravité du délit.

Le début de cette sourate diffère du début des sourates précédentes par son ton sévère : “Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée…verset 1. Et s’il est vrai que toutes les sourates du Coran sont descendues et ont été imposées, pourquoi cette mention explicite au début de cette sourate en particulier ? Il semble que cette sourate soit destinée à établir des barrières protectrices pour la société, et cette entrée en matière solennelle reflète l’importance des règles qui vont suivre.

Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée, et Nous y avons fait descendre des versets explicites afin que vous vous souveniez».”

 

La première sentence.

La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition.”

La miséricorde et la compassion sont des valeurs de base dans notre religion, pourtant dans ce cas le verset dit : “Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah.”

Notre religion nous incite à voiler les défauts (satr) car Allah voile les défauts et aime que l’on fasse de même, mais dans le cas de l’adultère le verset dit : “Et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition.”

 

Réponse aux accusations.

Les ennemis de l’Islam ne manquent pas de critiquer notre religion et de l’accuser de cruauté et de rudesse dans l’application des peines. Malheureusement les Musulmans sont parfois embarrassés et ne savent que répondre face à ces accusations, et vont même parfois jusqu'à les trouver justifiées. A ceux-là nous disons : Ne jugez pas l’Islam avant d’avoir lu sourate An-Noûr en entier. Vous réaliserez les grands mérites des solutions apportées par l’Islam aux maux de la société.

 

Mesures de prévention

Les mesures instaurées par la sourate sont en principe suffisantes pour prévenir le crime de l’adultère. Cependant, si après toutes ces mesures strictes mentionnées dans la sourate quelqu’un commet un tel acte, cela signifie que sa nature est pervertie et que seul un châtiment sévère est capable de le dissuader.

La sourate instaure sept mesures préventives qui préservent le Musulman, la famille et la société de la turpitude et garantissent sa bonne moralité et sa chasteté. On y trouve: les règles de bienséance concernant la demande de permission avant d’entrer chez quelqu’un, l’incitation au mariage des jeunes gens, l’interdiction de la prostitution, l’ordre de baisser le regard, le port du Hijab, la défense de lancer des accusations injustes portant sur l’honneur sans produire de témoins. Et ce n’est qu’après l’instauration de ces mesures que vient l’application des peines destinées à dissuader les individus récalcitrants. A présent, voyons quelles sont ces mesures.

 

Des bienséances qui guident la société.

 

1.      Demander la permission avant d’entrer chez quelqu’un :

Un homme ne doit pas entrer chez une femme lorsqu’elle est seule, même s’il est le frère de son mari ou s’il fait partie de sa famille. Un homme ne doit pas rester seul en présence d’une femme qu’il peut épouser, et les enfants ne doivent pas enter chez leurs parents à n’importe quel moment sans demander l’autorisation. Il en va de même pour les domestiques. Allah (exalté soit-Il) dit : “Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans des maisons autres que les vôtres avant de demander la permission [d’une façon délicate] et de saluer leurs habitants. Cela est meilleur pour vous. Peut-être vous souvenez-vous. Si vous n’y trouvez personne, alors n’y entrez pas avant que permission vous soit donnée. Et si on vous dit : «Retournez», eh bien, retournez. Cela est plus pur pour vous. Et Allah, de ce que vous faites est Omniscient.versets 27-28.

Puis Allah (exalté soit-Il) dit : “Ô vous qui avez cru ! Que les esclaves que vous possédez vous demandent permission avant d’entrer, ainsi que ceux des vôtres qui n’ont pas encore atteint la puberté, à trois moments…  verset 58. Ces règles sont un code de circulation à l’intérieur de la maison musulmane destiné aux enfants et aux serviteurs. Le verset poursuit ainsi : “…avant la Salāt de l’aube, à midi quand vous enlevez vos vêtements, ainsi qu’après la Salāt de la nuit; trois occasions de vous dévêtir. En dehors de ces moments, nul reproche ni à vous ni à eux d’aller et venir, les uns chez les autres…  Il s’agit des moments où le Musulman se change, soit avant de se coucher soit pour revêtir d’autres vêtements. Puis les versets ajoutent : “Et quand les enfants parmi vous atteignent la puberté, qu’ils demandent permission avant d’entrer, comme font leurs aînés. C’est ainsi qu’Allah vous expose clairement Ses versets, et Allah est Omniscient et Sage.” verset 59.

Comme cette religion est admirable, elle accompagne le Musulman jusqu'à l’intérieur de sa demeure et lui remet un code de circulation qui préserve la maisonnée !

 

2.      Baisser le regard :

Pour préserver la société de ce qui mène à l’adultère, Allah (exalté soit-Il) dit : “Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté. C’est plus pur pour eux. Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font. verset 30.

L’ordre de baisser le regard et de rester chaste ne concerne pas seulement les hommes. Il s’adresse aussi aux femmes, en des termes similaires : “Et dis aux croyantes de baisser leurs regards… verset 31.

 

3.      Le mariage des jeunes gens :

On ne peut appliquer la peine punissant l’adultère si les jeunes n’ont pas la possibilité de se marier. C’est pourquoi il est capital d’inciter les jeunes au mariage comme le disent les versets : “Mariez les célibataires d’entre vous et les gens de bien parmi vos esclaves, hommes et femmes. S’ils sont besogneux, Allah les rendra riches par Sa grâce. Car (la grâce d’) Allah est immense et Il est Omniscient.verset 32.

Il s’agit ici de barrer la route aux vices et à la débauche qui menacent les jeunes gens qui n’ont pas les moyens de se marier. Les versets les incitent à se marier et à s’en remettre à Allah qui les enrichira de Sa grâce.

 

4.      Interdiction de la prostitution :

Les versets s’adressent sévèrement aux parents (et aux sociétés) qui poussent leurs filles à la prostitution pour en tirer un gain : “Et dans votre recherche des profits passagers de la vie présente, ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes. Si on les y contraint, Allah leur accorde après qu’elles aient été contraintes, Son pardon et Sa miséricorde.” verset 33.

Avec ses règles strictes, la sourate protége la femme. Elle met en garde de traiter son corps comme une marchandise, car c’est lui porter préjudice et cela mène à la déchéance et à la dépravation de toute la société.

 

5.      Le Hijab :

Après l’ordre de demander la permission avant d’entrer, l’ordre de baisser le regard, de marier les jeunes gens et l’interdiction de la prostitution, l’ordre de porter le Hijab s’imposait. Cette mesure vise à préserver les jeunes, les célibataires et les hommes mariés de l’immoralité. Les scènes auxquelles ils assistent dans les rues, dans les journaux ou sur les chaînes de télévision éveillent leur sensualité. Par contre, le Hijab ainsi que le fait de baisser le regard préservent la chasteté. Les versets disent : “Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines…verset 31.

Le verset met l’accent sur le fait que la femme est toute entière atour en répétant à deux reprises la proposition “de ne montrer de leurs atours”.  La femme ne doit montrer de ses atours que ce qui en paraît c'est-à-dire le visage et les mains comme l’a expliqué le Prophète (BP sur lui).

De plus les versets ne se contentent pas d’ordonner le port du Hijab, mais ils donnent des détails sur son aspect et les critères qu’il doit respecter : “…et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines… ” qui signifie qu’il faut que le voile qui recouvre la tête retombe pour couvrir le décolleté et le cou. Le verset précise également quelles sont les personnes devant lesquelles la Musulmane peut montrer ses atours : “…et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs marisverset 31.

Après tous ces détails, se peut-il qu’il y en ait encore qui prétendent que le Hijab n’est pas obligatoire dans l’Islam ? Les versets de cette sourate et de sourate Al-’Ahzâb (Les coalisés) démontrent de façon incontestable que le Hijab est une obligation religieuse pour la femme musulmane.

 

6.      Interdiction de propager la turpitude :

L’Islam interdit de propager l’immoralité et le vice dans la société. Allah (exalté soit-Il) dit : “Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas.verset 19.

Les versets s’adressent aux médias qui propagent le vice et la débauche dans nos sociétés en diffusant des scènes indécentes. Ils s’adressent aussi à tous ceux qui propagent les rumeurs scandaleuses et portent atteinte à l’honneur des gens pour leur dire : “Ceux qui lancent des accusations contre des femmes vertueuses, chastes [qui ne pensent même pas à commettre la turpitude] et croyantes sont maudits ici-bas comme dans l’au-delà; et ils auront un énorme châtiment. Le jour où leurs langues, leurs mains et leurs pieds témoigneront contre eux de ce qu’ils faisaient.” versets 23-24.

 

Produisez quatre témoins.

L’Islam imposa l’application de ces règles afin de préserver la société de la turpitude. Mais si l’on facilite le mariage, porte le Hijab,  baisse le regard, que les scènes indécentes disparaissent et que le corps des femmes cesse d’être traité comme une marchandise, si en dépit de toutes ces mesures, un individu commet l’adultère, doit-il subir la peine légale ? La réponse bien entendu est non ! Car il ne peut être puni que s’il y a quatre témoins à charge. Ainsi la lapidation ou la flagellation ne peuvent être appliquées que si quatre témoins témoignent contre lui (les témoins doivent être réputés pour leur intégrité et leur moralité) ou bien si la personne fait des aveux. Allah (exalté soit-Il) dit : “Et ceux qui lancent des accusations contre des femmes chastes sans produire par la suite quatre témoins, fouettez-les de quatre-vingts coups de fouet, et n’acceptez plus jamais leur témoignage. Et ceux-là sont les pervers, à l’exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

 

Voilà pourquoi le châtiment est mérité.

En exigeant le témoignage de quatre personnes dans le cas du délit d’adultère, les versets imposent une condition difficilement réalisable. Car Allah est miséricordieux envers Ses créatures… Ainsi donc la peine prévue ne s’applique qu’à celui qui, en dépit de toutes les mesures prévues par la sourate, a commis l’adultère, non pas en cachette, mais de façon provocatrice en présence de quatre personnes ! Et celui qui commet un tel acte ne mérite guère la compassion, au contraire, il mérite d’être sévèrement puni. A présent nous comprenons le ton sévère du début de la sourate : “Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l’exécution de la loi d’Allah.” Car le danger de tels crimes est qu’ils mènent à la dépravation de la société.

Notons la splendeur de cette religion et sa supériorité : Si les témoins sont trois, ou bien s’ils étaient quatre et que l’un d’entre eux soit revenu sur son témoignage, ce sont ces trois témoins qui seront fouettés, car préserver la réputation est une priorité essentielle dans l’Islam.

 

L’Islam n’est pas avide d’appliquer des peines.

Ce qui précède démontre que l’Islam ne s’acharne pas dans l’application des peines. Les Compagnons du Messager d’Allah comprenaient l’application des sentences dans l’Islam et nous servent d’exemple : Alors qu’il était Prince des croyants, ‘Omar Ibn Al-Khattâb fut témoin d’un cas d’adultère sans qu’il y ait d’autres témoins que lui-même. Très en colère, il s’adressa aux Musulmans et leur dit : “J’ai entendu et vu de mes propres yeux, je vais appliquer la peine. ” Alors ‘Aly Ibn Abî Tâlib dit : “ Ô Prince des croyants, as-tu des témoins ?” Il répondit : “ Non, mais je suis le Prince des croyants, et j’ai vu et entendu.” Alors Aly dit : “Ô Prince des croyants, si tu ne produis pas quatre témoins, j’appliquerai la peine en leurs noms sur ton dos !

Après cela qui peut encore prétendre que l’Islam est cruel et sanguinaire ?

 

Le repentir.

Les peines prescrites au début de la sourate représentent le remède ultime une fois que toutes les mesures préservant la société de l’immoralité ont été appliquées….Mais si un jeune homme ou une jeune fille commet ce péché (qu’Allah nous en préserve) dans un pays qui n’applique pas les peines légales de l’Islam, ou dans une société qui n’applique pas les mesures préventives de façon complète (de sorte que le mariage devient difficile, que l’immoralité se propage, ou que le port du Hijab n’est pas appliqué). Que doit-il faire ?

Il ne subit pas le châtiment pour adultère et doit s’empresser de se repentir auprès d’Allah (exalté soit-Il) et garder sa faute secrète. Cette sourate est remarquable parce qu’elle ouvre la porte du repentir après chaque passage qui parle des peines légales : 

à l’exception de ceux qui, après cela, se repentent et se réforment, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.verset 5. Et, n’étaient la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde...! Allah est Grand Accueillant au repentir et Sage ! verset 10. Et n’eussent été la grâce d’Allah sur vous et Sa miséricorde et (n’eût été) qu’Allah est Compatissant et Miséricordieux... verset 20.  Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès.verset 31

 

Le repentir est l’issue de secours des sociétés qui ne prennent pas toutes les mesures préventives contre l’immoralité et où les peines légales ne sont pas appliquées.

 

Vers la lumière.

Il nous reste à savoir pourquoi cette sourate porte ce nom : la lumière. Certains disent que c’est parce que la sourate contient ces paroles : “Allah est la Lumière des cieux et de la terre…verset 35.

C’est indéniable, mais quel rapport y a-t- il entre ce verset et les bienséances sociales qui sont rassemblées dans cette sourate ? Et pourquoi cette sourate n’a-t-elle pas été intitulée les bienséances sociales par exemple ?

Cela signifie que ces recommandations et ces règles, lorsqu’elles sont appliquées, sont une source de lumière et un guide pour la société, qui, sans elles, risque de sombrer dans les ténèbres de la perdition comme cela arrive de nos jours.

Nombreux sont les foyers qui sont dans les ténèbres, et nombreuses sont les communautés qui se privent de lumière parce qu’elles n’ont pas lu sourate An-Noûr. En ignorant les lois d’Allah, elles ont permis à l’immoralité de se propager et de faire ses ravages… Voilà pourquoi cette sourate est intitulée sourate An-Noûr, car elle est la lumière qui préserve les âmes et les purifie des instincts qui les meuvent, elle préserve l’honneur des rumeurs et des médisances, et elle nous guide vers Allah.

 

Allah est la Lumière des cieux et de la terre.

Quelle est la source de cette lumière ? C’est Allah (béni et exalté soit-Il). “Allah est la Lumière des cieux et de la terre…verset 35.   La lumière d’Allah, ce sont Ses lois et Sa guidance.

Où donc cette lumière descend-t-elle ? “Dans des maisons [des mosquées] qu’Allah a permis que l’on élève, et où Son Nom est invoqué…verset 36.

Et sur qui descend-t-elle ? “des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l’invocation d’Allah...verset 37.

Quant à ceux qui se détournent de cette lumière : “Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l’assoiffé prend pour de l’eau…verset 39.  Car il n’a pas suivi la lumière du Seigneur (glorifié et exalté soit-Il) et a préféré patauger dans les ténèbres : “ [Les actions des mécréants] sont encore semblables à des ténèbres sur une mer profonde : des vagues la recouvrent, [vagues] au dessus desquelles s’élèvent [d’autres] vagues, sur lesquelles il y a [d’épais] nuages. Ténèbres [entassées] les unes au-dessus des autres. Quand quelqu’un étend la main, il ne la distingue presque pas. Celui qu’Allah prive de lumière n’a aucune lumière.verset 40.

Avez-vous pris conscience des conséquences de l’abandon de la lumière divine ? A cause de l’abandon du Hijab, de la propagation des scandales, les individus, les sociétés, et l’humanité entière sont en train de se débattre dans les ténèbres de l’immoralité.

 

Comment obtenir cette lumière divine ?

Revenons au verset de la lumière qui est capital dans cette sourate : Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un (récipient de) cristal et celui-ci ressemble à un astre de grand éclat; son combustible vient d’un arbre béni: un olivier ni oriental ni occidental dont l’huile semble éclairer sans même que le feu la touche. Lumière sur lumière. Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah propose aux hommes des paraboles et Allah est Omniscient.verset 35.

La niche est une cavité dans le mur dans laquelle se trouve la lampe pour qu’elle soit protégée. Et pour que la lampe reste allumée, elle doit avoir une protection de verre autour d’elle. Le verset semble dire aux croyants : Appliquez la législation divine qui est lumière pour la société et veillez à ce qu’elle soit respectée. Que vos cœurs soient comme ce verre qui protége la lampe afin que cette lumière continue d’éclairer votre vie et la vie des gens autour de vous.

Mais il faut une mèche pour allumer la lampe. Cette mèche, ce sont les bonnes œuvres du croyant auquel les versets semblent dire : Allume cette mèche afin d’éclairer la société ! Voilà pourquoi le début de la sourate est sévère : “…Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée…verset 1. La sourate invite à prendre des mesures positives et à allumer la mèche qui illuminera la Terre de la lumière divine.

 

Des versets révélateurs.

Il est intéressant de remarquer l’emploi du mot lumière dans les versets pour parler de la législation divine. Quelles sont les principales caractéristiques de la lumière ? Elles peuvent être résumées en trois mots : guider, révéler, exposer.

La lumière expose les vérités et les révèle. C’est pourquoi les termes des versets clairs et des versets explicites sont répétés neuf fois dans la sourate. La sourate commence avec : “Nous y avons fait descendre des versets explicites. ” verset 1. Puis après le discours sur les bienséances sociales vient le verset : Allah vous expose clairement les versetsverset 18,  et  “Nous avons effectivement fait descendre vers vous des versets clairsverset 34.  En effet ces prescriptions guident les croyants et leur montrent le droit chemin.

Voilà pourquoi cette sourate est celle qui vint innocenter ‘Â’icha, car la lumière révèle les vérités et les expose.

C’est également la raison pour laquelle la sourate stipule de produire quatre témoins afin que soit appliquée la peine de l’adultère, afin qu’il y ait une preuve explicite qui fasse la lumière…

 

Que cette sourate et les bienséances qu’elle contient éclairent ta vie, toi et ta famille. Respecte les législations divines afin qu’elles soient une lumière pour la société et veille à porter ce flambeau à l’humanité entière.

 

 


Sourate Al-Fourqân (Le discernement)

Sourate Al-Fourqân est une sourate mecquoise qui fut révélée après sourate Yâ-Sîn. Elle compte soixante-dix-sept versets et figure après sourate An-Noûr dans l’ordre du Coran.

 

Son objectif.

Sourate Al-Fourqân parle de la mauvaise fin de ceux qui désavouent Allah, Son Prophète et Son Livre. On trouve trois axes dans son développement :

 

-          Les différents types de démentis auxquels le Prophète a été confronté.

-          La mise en garde contre les mauvaises conséquences de ces démentis.

-          Les paroles de réconfort au Prophète (BP sur lui) et à ses Compagnons.

 

Tous les versets de cette sourate tournent de façon évidente autour de ces trois axes. On comprend à présent la raison pour laquelle cette sourate fut appelée “Le discernement”. En effet elle montre comment la religion et le Coran sont le critère qui permet de discerner entre la vérité et l’erreur.

 

Désaveu et réconfort. 

Cette noble sourate est descendue alors que les polythéistes persistaient dans leurs railleries au sujet du Prophète (BP sur lui). Ses versets vinrent réconforter le Prophète et ses Compagnons, et désavouer ceux qui le désavouaient.

La sourate commence ainsi : “Les mécréants disent: «Tout ceci n’est qu’un mensonge qu’il (Muhammad) a inventé, et où d’autres gens l’ont aidé». Or, ils commettent là une injustice et un mensonge. Et ils disent: «Ce sont des contes d’anciens qu’il se fait écrire! On les lui dicte matin et soir!»”  versets 4-5.

Les polythéistes renient le Coran en disant qu’il n’est que : “contes d’anciens” et désavouent le Prophète (BP sur lui) : “Et ils disent : «Qu’est-ce donc que ce Messager qui mange de la nourriture et circule dans les marchés? Que n’a-t-on fait descendre vers lui un Ange qui eût été avertisseur en sa compagnie? Ou que ne lui a-t-on lancé un trésor? Ou que n’a-t-il un jardin à lui, dont il pourrait manger (les fruits)?» Les injustes disent: «Vous ne suivez qu’un homme ensorcelé».Vois à quoi ils te comparent! Ils se sont égarés. Ils ne pourront trouver aucun chemin.” versets 7-9.

Puis le verset 10 vient réconforter le Prophète (BP sur lui) : “Béni soit Celui qui, s’Il le veut, t’accordera bien mieux que cela : des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux; et Il t’assignera des châteaux.

Les versets qui suivent montrent quelle sera la fin de ceux qui traitent la religion de mensonge : “Mais ils ont plutôt qualifié l’Heure de mensonge. Nous avons cependant préparé, pour quiconque qualifie l’Heure de mensonge, une Flamme brûlante. Lorsque de loin elle les voit, ils entendront sa fureur et ses pétillements. Et quand on les y aura jetés, dans un étroit réduit, les mains liées derrière le cou, ils souhaiteront alors leur destruction complète «Aujourd’hui, ne souhaitez pas la destruction une seule fois, mais souhaitez-en plusieurs.” verset 11-14.

 

Les démons, hommes et djinns, les ont laissés tomber.

Les versets parlent ensuite d’un désaveu encore plus indigne : “Et ceux qui n’espèrent pas Nous rencontrer disent : «Si seulement on avait fait descendre sur nous des Anges ou si nous pouvions voir notre Seigneur !» En effet, ils se sont enflés d’orgueil en eux-mêmes, et ont dépassé les limites de l’arrogance.verset 21. Voyons quelle sera leur fin : “Le jour où l’injuste se mordra les deux mains et dira : « [Hélas pour moi !] Si seulement j’avais suivi chemin avec le Messager!...  Malheur à moi ! Hélas! Si seulement je n’avais pas pris «un tel» pour ami! Il m’a, en effet, égaré loin du rappel [le Coran], après qu’il me soit parvenu». Et le Diable déserte l’homme (après l’avoir tenté).” verset 27-29.

Ceux qui prétendaient être leurs amis les ont désertés, et les démons qui les égaraient les ont laissés tomber…

Comme dans l’exemple précèdent, entre les versets qui exposent l’incroyance des polythéistes et ceux qui parlent de ses conséquences, un verset vient apporter le réconfort : “Les gens du Paradis seront, ce jour-là, en meilleure demeure et au plus beau lieu de repos.verset 24.

 

Ne délaisse pas le Coran.

Puis vient un verset qui dénonce ceux qui délaissent le Coran : “Et le Messager dit : «Seigneur, mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée !»verset 30.

Prends garde de délaisser le Coran car c’est le moyen de discerner entre la vérité et le mensonge, entre les ténèbres et la lumière, entre la foi et l’incroyance.

L’incroyance des polythéistes n’a pas de limites, et pour eux, tout est prétexte à contestation. Ils vont même jusqu'à récuser la manière progressive dont fut révélé le Coran : “Et ceux qui ne croient pas disent : «Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois?»verset 32.

Dans le même verset, le Seigneur leur donne cette réponse admirable : “Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l’avons récité soigneusement."

Ce verset répond aux allégations des incroyants et à leurs contestations, tout en réconfortant et rassurant le cœur du Prophète (BP sur lui).

Les versets se poursuivent de la même façon en exposant les contestations des polythéistes, puis la fin qui les guette, avec entre les deux, des paroles de réconfort pour le Prophète (BP sur lui).

Ainsi ce verset exprime leur rejet du Prophète (BP sur lui) “Et quand ils te voient, ils ne te prennent qu’en raillerie : «Est-ce là celui qu’Allah a envoyé comme Messager?” verset 41.

Mais les versets rassurent le Prophète (BP sur lui) et lui promettent de le soutenir par l’argumentation : “Ils ne t’apporteront aucune parabole, sans que Nous ne t’apportions la vérité avec la meilleure interprétation.verset 33.

Puis ils mettent en garde contre le sort réservé aux incroyants : “Ceux qui seront traînés [ensemble] sur leurs visages vers l’Enfer, ceux-là seront dans la pire des situations et les plus égarés hors du chemin droit.verset 34

 

La cause principale de leur incroyance.

Mais pourquoi toutes ces contestations et toutes ces calomnies ? Le verset 42 nous répond. Les désirs et les passions que l’on satisfait à tout prix en sont la cause. Car celui qui satisfait ses penchants ne reconnaît pas ses fautes et lance des accusations aux autres. “Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité ? Est-ce à toi d’être un garant pour lui ?  verset 43.

Que peut-on faire avec de tels individus qui sont esclaves de leurs passions et refusent de se soumettre à Allah ? Leur raison en est annihilée et leur instinct naturel perverti. Est-ce à toi d’être un garant pour eux ?

 

N’as-tu pas vu comment ton Seigneur étend l’ombre ?

La sourate se poursuit selon le même schéma, désaveu des incroyants, conséquences pour eux, paroles de réconfort pour le Prophète (BP sur lui), jusqu'à la mention des signes cosmiques d’Allah (exalté soit-Il) dans l’univers.

Remarquons que la sourate dans laquelle sont mentionnés des signes cosmiques évoque nécessairement la puissance d’Allah (exalté soit-Il) dans l’univers. Ainsi ces signes ne sont pas éparpillés au hasard, mais sont en rapport avec le contexte de la sourate, de même que les histoires des prophètes servent l’objectif des sourates dans lesquelles elles sont citées.

Qu’en est-il dans sourate Al-Fourqân ?  Le thème général est le désaveu du Prophète (BP sur lui) de la part des incroyants et la sourate a pour objectif de réconforter le Prophète et de le rassurer. C’est dans ce contexte que vient ce verset : “N’as-tu pas vu comment ton Seigneur étend l’ombre? S’Il avait voulu, certes, Il l’aurait faite immobile … verset 45. Ce verset indique que Celui qui étend l’ombre par miséricorde pour Ses serviteurs est capable de les ombrager de Sa grâce et de les débarrasser des objections de ceux qui les traitent de menteurs. L’ombre étendue représente le calme et la sérénité des cœurs auprès de leur Créateur, l’auteur de tous ces signes.

 

La grâce de la nuit

Puis Allah (exalté soit-Il) dit : “Et c’est Lui qui vous fit de la nuit un vêtement, du sommeil un repos et qui fit du jour un retour à la vie active.verset 47.

Le choix de la nuit ici jette une ombre apaisante et chargée de grâce. Puis Allah (exalté soit-Il) dit : “Et c’est Lui qui envoya les vents comme une annonce précédant Sa miséricorde. Nous fîmes descendre du ciel une eau pure et purifiante,
pour faire revivre par elle une contrée morte…
verset 48-49.

Les signes cosmiques tels les vents et les pluies annoncent aux croyants la miséricorde divine, les purifient et ravivent leurs cœurs. Tout cela est destiné à les soulager des railleries et du désaveu dont ils souffrent.

 

Le summum du désaveu.

Après avoir renié le Prophète et le Coran, les incroyants vont jusqu'à désavouer le Tout Miséricordieux : “Et quand on leur dit : «Prosternez-vous devant le Tout Miséricordieux», ils disent : «Qu’est-ce donc que le Tout Miséricordieux? Allons-nous nous prosterner devant ce que tu nous commandes?» - Et cela accroît leur répulsion.verset 60. C’est là le comble de l’inconvenance envers Allah (exalté soit-Il). Les versets apportent une réponse admirable, non pas en parlant du Tout Miséricordieux, mais en décrivant Ses serviteurs, afin que les incroyants connaissent le Tout Miséricordieux à partir des attributs des croyants. C’est un honneur de la part d’Allah (exalté soit-Il) et un réconfort, comme si Allah disait à ces incroyants obstinés : Mes serviteurs peuvent vous renseigner sur le Tout Miséricordieux…

 

Leurs actes sont conformes à Ses attributs.

La réponse aux polythéistes de cette façon constitue le plus grand honneur pour les serviteurs du Tout Miséricordieux, car leurs qualités parlent d’elles-mêmes du Tout Miséricordieux :

Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : «Paix», qui passent les nuits prosternés et debout devant leur Seigneur; qui disent : «Seigneur, écarte de nous le châtiment de l’Enfer». - car son châtiment est permanent. Quels mauvais gîte et lieu de séjour ! Qui, lorsqu’ils dépensent, ne sont ni prodigues ni avares mais se tiennent au juste milieu. Qui n’invoquent pas d’autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition et le châtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d’ignominie; sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne œuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux; et quiconque se repent et accomplit une bonne œuvre c’est vers Allah qu’aboutira son retour. Ceux qui ne donnent pas de faux témoignages; et qui, lorsqu’ils passent auprès d’une frivolité, s’en écartent noblement; qui lorsque les versets de leur Seigneur leur sont rappelés, ne deviennent ni sourds ni aveugles; et qui disent : «Seigneur, donne-nous, en nos épouses et nos descendants, la joie des yeux, et fais de nous un guide pour les pieux.”  versets 63-74.

Ces versets indiquent qu’il est souhaitable et louable que le Musulman aspire à devenir un guide pour les autres afin de les mener vers la piété, sans que cela tourne à la passion du pouvoir ou à l’ambition dans cette vie terrestre.

La beauté des versets précédents réside dans le fait qu’on y trouve un juste équilibre entre la dévotion dans les pratiques cultuelles des serviteurs pieux et leur bonne moralité. La dévotion au culte, et les qualités morales se succèdent en alternance suggérant ainsi que les croyants qui méritent d’être appelés serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui ne font pas de distinction entre dévotion et moralité.

Quant à vous qui désavouez le Tout Miséricordieux, écoutez les paroles d’Allah (exalté soit-Il) à la fin de la sourate : “Dis : «Mon Seigneur ne se souciera pas de vous sans votre prière; mais vous avez, démenti (le Prophète). Votre [châtiment] sera inévitable et permanent. verset 77.

 

Les versets de sourate Al-Fourqân font une distinction claire entre la vérité et ses partisans, et l’erreur et ses adeptes. Ils discernent entre la félicité des croyants jouissant du réconfort venant d’Allah, et l’enfer des incroyants vivant sous la menace d’un châtiment douloureux.

 


Sourate Ach-Chou‘ara’ (Les poètes)

Sourate Ach-Chouarâ’ est une sourate mecquoise qui fut révélée après sourate Al-Wâqi‘a (L’événement). Elle figure après sourate Al-Fourqân (Le discernement) dans l’ordre du Coran et compte deux cent vingt-sept versets.

 

Transmettez ne serait-ce qu’un verset.

Cette sourate parle de l’importance de transmettre le message en usant des méthodes les plus efficaces possible. A l’époque de Moïse, cette méthode était la magie. A l’époque du Prophète (BP sur lui) c’était la poésie par l’intermédiaire des poètes, dont cette sourate porte le nom.

Cette sourate est descendue au moment où les Musulmans avaient le plus grand besoin de s’initier à l’art de la communication et de la transmission des idées, lorsque le Prophète commença à inviter les gens à l’Islam ouvertement (Da‘wa jahriya) et plus particulièrement lorsqu’il se tint sur le mont As-Safa et qu’il invita publiquement à l’Islam pour la première fois à La Mecque.

L’objectif de cette sourate apparaît donc clairement : il s’agit de mettre en relief l’importance de la communication et de l’art de transmettre les idées pour la propagation de la Da‘wa (invitation à l’Islam).

 

Les dangers de la communication orale.

Les moyens de communication sont des armes à doubles tranchants car ils peuvent être utilisés soit pour tromper les gens soit pour les guider. C’est pourquoi la sourate se termine par ces paroles : “Et quant aux poètes, ce sont les égarés qui les suivent. Ne vois-tu pas qu’ils divaguent dans chaque vallée, et qu’ils disent ce qu’ils ne font pas ? À part ceux qui croient et font de bonnes œuvres, qui invoquent souvent le nom d’Allah et se défendent contre les torts qu’on leur fait. Les injustes verront bientôt le revirement qu’ils [éprouveront] !verset 224-227.

Les poètes de l’époque du Prophète (BP sur lui), les médias de nos jours, peuvent égarer les gens et les détourner de la voie d’Allah tout comme ils peuvent être un guide et une tribune qui fait parvenir la voix de la vérité aux gens. Les prédicateurs doivent donc maîtriser cet outil essentiel pour la transmission des idées, outil qui varie selon les époques. Ils doivent être capables d’en tirer profit au mieux pour faire connaître l’Islam.

 

Les clés qui ouvrent les cœurs.

Comme nous l’avons déjà remarqué dans toutes les sourates du Coran, les histoires des prophètes qui y sont racontées servent l’objectif de chaque sourate. Ainsi lorsque la sourate mentionne Moïse (sur lui la paix), elle parle de sa crainte de ne pas réussir à faire bonne impression quand il dit : “que ma poitrine ne se serre, et que ma langue ne soit embarrasséeverset 13. Toutes les histoires des prophètes mentionnées dans cette sourate se focalisent sur le dialogue du prophète avec son peuple.

C’est le cas dans les histoires de Moïse, Abraham, Noé, Hoûd, Sâleh, Loût (Loth), Chu‘aïb (la paix sur eux) où l’on trouve des dialogues remarquables qui préparent le Prophète (BP sur lui) à entrer dans la phase de d’invitation publique à l’Islam qui fut clairement annoncée dans le verset 214 : “Et avertis les gens qui te sont les plus proches.”

 

Informer grâce au dialogue.

L’entretien de Moïse et Pharaon nous fournit un exemple de dialogue particulièrement intéressant.

Rendez-vous donc tous deux auprès de Pharaon, puis dites: «Nous sommes les messagers du Seigneur de l’univers, pour que tu renvoies les Enfants d’Israël avec nous». «Ne t’avons-nous pas, dit Pharaon, élevé chez nous tout enfant? Et n’as-tu pas demeuré parmi nous des années de ta vie? Puis tu as commis le méfait que tu as fait, en dépit de toute reconnaissance».versets 16-19. Pharaon confronte Moïse avec une accusation grave. Comment celui qui veut inviter les autres à Allah doit-il réagir dans une telle situation ? “«Je l’ai fait, dit Moïse, alors que j’étais encore du nombre des égarés. Je me suis donc enfui de vous quand j’ai eu peur de vous: puis, mon Seigneur m’a donné la sagesse et m’a désigné parmi Ses messagers.” versets 20-21.

Il relègue l’accusation dans le passé, et passe d’une attitude défensive à une attitude offensive en disant : “Est-ce là un bienfait de ta part [que tu me rappelles] avec reproche, alors que tu as asservi les Enfants d’Israël?»verset 22.

L’échange d’accusations prend fin, et l’invitation à Allah commence : “«Et qu’est-ce que le Seigneur de l’univers?» dit Pharaon. «Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux, dit [Moïse], si seulement vous pouviez en être convaincus!»versets 23-24.

[Pharaon] dit à ceux qui l’entouraient: «N’entendez-vous pas? [Moïse] continue: «... Votre Seigneur, et le Seigneur de vos plus anciens ancêtres»!versets 25-26.

Vraiment, dit [Pharaon], votre messager qui vous a été envoyé, est un fou». [Moïse] ajouta: «... Le Seigneur du Levant et du Couchant et de ce qui est entre les deux; si seulement vous compreniez!versets 27-28.

On remarque que Moïse s’étend dans sa réponse à la question du verset 23 «Et qu’est-ce que le Seigneur de l’univers?»”. Il poursuit son but qui est de captiver son audience, sans se préoccuper des remarques de Pharaon.

 

L’art d’informer dans l’histoire de Moïse.

Dans la même histoire, on remarque que Moïse cherche à être le plus convaincant possible auprès de son audience. Il s’adresse ainsi au Pharaon : “Et même si je t’apportais, dit [Moïse], une chose (une preuve) évidente?verset 30.  Quel était le meilleur moyen d’impressionner les gens à l’époque de Moïse ? La magie. Les magiciens jouaient le même rôle que les poètes de l’époque du Prophète (BP sur lui) ou que les médias de notre époque.

Pharaon et ses soldats (qui défendent une mauvaise cause) accordent une grande importance à l’opinion publique comme on peut voir à travers le verset suivant: “Ils dirent: «Remets-les à plus tard, [lui] et son frère, et envoie des gens dans les villes, pour rassembler,verset 36. Ils veulent que la confrontation soit publique. “Et il fut dit aux gens: «Est-ce que vous allez vous réunirverset 39.

 

Abraham et l’invitation à l’Islam par le dialogue.

A travers l’histoire d’Abraham, la sourate nous initie à un autre style de dialogue qui débute en invoquant la raison comme moyen de confrontation : “Il dit: «Vous entendent-elles lorsque vous [les] appelez? Ou vous profitent-elles ? Ou vous nuisent-elles?»versets 72-73. Comme ils ne répondaient guère, Abraham reprit : Il dit: «Que dites-vous de ce que vous adoriez...? Vous et vos vieux ancêtres?  Ils sont tous pour moi des ennemis sauf le Seigneur de l’univers. versets 75-77. Lorsqu’il mentionne son Seigneur (exalté soit-Il), Abraham énumère longuement Ses attributs : Qui m’a créé, et c’est Lui qui me guide;  et c’est Lui qui me nourrit et me donne à boire; et quand je suis malade, c’est Lui qui me guérit, et qui me fera mourir, puis me redonnera la vie, et c’est de Lui que je convoite le pardon de mes fautes le Jour de la Rétribution.  versets 78-82.


Le Coran comme preuve.

Les versets qui parlent du Coran dans cette sourate insistent sur son rôle central dans la Da‘wa du Prophète (BP sur lui) : Voici les versets du Livre explicite.”  verset 2.

Vers la fin de la sourate, après les histoires des différents prophètes, on peut lire : en une langue arabe très claire.verset 95

Le langage et le discours doivent être adaptés à l’audience à laquelle le message est adressé. C’est pourquoi on peut lire dans la sourate : Si Nous l’avions fait descendre sur quelqu’un des non-Arabes, et que celui-ci le leur eut récité, ils n’y auraient pas cru.verset 198-199.

Les versets de cette sourate incitent donc clairement les Musulmans en général et les prédicateurs de tout temps à employer les procédés qui assurent une communication efficace.

 

Les médias au service du Seigneur.

A la lecture de sourate Ach-Chouarâ’ souvenez-vous que les médias doivent être un moyen d’inviter à Allah, et non pas un moyen d’inciter à la désobéissance, l’impiété et la débauche. Voilà le message de cette sourate à ceux qui travaillent dans les médias. Mais cette sourate adresse également un message à la Umma toute entière, et aux prédicateurs en particulier, pour leur demander de rechercher les méthodes de communication les plus efficaces et les plus convaincantes, en s’inspirant des entretiens des prophètes avec leurs peuples rapportés dans cette sourate.

Cette sourate porte ce titre, Les poètes”, afin de nous rappeler que les meilleurs moyens de communication doivent être utilisés pour l’invitation à Allah,  et non pas pour inciter à la désobéissance. Prenons exemple sur les prophètes Abraham et Moïse (que la paix soit sur eux), et sur notre Prophète Mohammed (BP sur lui) en nous inspirant de leur façon remarquable de dialoguer, de convaincre et de guider vers le droit chemin.

 

 

 


Sourate An-Naml (Les Fourmis)

Sourate An-Naml est une sourate mecquoise qui fut révélée après sourate Ach-Chou‘ara’ (Les poètes), qu’elle suit dans l’ordre du Coran. Elle compte quatre-vingt treize versets.

 

L’importance de se distinguer.

Sourate An-Naml parle de l’hégémonie des civilisations et de l’importance pour les Musulmans de maîtriser les éléments qui contribuent à la supériorité de leur civilisation, tels les sciences, la technologie, la puissance économique et militaire afin de mieux servir la religion.

Cette sourate s’adresse à ceux qui pensent que l’Islam n’est que prières, supplications, et récitation du Coran. Même s’ils sont importants, ces aspects de la religion ne sont pas suffisants s’ils sont dissociés de ce qui donne accès à l’hégémonie sur la Terre, et de ce qui permet de la gérer selon les directives divines. Plus encore, la supériorité d’une civilisation, ses progrès sur le plan scientifique et technologique sont de loin plus utiles à la Da‘wa que les propos venant d’un individu qui échoue dans ses études ou dans son travail, ou même d’un individu ordinaire. En bref cette sourate s’adresse à la Umma du Prophète Mohammed pour lui dire : Vous ne saurez jouir du respect et de la considération des nations et ne saurez vous faire une place parmi elles, tant que vous ne vous distinguerez pas par votre civilisation, et par la maîtrise des sciences de votre temps.

Ainsi chaque sourate délivre aux Musulmans un message clair qui vient compléter l’exposé coranique de la doctrine divine. Le Coran forme donc un tout qui se tient. Après le message de la sourate précédente (Les poètes) qui attirait notre attention sur l’importance de l’information, cette sourate (Les fourmis) adresse un message similaire, puisqu’il attire cette fois notre attention sur l’importance pour une civilisation de se distinguer. Ces deux messages s’inscrivent dans une même démarche puisqu’ils prônent l’importance pour les Musulmans de parvenir à se distinguer dans ce monde d’ici-bas afin de gagner considération, crédibilité et influence.

 

Une entreprise prospère.

Le symbole de la réussite dans cette sourate est incarné par Soulaïmân (Salomon, sur lui la paix) et son royaume qui joint la croyance et la foi à la prospérité dans ce monde. Ce royaume, dans le langage moderne, n’est autre qu’une entreprise multinationale dont le personnel  provient de différentes nations, djinns, hommes, oiseaux, fourmis, animaux sauvages… Méditons donc sur les éléments qui font la supériorité du royaume de Soulaïmân, et voyons comment les détails de l’histoire et ses événements nous ouvrent les yeux sur des notions essentielles relatives à la prospérité et à la supériorité d’une civilisation :

 

1.      Être conscient de l’importance des sciences.

Nous avons effectivement donné à David et à Salomon une science;… verset 15. Sans science, pas de prospérité possible. L’étudiant musulman ne peut servir l’Islam qu’à condition qu’il se distingue dans son école ou son université, car c’est cela véritablement l’Islam.

…et ils dirent: «Louange à Allah qui nous a favorisés à beaucoup de Ses serviteurs croyants».” verset 15. Par quoi furent-ils favorisés ? Par la science bien sûr. Et par autre chose tout aussi important qui est le fait d’apprécier la science et de réaliser pleinement la valeur de ce bienfait et de remercier Allah pour ce don. Tandis que la nation dont les étudiants trichent aux examens et n’ont d’autre préoccupation que d’obtenir des diplômes, une telle nation ne connaît pas la valeur de la science et par conséquent ne pourra pas connaître de développement ni rivaliser avec les autres nations.

 

2.      Transmettre de génération en génération.

Et Salomon hérita de David…verset 16  afin que la réussite ne s’arrête pas à une génération donnée. Il doit y avoir des générations qui héritent de cette prospérité et la préservent afin qu’elle dure et que ses bienfaits s’accumulent.

 

3.      La connaissance des langues.

…et dit: «Ô hommes! On nous a appris le langage des oiseauxverset 16.

Cet avantage facilite les échanges et les interactions.

 

4.      Disposer de ressources.

…et on nous a donné part de toutes choses. C’est là vraiment la grâce évidente.verset 16. Ce royaume disposait de toutes les ressources naturelles et humaines qu’il s’efforça de préserver et de développer.

 

5.      Une gestion compétente.

Et furent rassemblées pour Salomon, ses arméesverset 17.  Imaginez ce royaume extraordinaire, composé de créatures diverses, djinns, hommes, oiseaux, animaux sauvages et autres créatures  “…de djinns, d’hommes et d’oiseaux, et furent placées en rangs.verset 17. Les soldats y sont nombreux et d’origines diverses et l’organisation du travail et sa répartition sont méticuleuses, de sorte que chacun accomplit une tâche spécifique correspondant à ses aptitudes.

 

6.      La formation.

Quand ils arrivèrent à la Vallée des Fourmis…verset 18.  Quel rapport y a-t-il entre ce voyage et l’organisation du royaume de Soulaïmân ?

Il s’agit d’une entreprise qui forme son personnel. Soulaïmân emmène ses soldats et leur fait parcourir le monde pour les entraîner. Le verset nous décrit leur arrivée dans la Vallée des fourmis et nous fait part de l’entretien entre la fourmi et ses semblables : “…une fourmi dit : «Ô fourmis, entrez dans vos demeures, [de peur] que Salomon et ses armées ne vous écrasent [sous leurs pieds] sans s’en rendre compte».verset 18

 

7.      La discipline et la détermination.

L’histoire de Soulaïmân se poursuit. Remarquons l’organisation et la discipline stricte observées dans la gestion du personnel. Au cours de chaque réunion, les présences et les absences sont recensées : “Puis il passa en revue les oiseaux et dit : «Pourquoi ne vois-je pas la huppe? Est-elle parmi les absents ? Je la châtierai sévèrement ! Ou je l’égorgerai ! Ou bien elle m’apportera un argument explicite».verset 20-21.  Soulaïmân (la paix sur lui) passe lui-même en revue les oiseaux, et ne se contente pas de demander de leurs nouvelles. Ceci est une indication de la discipline stricte qui règne dans le royaume, car bien que la huppe ne soit qu’un simple soldat dont l’absence n’affecte guère l’armée, le règlement est enfreint et la huppe doit  être sanctionnée sévèrement.

 

8.      Être dévoué à sa mission.

Dans cette histoire, les membres et personnels de l’entreprise semblent dévoués à leur mission et à leur cause qu’ils considèrent comme la leur, exactement comme leur chef. La huppe s’est rendue de Palestine au Yémen dans le but de ramener des informations sur un royaume où les gens se prosternent devant le soleil au lieu de se prosterner devant Allah, puis elle s’est tenue devant le roi sans être intimidée pour déclarer : “«J’ai appris ce que tu n’as point appris…verset 22. La huppe a bien étudié la situation et s’est assurée de l’exactitude de ses renseignements : “«…et je te rapporte de Saba’ une nouvelle sûre.verset 22.

Elle poursuit son exposé sur le royaume qu’elle a visité : “J’ai trouvé qu’une femme est leur reine, que de toute chose elle a été comblée et qu’elle a un trône magnifique. Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu d’Allah. Le Diable leur a embelli leurs actions, et les a détournés du droit chemin, et ils ne sont pas bien guidés.versets 23-24. La huppe ne se comporte pas en employée ordinaire, mais elle se sent responsable de la mission, de la cause et des objectifs. On perçoit l’indignation et la douleur dans ses paroles : “Que ne se prosternent-ils devant Allah…verset 25.

Puis elle se souvient avoir mentionné que ce royaume avait “un trône magnifique, alors elle rectifie ses paroles en ajoutant : “Allah ! Point de divinité à part Lui, le Seigneur du Trône Immense.verset 26.

La Umma a grand besoin de “huppes” de ce genre, entreprenantes, dédiées à leur cause, dévouées envers la Umma et conscientes de la responsabilité qui leur incombe.

 

9.      S’assurer de l’exactitude et de la précision des renseignements rapportés.

Les versets nous rapportent ensuite le dialogue entre Soulaïmân et la huppe: “Alors, Salomon dit : Nous allons voir si tu as dis la vérité ou si tu as menti.” verset 27.

Cela signifie que les informations fournies doivent être examinées et analysées soigneusement, même si la huppe a affirmé plus tôt à Soulaïmân …et je te rapporte de Saba’ une nouvelle sûre.” Dans une entreprise sérieuse, les renseignements sont triés et vérifiés avant que les décisions soient prises en connaissance de cause: “Pars avec ma lettre que voici; puis lance-la à eux; ensuite tiens-toi à l’écart d’eux pour voir ce que sera leur réponse...” verset 28.  Soulaïmân met donc ce peuple à l’épreuve. Remarquez l’organisation scientifique du travail ! Que la Umma de Mohammed prenne modèle sur le royaume de Soulaïmân et apprenne comment se construit la réussite !

 

La consultation : le moteur de la réussite.

D’un autre côté, le royaume de Bilqîs est lui aussi prospère. Et sa réussite repose sur son système de consultation du peuple. Pas une décision n’est prise sans la participation de la population : “Elle dit : «Ô notables ! Conseillez-moi sur cette affaire : je ne déciderai rien sans que vous ne soyez présents (pour me conseiller)»...verset 32.

Ainsi cette reine qui n’adorait pas Allah (exalté soit-Il), avait toutefois recours à la consultation, un des facteurs de réussite dans toute administration, lorsque tous les avis sont pris en compte…Qu’ont-ils répondu ? “Nous sommes détenteurs d’une force et d’une puissance redoutable. Le commandement cependant t’appartient. Regarde donc ce que tu veux ordonner.verset 33.

Ils n’ont pas d’opinion. Leur attitude contraste avec celle de la huppe qui prenait position avec fierté et qui défendait sa cause. Comparons l’attitude des deux armées : D’un côté une armée dont l’un des soldats dit “J’ai appris ce que tu n’as point appris...”, des paroles qui révèlent que chacun est impliqué véritablement, c’est la consultation, la base de la réussite. Et de l’autre côté, une armée dont l’un des membres dit : “Le commandement cependant t’appartient. Regarde donc ce que tu veux ordonner.

 

Une civilisation porteuse d’un message divin.

La reine de Saba’ essaya de tester la sincérité de Soulaïmân: “Moi, je vais leur envoyer un présent, puis je verrai ce que les envoyés ramèneront.verset 35.  Mais elle provoqua sa colère : “Est-ce avec des biens que vous voulez m’aider? Alors que ce qu’Allah m’a procuré est meilleur que ce qu’Il vous a procuré…verset 36.  En effet, il est porteur d’un message divin et ne cherche pas à en tirer un profit matériel. Il ne cherche pas non plus à se distinguer parmi les nations afin de soumettre les peuples et de piller leurs richesses, mais son unique but est de faire parvenir aux gens le message divin.

 

La supériorité dans le domaine des technologies.

Le royaume de Soulaïmân possède une puissance militaire inégalée : “Retourne vers eux. Nous viendrons avec des armées contre lesquelles ils n’auront aucune résistance, et nous les en expulserons tout humiliés et méprisés.verset 37.

Dans ce verset, apparaissent les éléments qui font la supériorité du royaume de Soulaïmân, une gestion compétente, la maîtrise des technologies, la puissance militaire. Mais par dessus tout, un élément capital qui éblouit la reine et est à l’origine de son entrée dans l’Islam.

 

Son trône l’a précédée.

Lorsque Soulaïmân sut que la reine allait venir pour négocier avec lui, il demanda à ses soldats de faire venir son trône : “Il dit: «Ô notables! Qui de vous m’apportera son trône avant qu’ils ne viennent à moi soumis?»verset 38  Deux soldats de cette armée remarquable se lèvent, un djinn, et un homme qui avait une connaissance du Livre. Tous deux rivalisent de vitesse pour cette mission qui consiste à ramener le trône au roi. Remarquez la science et la maîtrise des technologies, quelle efficacité ! Ce royaume de croyants contrôlait la Terre entière…

A son arrivée, la reine de Saba’ a la surprise de se voir interrogée : “Est-ce que ton trône est ainsi? verset 42. Elle répond habilement: “Elle dit: «C’est comme s’il l’était» verset 42. C’est une réponse adroite et vague qui lui évite de montrer qu’elle ne reconnaît pas son trône auquel quelques changements ont été apportés et d’un autre côté lui évite aussi d’admettre que c’est bien son trône… La surprise et l’admiration commencent à faire leur effet dans le cœur de la reine qui est alors prête à accepter la foi.

 

Elle entra dans l’Islam sous l’influence de la science.

Le verset 44 qui vient conclure l’histoire de Soulaïmân en résume son objectif. Ecoutez-le et vivez-le avec le cœur et la raison : “On lui dit: «Entre dans le palais». Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l’eau profonde et elle se découvrit les jambes.

Le palais était construit sur l’eau et l’entrée était recouverte de verre transparent. La reine souleva ses vêtements par crainte de se mouiller.

Alors, [Salomon] lui dit: «Ceci est un palais pavé de cristal».” Ils possédaient la technologie leur permettant d’édifier un palais en verre sur l’eau, et les finitions étaient si parfaites qu’on avait l’impression d’être directement sur l’eau. Elle fut ébahie par cette maîtrise des techniques et par les prouesses de cette civilisation, et annonça sa soumission : “Elle dit: «Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même: Je me soumets avec Salomon à Allah, Seigneur de l’univers».”     

 

Et dans l’histoire de Pharaon …

On remarque que l’histoire de Moïse est brièvement relatée sur sept versets avant l’histoire de Soulaïmân. Pharaon et son peuple renièrent le message de Moïse (sur lui la paix) : “Et lorsque Nos prodiges leur parvinrent, clairs et explicites, ils dirent: «C’est là une magie évidente!»verset 13.

Ils refusèrent le message de Moïse parce que celui-ci ne possédait pas les éléments qui faisaient la supériorité du royaume de Soulaïmân. Cela montre comment les gens sont impressionnés par la science et ont tendance à suivre celui qui maîtrise les sciences et dont la civilisation est dominante.

 

Les éléments qui font la supériorité d’une civilisation.

Les éléments qui contribuent à l’essor d’une civilisation et à sa supériorité, et qui sont mentionnés dans la sourate sont les suivants:

 

-          Une cause suprême :

Elle apparaît dans les versets : “«Permets-moi Seigneur, de rendre grâce pour le bienfait dont Tu m’as comblé ainsi que mes père et mère, et que je fasse une bonne œuvre que tu agrées et fais-moi entrer, par Ta miséricorde, parmi Tes serviteurs vertueux».” verset 19 et dans «Cela est de la grâce de mon Seigneur, pour m’éprouver si je suis reconnaissant ou si je suis ingrat.verset 40.  Et Soulaïmân employa ces bienfaits pour propager la religion sur Terre. C’est ainsi qu’il manifesta sa reconnaissance.

 

-          La science :

Nous avons effectivement donné à David et à Salomon une science verset 15. Pas de civilisation sans science et sans supériorité dans le domaine scientifique. Être conscient de la valeur de la science.

 

-          La technologie de pointe et son impact :

Puis, quand elle le vit, elle le prit pour de l’eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors, [Salomon] lui dit: «Ceci est un palais pavé de cristal».”  verset 44.

 

-          La puissance militaire :

 “Retourne vers eux. Nous viendrons avec des armées contre lesquelles ils n’auront aucune résistance, et nous les en expulserons tout humiliés et méprisés.verset 37.

 

-          Le sens de la responsabilité chez tous les individus :

Il apparaît clairement dans l’attitude de la huppe lorsqu’elle s’envola pour le royaume de Saba’ afin d’inviter à la foi.

 

Combien de ces moyens notre Umma détient-elle ? Et toi qui lis le Coran, que fais-tu pour bâtir une nation florissante et prospère comme celle de Soulaïmân ?

 

La puissance d’Allah au dessus de tout.

Dans sa présentation des éléments qui font la supériorité d’une civilisation, le Coran a recours à des exemples qui sont tous miraculeux, bien qu’il s’agisse avant tout des causes matérielles de la réussite. De la huppe qui parle et argumente, à la fourmi pleine de sagesse qui conseille ses semblables, et Soulaïmân qui dit “On nous a appris le langage des oiseaux. Et à la fin de la sourate Allah (exalté soit-Il) dit : “Et quand la Parole tombera sur eux, Nous leur ferons sortir de terre une bête qui leur parlera; les gens n’étaient nullement convaincus de la vérité de Nos signes [ou versets].verset 82.

Pourquoi est-il donc tant question de miracles dans cette sourate ? Afin que nous ne soyons pas purement matérialistes quant aux causes de la réussite. Comme si la sourate nous disait : Soyez vigilants, que la réussite matérielle ne vous fasse pas oublier votre relation avec Allah et votre certitude qu’Il est à l’origine de toute réussite, et qu’il y a des facteurs de réussite autres que ceux mentionnés dans la sourate et qui tiennent à la foi et que nous ne pouvons cerner (ghayb).

 

Y a-t-il donc une divinité avec Allah?

Après le discours sur la réussite, la sourate se met à parler directement des manifestations de la puissance divine dans l’univers pour que nous ne devenions pas imbus de notre civilisation. Afin que nous n’oubliions pas notre Seigneur et que nous ne nous mettions pas à mener une vie purement matérielle, sans spiritualité, comme c’est le cas en Occident. Les versets qui suivent s’adressent au cœur de l’homme et l’ébranlent pour qu’il se réveille et reconnaisse son Seigneur : “Dis: «Louange à Allah et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus!» Lequel est meilleur: Allah ou bien ce qu’ils Lui associent? N’est-ce pas Lui qui a créé les cieux et la terre et qui vous a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Nous avons fait pousser des jardins pleins de beauté. Vous n’étiez nullement capables de faire pousser leurs arbres. Y a-t-il donc une divinité avec Allah? Non, mais ce sont des gens qui Lui donnent des égaux.versets 59-60.   La beauté et l’organisation dans la création de l’univers surpassent toute civilisation quelle qu’elle soit… “N’est-ce pas Lui qui a établi la terre comme lieu de séjour, placé des rivières à travers elle, lui a assigné des montagnes fermes et établi une séparation entre les deux mers - Y a-t-il donc une divinité avec Allah? Non, mais la plupart d’entre eux ne savent pas.verset 61.

Et pour que l’homme ne soit pas infatué de sa force : “N’est-ce pas Lui qui répond à l’angoissé quand il L’invoque, et qui enlève le mal, et qui vous fait succéder sur la terre, génération après génération, - Y a-t-il donc une divinité avec Allah? C’est rare que vous vous rappeliez !verset 62.

N’est-ce pas Lui qui vous guide dans les ténèbres de la terre et de la mer, et qui envoie les vents, comme une bonne annonce précédent Sa grâce. - Y a-t-il donc une divinité avec Allah? Allah est Très Elevé au-dessus de ce qu’ils [Lui] associent. N’est-ce pas Lui qui commence la création, puis la refait, et qui vous nourrit du ciel et de la terre. Y a-t-il donc une divinité avec Allah? Dis: «Apportez votre preuve, si vous êtes véridiques!»versets 63-64.

C’est ainsi que s’établit l’équilibre entre la réussite matérielle et la foi en le Roi de l’Univers, Celui qui détient la puissance.

 

La fourmi…Pourquoi ?

Bien que la fourmi n’apparaisse que dans un de ses versets, la sourate de la réussite matérielle s’intitule “La fourmi.” Pourquoi ?

Le royaume des fourmis est un modèle de civilisation supérieure parmi le monde des insectes. Les fourmis possèdent tous les outils du développement, la construction de réservoirs pour leurs provisions, l’organisation des armées, des issues de sortie et des entrées séparées, elles ont même un système central d’air conditionné à l’endroit où elles vivent. C’est une nation disciplinée qui surpasse les autres par la science et la technologie si bien qu’elle a mérité d’être mentionnée dans le Coran comme modèle à suivre de réussite.

Les gens trouvent ordinairement les fourmis insignifiantes, c’est pourquoi Allah (exalté soit-Il) nous les propose comme exemple et nous ordonne de les imiter afin que nous vienne à l’esprit à chaque lecture de la sourate que cet insecte minuscule et fragile est parvenu à un tel développement. Et pour que nous nous souvenions que la fourmi a surpassé les autres insectes, et que nous ne laissions pas les autres nations nous surpasser.

 

La sagesse de la fourmi et son attitude positive.

Il est intéressant de constater que le verset fondamental de cette sourate (celui où est mentionné le discours de la fourmi à ses semblables) comporte des indications remarquables au sujet des civilisations. Et toutes ces informations nous viennent d’une petite fourmi…

Allah (exalté soit-Il) dit : “Quand ils arrivèrent à la Vallée des Fourmis, une fourmi dit: «Ô fourmis, entrez dans vos demeures, [de peur] que Salomon et ses armées ne vous écrasent [sous leurs pieds] sans s’en rendre compte».verset 18.

La fourmi ne reste pas passive, elle interpelle les autres et bien qu’elle risque de mourir écrasée par les soldats, elle ne prend pas la fuite. Sa nation passe avant elle-même. De plus son discours révèle ses compétences en matière de gestion et de direction :

 

-          Avant de lancer son avertissement et d’annoncer le danger, elle prend les mesures qui s’imposent pour empêcher une bousculade : “ «Ô fourmis, entrez dans vos demeures… »

 

-          Puis elle annonce le danger “[de peur] que Salomon et ses armées ne vous écrasent [sous leurs pieds] ”. Au moment du danger, les gens agissent sans réfléchir, ce qui peut causer encore plus de dégâts. C’est pourquoi le chef habile doit donner la solution avant de mentionner le problème, afin que les gens écoutent ses directives alors que leur état psychologique leur permet d’entendre ses instructions et de les exécuter.

 

-          La fourmi les met en garde contre le danger de s’amollir et de se sentir en sécurité à l’égard de Salomon parce qu’elles le connaissent bien, et qu’il a bonne réputation parmi les fourmis. C’est pourquoi elle leur assure que les croyants ne peuvent en aucun cas faire une injustice ou agresser intentionnellement, et c’est ce qui transparaît de ses paroles “sans s’en rendre compte”.

 

Comprenez-vous à présent pourquoi Salomon sourit, amusé par ses propos ? Et pourquoi cette petite fourmi est un exemple à suivre dans l’art de gérer les crises, l’art pour une nation de réussir et de se distinguer…

 

 

 


Sourate Al-Qassas (Le récit)

Sourate Al-Qassas est une sourate mecquoise dont une partie a été révélée pendant l’Hégire après sourate An-Naml (Les fourmis) qu’elle suit dans l’ordre du Coran. Elle compte quatre-vingt huit versets.

 

Des moments difficiles.

Certains de ses versets sont descendus alors que le Prophète (BP sur lui) émigrait de La Mecque vers Médine. Il était triste de quitter La Mecque et versa même des larmes en disant : Allah sait que tu es la ville que mon cœur préfère, et si tes habitants ne m’avaient pas forcé a partir, je ne serais pas parti. ”

C’est dans ces circonstances que cette sourate est descendue, communiquant au Prophète et aux croyants un message capital sur l’invitation à l’Islam (Da‘wa).

 

L’expérience d’un prophète.

Le sujet de cette sourate tourne autour de l’histoire de Moïse (sur lui la paix). Elle insiste plus particulièrement sur certains aspects de sa vie : sa naissance, l’épisode où il fut jeté dans les flots, sa jeunesse dans le palais de Pharaon, son départ d’Egypte vers Madyan et son mariage avec la fille de Chou‘aïb, et enfin son retour en Egypte dix ans plus tard et sa victoire sur Pharaon. La sourate se consacre au commentaire de ce récit ainsi qu’au commentaire d’une autre histoire, celle de Qâroûn. Notons que cette sourate est la seule dans le Coran qui parle en détails de la naissance de Moïse, de sa jeunesse, de son départ vers Madyan, sans aborder ses problèmes avec les Banî Isrâ’îl (fils d’Israël) qui sont relatés dans d’autres sourates. Quel est l’objectif de cette sourate ? Et quel est le rapport entre l’histoire de Moïse et l’Hégire du Prophète (BP sur lui) ?

 

Nous te le rendrons… Il te ramènera certainement là où tu souhaites retourner.

La sourate annonce au Prophète (BP sur lui) qui quitte La Mecque, qu’il y reviendra, vainqueur, après l’avoir quittée en cachette.

La sourate met en parallèle la promesse d’Allah (exalté soit-Il) à la mère de Moïse au verset 7 : “Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager».” avec la promesse d’Allah (exalté soit-Il) au Prophète (BP sur lui) : “Celui qui t’a prescrit le Coran te ramènera certainement là où tu (souhaites) retourner…verset 85. L’histoire de Moïse commence au verset 7 avec la promesse d’Allah (exalté soit-Il) à sa mère, promesse qui se réalise à la fin du récit. Puis Allah emploie les mêmes mots pour promettre le retour du Prophète à La Mecque, vainqueur, après son départ en cachette. Comme si les versets voulaient dire au Prophète: Celui qui a rempli sa promesse avec Moïse et sa mère, te ramènera à La Mecque victorieux.

Le thème de cette sourate est donc la confiance en la promesse divine, et la certitude qu’elle se réalisera, quelles que soient les difficultés rencontrées et même si elle tarde à venir.

 

Promesses divines.

Il est important de rappeler ici que Moïse (sur lui la paix) resta hors d’Egypte pendant huit ans auxquels il faut ajouter deux années qu’il choisit de passer à Madyan après son mariage avec la fille de Chou‘aïb qui lui avait dit : “Je voudrais te marier à l’une de mes deux filles que voici, à condition que tu travailles à mon service durant huit ans. Si tu achèves dix [années], ce sera de ton bon gréverset 27...Cela fait donc dix années avant son retour en Egypte.

Quant au Prophète Mohammed (BP sur lui), son retour triomphal à La Mecque eut lieu huit ans après l’Hégire, tandis que le Message fut complété en l’an dix de l’Hégire…Mêmes promesses, mêmes délais, mêmes circonstances difficiles. Moïse quitta l’Egypte “craintif et regardant autour de lui ” et un homme de la ville lui dit “Ô Moïse, les notables sont en train de se concerter à ton sujet pour te tuer…verset 20. Mohammed (BP sur lui) quitta La Mecque au milieu de la nuit pour s’exiler après que les mécréants de Qoraïch aient conspiré pour le tuer.

La similitude des deux événements nous mène à nous poser cette question : Avons-nous vraiment la certitude de la victoire divine ? Car Allah nous a promis la victoire et la suprématie : “Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien…An-Noûr (La lumière) verset 55. Ce verset est une des promesses divines, tout comme “Nous te le rendrons…verset 7, et “Celui qui t’a prescrit le Coran te ramènera certainement là où tu (souhaites) retourner…verset 85. Toutes ces promesses viennent d’Allah (exalté soit-Il), elles se réalisent donc toutes tôt ou tard, que cela prenne dix ans ou plus. Que notre cœur soit comblé par la promesse d’Allah à la lecture de sourate Al-Qassas !

 

Le prix de l’invitation à l’Islam.

Mais la réalisation des promesses divines suppose des sacrifices et des efforts de la part de ceux qui appellent à l’Islam. C’est pourquoi la sourate parle de changer le lieu d’où se fait l’appel à l’Islam. Cela apparaît clairement dans le verset : “Et ils dirent : «Si nous suivons avec toi la bonne voie, on nous arrachera de notre terre»…

L’invitation à l’Islam n’est pas une voie facile, elle exige des sacrifices, l’abandon de sa patrie, mais à la fin il y a la victoire, et l’honneur, si Allah le veut.

 

La volonté divine face aux forces du mal.

Apprenons, à la lecture de cette sourate, la confiance en la promesse divine : le verset 3 s’adresse aux croyants car eux seuls ont confiance en la promesse divine : “Nous te racontons en toute vérité, de l’histoire de Moïse et de Pharaon, à l’intention des gens qui croient.

Le verset 4 nous révèle que la situation était difficile pour Moïse et pour les croyants qui étaient avec lui, tout comme pour Mohammed (BP sur lui) : “Pharaon était hautain sur terre; il répartit en clans ses habitants, afin d’abuser de la faiblesse de l’un d’eux : Il égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre. Verset bouleversant qui dépeint en quelques mots la puissance de Pharaon et la faiblesse des Banî Isrâ’îl. Mais le verset suivant contient une magnifique promesse : “Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers,” verset 5. Suivie d’une promesse encore plus belle, celle de la suprématie “et les établir puissamment sur terre, et faire voir à Pharaon, à Hāmān, et à leurs soldats, ce dont ils redoutaient.” verset 6.

Telle était la volonté de Pharaon, et telle était la volonté d’Allah…Sa volonté, glorifié soit-Il, va-t-elle se réaliser ?

 

La mère de Moïse et le changement. 

Après les versets décrivant l’injustice de Pharaon et de ses soldats, et les versets parlant de la promesse divine de victoire et de suprématie, le verset 7 donne un ordre étrange : “Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: «Allaite-le. Serait-ce le début de la réalisation de la promesse ?

Après avoir parlé de la puissance de Pharaon et de sa tyrannie et du changement inéluctable, la sourate passe à un tout autre sujet : une mère allaitant son fils. Quel rapport existe-t-il entre les deux sujets ? Comme si la sourate nous indiquait qu’à l’origine de toute victoire il y a d’abord des mères qui élèvent leurs enfants et qui les nourrissent de leur lait, mais surtout de leur dévouement à leur religion et de leur confiance en la promesse divine. Remarquons que le verset ne dit pas (si tu crains pour sa vie, cache-le) ou (serre-le dans tes bras) mais au contraire, le verset dit : “Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot.verset 7. C'est-à-dire (jette-le dans les flots et aie confiance en la promesse divine), car Il dit : “Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager.” verset 7. C’est l’histoire de la naissance d’une nation, elle commence par un enfant jeté à l’eau, et par une mère confiante en la parole divine.

 

Le rôle des femmes.

Sourate Al-Qassas fait la lumière sur le rôle de la femme dans le combat pour le triomphe de la religion. Les personnages principaux qui ont aidé Moïse (sur lui la paix) à accomplir son rôle dans cette sourate sont quatre femmes. Tout d’abord sa mère qui le sauva grâce à sa croyance profonde en la parole divine : “Et Nous révélâmes à la mère de Moïse...

Puis c’est au tour de la sœur de Moïse qui le ramena à sa mère : “Elle dit à sa sœur : «Suis-le» elle l’aperçut alors de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte. Nous lui avions interdit auparavant (le sein) des nourrices. Elle (la sœur de Moïse) dit donc : «Voulez-vous que je vous indique les gens d’une maison qui s’en chargeront pour vous tout en étant bienveillants à son égard?»... Ainsi Nous le rendîmes à sa mère…versets 11-13.

Vient ensuite l’épouse de Pharaon : “Et la femme de Pharaon dit : « (Cet enfant) réjouira mon œil et le tien! Ne le tuez pas. Il pourrait nous être utile ou le prendrons-nous pour enfant».verset 9.

La quatrième est la fille de Chou‘aïb qu’il épousa : “Puis l’une des deux femmes vint à lui, d’une démarche timide, et lui dit : «Mon père t’appelle pour te récompenser pour avoir abreuvé pour nous»…verset 25. C’est elle qui donna à son père cette idée : “L’une d’elles dit : «Ô mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager c’est celui qui est fort et digne de confiance».verset 26.

Avec l’aide d’Allah (exalté soit-Il), ces quatre femmes jouèrent un rôle essentiel dans la vie de Moïse.

Et si Moïse fur aidé dans sa vie et sa mission par quatre femmes, le Prophète Mohammed a aussi reçu le soutien de nombreuses femmes, comme Khadîja (qu’Allah soit satisfait d’elle) qui soutenait le Prophète avec sa personne et ses biens, comme Oum Salama, ‘A’icha, et toutes les mères des croyants (les épouses du Prophète Mohammed, qu’Allah soit satisfait d’elles).  N’oublions pas non plus la première martyre de l’Islam, Somayya, ainsi que Fâtima, la fille du Prophète (BP sur lui). Voyez-vous les similitudes entre les vies des deux nobles prophètes ? Toute la sourate met l’accent sur cette ressemblance entre la vie de Moïse et la vie du Prophète Mohammed, et vient nous rappeler également nos circonstances actuelles et nous dire : Ô Musulmans, placez votre confiance en la promesse d’Allah !

 

La promesse et sa réalisation.

Sourate Al-Qassas contient sept promesses, contemplons-les, et voyons si elles se sont réalisées ? Allah dit : “Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: «Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas : Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager»” verset 7. Ce verset comprend deux promesses ; la première “ Nous te le rendrons” et la deuxième “et ferons de lui un Messager”.

La première promesse se réalisa, et Allah l’annonce au verset 13 : “Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas et qu’elle sût que la promesse d’Allah est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.” C'est-à-dire afin que la mère de Moïse sache, que le Prophète sache, et que toute la Umma sache que la promesse divine se réalise, et que cette religion sera victorieuse, c’est inéluctable. Mais la question est : Où sont ceux qui sont prêts à agir et à faire des sacrifices comme la mère de Moïse et comme le Prophète ?

La deuxième promesse “Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager” se réalisa au verset 30 : “Puis quand il y arriva, on l’appela, du flanc droit de la vallée, dans la place bénie, à partir de l’arbre : «Ô Moïse ! C’est Moi Allah, le Seigneur de l’univers».

Mais ce n’est pas tout car il y a une troisième promesse dans ce verset : “[Allah] dit : «Nous allons, par ton frère, fortifier ton bras, et vous donner des arguments irréfutables; ils ne sauront vous atteindre, grâce à Nos signes [Nos miracles]. Vous deux et ceux qui vous suivront seront les vainqueurs.verset 35. Et cette garantie divine “ils ne sauront vous atteindre” se réalise au verset 40 : “Nous le saisîmes donc, ainsi que ses soldats, et les jetâmes dans le flot. Regarde donc ce qu’il est advenu des injustes !” On remarque qu’il y a toujours un délai entre la promesse et sa réalisation, délai qui va de dix à quarante ans, parfois plus, parfois moins, selon la volonté d’Allah (exalté soit-Il).

 

L’appel à la prière après la conquête.

Allah (exalté soit-Il) a promis au Prophète (BP sur lui) la conquête de La Mecque, et cette promesse s’est réalisée. Le Prophète est retourné à La Mecque et Bilâl est monté au minaret pour lancer l’appel de la prière. Les statues furent détruites, et les Compagnons se mirent à répéter le verset “Et dis : «La Vérité (l’Islam) est venue et l’Erreur a disparu. Car l’Erreur est destinée à disparaître».Al-‘Isrâ’ (Le voyage nocturne) verset 81 ainsi que “En vérité Nous t’avons accordé une victoire éclatanteAl-Fath (La Victoire éclatante) verset 1.

Les promesses de victoire sur les Perses et les Romains se réalisèrent également : “Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien ...An-Noûr (La lumière) verset 55.

 

‘Ammâr Ibn Yâsser et la promesse divine.

La promesse divine s’accomplit également au verset 5 : “Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers.

Cette promesse ne concerne pas seulement les Banî Isrâ’îl mais également l’un des dignes Compagnons du Prophète, ‘Ammâr Ibn Yâsser. Comment ?

‘Omar (qu’Allah soit satisfait de lui) avait dit un jour à ‘Ammâr : “Va, je t’ai nommé gouverneur de l’Iraq” et lui avait envoyé un assistant pour l’aider à gouverner. Et bien que ses compétences ne le préparaient pas à gouverner, ‘Ammâr resta à ce poste un mois au bout duquel ‘Omar Ibn Al-Khattâb le rappela à Médine. Et lorsqu’on interrogea ‘Omar, le Prince des croyants, à ce sujet, il dit : “J’ai cherché dans le Livre d’Allah, et j’ai trouvé que toutes les promesses d’Allah (glorifié et exalté soit-Il) se sont réalisées pour nous et pour la Umma du Prophète (BP sur lui), et j’ai vu les paroles d’Allah qui disent :Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers.Et toi ‘Ammâr, tu es de ceux qui ont été faibles sur terre, et j’ai voulu que les gens voient la promesse divine se réaliser devant leurs yeux. Va à présent, je t’ai nommé gouverneur de l’Iraq pour un mois, afin que les gens voient la promesse d’Allah se réaliser devant leurs yeux.”

 

Sourâqa Ibn Mâlik et les bracelets de Kisra.

La confiance du Prophète en la promesse divine apparaît clairement lors de son émigration, lorsqu’il était poursuivi et que Sourâqa Ibn Mâlik vint pour le tuer ou le faire prisonnier afin d’obtenir la récompense de Qoraïch qui consistait en cent chamelles. Mais à chaque fois qu’il tentait de s’approcher du Prophète, il tombait de son cheval sans raison apparente en dépit du fait qu’il était un cavalier intrépide. Sourâqa raconte : J’ai compris alors que cet homme était protégé.”, c'est-à-dire que quelque chose le rendait inaccessible. Il dit alors : “Ô Mohammed, promets-moi la sécurité !” Le Prophète (BP sur lui) dit : “Tu es en sécurité !” Alors Sourâqa dit : “Ô Mohammed, j’ai essayé de te capturer mais je n’y suis pas parvenu, et je voulais une récompense. Donne-moi donc quelque chose.” Le Prophète lui dit : “Je te promets les bracelets de Kisra.” Alors Sourâqa dit : “Qui est Kisra ?” Le Prophète dit : “Kisra, le roi de Perse.” Alors Sourâqa dit : “Peux-tu me mettre cela par écrit ?” Alors le Prophète dit : “Ô Abou Bakr, mets ceci par écrit.”

Pourquoi, ô Messager d’Allah, ne lui as-tu pas promis une once de dattes de Médine, ou une somme d’argent ? Pourquoi les bracelets de Kisra ? C’est à cause de la confiance du Prophète en la promesse divine…

Sourâqa conserva cette écriture avant de devenir Musulman, jusqu’au califat de ‘Omar lorsque les Musulmans conquirent la Perse et qu’ils pénétrèrent Mada’in, la capitale. Les Musulmans amassèrent les trésors de Kisra comme butin et les mirent dans la mosquée. Lorsque ‘Omar Ibn Al-Khattâb (qu’Allah soit satisfait de lui) monta sur la chaire et appela : “Où est Sourâqa Ibn Mâlik ? ” Un vieil homme se présenta et dit : “Qu’y a-t-il, ô Prince des croyants ? ” Il dit : “Voici les bracelets de Kisra, ta part que t’a promise le Prophète (BP sur lui) avant sa mort. ” Tous ceux qui étaient dans la mosquée se mirent à pleurer en regardant la maison du Prophète. Il dirent : “Celui qui est dans cette tombe a dit la vérité (BP sur lui).” Ô Musulmans, ayez confiance en la promesse divine comme votre Prophète.

 

Certes Allah m’a délimité la terre

Et de même que le Prophète a promis à Sourâqa Ibn Mâlik les bracelets de Kisra, il nous a fait une promesse extraordinaire : “Allah m’a délimité la terre et j’ai vu que le royaume de ma nation atteindrait ce qu’Il m’a délimité. ” Toutefois pour que se réalise cette promesse, sourate Al-Qassas nous montre comment faire : “Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne recherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption. Cependant, l’heureuse fin appartient aux pieux.verset 83.

Ceux qui méritent la promesse divine de victoire, de pouvoir, de royauté sur terre, ceux qui méritent de prendre la direction de l’humanité sont ceux qui ne cherchent pas à s’élever sur terre, ni à semer la corruption. Et la fin appartiendra aux pieux.

 

Qâroûn : Il était arrogant sur terre, et la terre l’engloutît.

Le verset précédent “Cette Demeure dernière, Nous la réservons à ceux qui ne recherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption. Cependant, l’heureuse fin appartient aux pieux.” est venu après l’histoire de Qâroûn, pour montrer que le pouvoir et l’influence dont jouissait Qâroûn n’étaient en fait qu’arrogance et corruption. En conséquence, Allah fit que la terre l’engloutît, lui et sa maison : “Nous fîmes donc que la terre l’engloutît, lui et sa maison. Aucun clan en dehors d’Allah ne fut là pour le secourir, et il ne pût se secourir lui-même.verset 81.

La sourate parle donc de la réalisation des promesses divines pour les croyants sincères (Banî Isrâ’îl (Les fils d’Israël), la mère de Moïse, et Moïse). Qui sont-ils ? “Ceux qui ne recherchent, ni à s’élever sur terre, ni à y semer la corruption.” L’histoire de Qâroûn est venue comme exemple de ceux qui veulent s’élever sur terre et sèment la corruption afin de nous mettre en garde contre eux.

 

Pourquoi ce titre ?

Comme d’habitude, il nous reste à poser une question importante, pourquoi la sourate est-elle intitulée Al-Qassas ? Dans la langue arabe, Al-Qassas signifie le fait de suivre les traces de quelque chose jusqu’au bout, et c’est un verbe de la même racine qui est utilisé dans le verset 11 “ « Suis-le»...” qui signifie informe-toi de ses nouvelles, et dans le verset 25 : “Et quand il fut venu auprès de lui et qu’il lui eut raconté son histoire”, qui signifie qu’il lui a raconté tout du début à la fin.

Ce titre vient donc nous faire remarquer que si nous suivons les récits de cette sourate jusqu’au bout, nous réaliserons que la promesse divine s’est réalisée dans tous les cas, et que l’heureuse fin appartient aux pieux… Mais le problème de beaucoup de gens est qu’ils ne suivent pas les traces et s’arrêtent au premier maillon de la lutte entre le bien et le mal, et ne voient que la défaite du bien. Ils pensent alors que la promesse divine ne s’est pas accomplie…

Désormais, lorsque tu liras le mot Al-Qassas, souviens-toi de la fin des récits de cette sourate, et souviens-toi que la promesse divine de victoire et de suprématie se réalisera tôt ou tard, c’est inéluctable.

 

Moïse, entre sourate Al-Qassas et sourate Al-Kahf.

On remarque un parallèle intéressant entre sourate Al-Qassas et sourate Al-Kahf  en ce qui concerne le récit sur Moïse. En effet, dans sourate Al-Kahf, dans l’histoire de Moïse avec Al-Khidr (sur eux le salut et la paix), Moïse s’étonne des actions d’Al-Khidr qui fait couler un bateau, tue un jeune garçon, et traite généreusement des gens qui ont refusé de les accueillir chez eux. L’étonnant est que ces mêmes événements sont arrivés à Moïse comme le rapporte sourate Al-Qassas. Sa mère l’a jeté dans les flots, il a tué par erreur un des soldats de Pharaon, et le père des deux filles l’a accueilli pendant une période de dix ans…

Les promesses divines se sont réalisées dans les deux sourates en dépit des circonstances difficiles, car Allah (exalté soit-Il) fait ce qu’Il veut. Les événements se reproduisent parfois dans la vie d’un homme, et ce qui t’étonnait hier, peut très bien t’arriver aujourd’hui “Ton Seigneur crée ce qu’Il veut et Il choisit verset 68.

Sache donc qu’Allah est puissant, qu’Il est le Maître du Royaume et qu’il fait ce qu’Il veut dans son Royaume.

Et Allah est souverain en Son Commandement: mais la plupart des gens ne savent pas. Sourate Yoûssouf (Joseph) verset 21.


 



[1] Une région dans l’Arabie du Nord, pays du prophète Sâleh.